Première soirée sans Olivier et Hortense. Ils se sont envolés pour la Turquie en début d’après-midi. Notre chère Yesim les a récupérés à Istanbul. Désormais, des éclats de rires complices d’adolescentes peuplent sa jolie maison. Hortense a emmené sa grande copine Juliette dans son pays de naissance.
Elle tisse à travers ses voyages en Turquie une relation intime avec le pays qui l’a vue élever ses premiers cris, esquisser ses premiers sourires et former ses premiers mots. Un gloubi-boulga de turc et de français. Yesim est la précieuse magicienne de cette relation.
Pendant ce temps, Eglantine et moi restons à la maison. Ce genre de voyage est bien trop fatiguant pour elle. Surtout avec les épreuves de bac qui se profilent encore en mai puis en juin. Quelque part, nous sommes assez heureuses de profiter de la maison en toute quiétude pendant deux semaines. Pour moi, c’est une vraie pause avec beaucoup moins de logistique.
Tout de même, ce soir, il manquait la moitié d’entre nous autour de la table. Les sollicitations de sa sœur risquent de manquer à Eglantine. Ainsi que les conversations scientifiques à bâtons rompus avec son père.
De son côté, Olivier n’a pas l’habitude d’être à Istanbul sans nous. Petit sentiment de vide aussi.
Ah la famille… Elle nous étouffe parfois mais elle nous rassure souvent.
Alors, verre à moitié plein ou verre à moitié vide ?
Ce soir, le lit me semble tout de même un peu grand…
Il paraît que c’est rarissime. Le 23 mars, Pluton est entrée dans la constellation du Verseau. La dernière fois, c’était pendant la Révolution française. Mais c’est bien sûr !
J’ai du mal à tenir la cadence des Tasses de Thé ces dernières semaines. Les deadlines s’enchaînent. Le temps se contracte sans que je ne le vois passer. Puis j’ai besoin de pauses pour récupérer. Finalement, le résultat est le même. Je n’écris pas pour le blog.
Cependant, cette vie en accordéon n’est pas synonyme de bras baissés ou de petit moral. Avec le printemps qui explose dans les arbres et les parterres fleuris, le soleil qui se glisse dans les cœurs et Pluton en Verseau, ma vie se peuple de petits exploits ordinaires.
Mon projet des Petites Cantines est en train de prendre une nouvelle dimension. C’est épuisant mais tellement enthousiasmant. Je continue d’écrire et j’espère que vous aimerez la nouvelle de ce mois-ci. Encore l’histoire d’une rencontre, de la recherche d’un équilibre personnel, de bienveillance et d’écoute de soi et des autres. Et peut-être une piste de boulot en freelance de rédactrice web. J’attends les premiers retours. Pas de pression. Même si pour une question d’estime de moi, j’aimerais que ça colle.
Ça se bouscule.
Et les deux semaines de vacances qui débutent ce soir vont, je l’espère, permettre d’apaiser un peu tout cela.
D’autant qu’il me reste un dossier de reconnaissance de handicap à terminer.
Au boulot !
Comme le chante Izïa, je prends de la vitesse.
Grosse différence avec la chanson, je suis ravie d’avoir mon homme à mes côtés, qui croit en moi et soutient tous mes projets.
Elles sont arrivée à six, avec leurs sacs à dos surmontés des tapis de sols bien roulés et le lourd sac de toile contenant la tente. Elles avaient de onze à quatorze ans, des chemises bleues bardées d’écussons et leurs foulards bleu et jaunes autour du cou.
L’équipage a rapidement entrepris de monter la grande tente patrouille sous le cèdre. Déplier l’épaisse toile, planter les sardines, installer les poteaux, poser la faîtière, fixer le double-toit, régler la tension des cordes, positionner le tapis de sol… C’était un week-end en autonomie. A elle de se débrouiller toutes seules. Pas de chef pour superviser.
Elles avaient fait leurs courses. Et si elles ont utilisé la cuisine le samedi soir pour manger une plâtrée de pâtes bien chaudes, elles ont aussi utilisé le vieux barbecue comme feu de camp.
Vue du campement à l’heure du petit-déjeuner
Les toilettes ont servi jusque tard dans la nuit. Une façon de se réchauffer alors que la température est descendue à 4° au plus froid de la nuit ?
Hortense avait installé son équipage dans un autre jardin. Et comme elle s’est joindre l’utile à l’agréable, elles ont planté leur tente de la jardin de sa copine Juliette. L’occasion pour elle de dormir sous la tente.
Des scoutes dans un jardin, c’est comme des coquelicots dans un vase me direz-vous. C’est pas vraiment l’aventure, la vie sauvage, le confrontèrent à soi-même, la plongée dans ses ressources ultimes.
Pourtant, ce genre de week-end est l’occasion pour ces Guides de s’organiser complètement seules. Gérer le matériel, les courses et les imprévus. Bref, se débrouiller. Tout en gardant la sécurité de lieux connus et bienveillants, sous l’œil toujours alerte des parents présents.
Les scoutes des villes restent des scoutes toujours.
La table à feu, les feuillets, les tentes suspendues et autres constructions, les jerricans d’eau portable, la douche froide et tout le reste, c’est pour le camp d’été.
PS : j’écris scoutes parce que ce sont des filles. Je ne sais pas si c’est académique mais, à moi, ça me convient.
Les résultats des épreuves de bac sont tombés la semaine dernière. Eglantine a assuré brillamment. Comme elle assure depuis plus de quatre dans l’épreuve quotidienne de sa fatigue chronique et des douleurs qui l’ont accompagnée jusqu’à l’année dernière.
J’avoue. Je me suis longtemps demandé comment elle réussirait à poursuivre sa scolarité. Les absences se comptaient en jours, puis en semaines. Rapidement en mois entiers. Déjà, l’année dernière, j’ai été épatée par ses résultats très honorables en français, alors qu’elle n’avait quasiment pas pu suivre un cours depuis la classe de quatrième.
Avec ses aménagements pour la Terminale, elle abordait ses épreuves de maths et de physique-chimie avec plus de sérénité. Reste quand même cette fatigue qui la saisit rapidement dès qu’elle déploie de l’énergie dans quoi que soit. Que son engagement soit physique, intellectuel ou émotionnel, elle s’écroule ensuite invariablement.
Petit à petit, cependant, elle apprivoise son handicap et pilote son corps de façon à profiter de sa vie. Elle répartit dans le temps les sources de fatigue, s’isole pour récupérer, prend le temps de dormir, porte son casque contre le bruit et ses lunettes de soleil contre la lumière et n’oublie jamais son tangle pour apaiser son cerveau qui mouline en permanence.
L’année arrive à sa fin (oui déjà !) et elle aura suivi ses cours presque sans interruption. Le bac se présente bien même s’il ne sera complet que l’année prochaine. Des chemins se dessinent pour la suite. Encore des pointillés sur la carte mais ils existent.
Son bonheur est beau comme un arbre qui fleurit au printemps.
La Datcha est un livre d’Agnès Martin-Lugand édité en mars 2021 chez Michel Lafon, puis sorti en poche aux éditions Pocket en novembre 2022. Je me souviens avoir entendu l’autrice dans une émission de radio. Je ne me rappelle ni la date, ni l’émission. Seulement que j’aimais l’idée d’un lieu hors des sentiers battus qui saurait guérir ceux qui y viendraient. Un endroit joyeux, presque magique, au cœur de la Provence. Des vieilles pierres chargées de soleil et d’amour, de passages secrets et de trésors simples, ceux du cœur.
J’ai finalement acheté le roman sur ma Kobo. La liseuse me permet de lire le soir, quand toutes les lumières sont éteintes, qu’Olivier dort déjà et que seul mon gros chat donne encore des signes de vie en me martelant de coups de têtes affectueux.
Le style de l’autrice m’a pesé tout le long de la lecture. Je n’aime pas que l’on me prenne autant par la main pour dire quoi penser, quoi regarder. Je préfère qu’on me fasse deviner. Que les mots amènent à l’évidence, tout en gardant cette part de doute qui laisse l’imagination du lecteur vagabonder dans le récit.
Pourtant, j’étais happée par le lieu. Et bien que l’histoire soit cousue de fil blanc sur fond de bons sentiments, un certain mystère a su être préservé jusque dans les dernières pages.
L’histoire commence par l’arrivée à La Datcha d’Hermine, jeune fille de 21 ans que les coups répétés de la vie a rendue méfiante et insaisissable. La Datcha, c’est l’univers de Jo et Macha, couple amoureux jusqu’au bout des rides. D’ailleurs, Agnès Martin-Lugand fait rapidement un bond de vingt ans dans la vie d’Hermine. L’histoire débute vraiment quand elle a 41 ans, deux enfants et un ex-mari. Ensuite, les flashs-backs sont récurrents, nourrissant l’intrigue principale.
Un livre parfait pour trouver le sommeil. Et la play-list du livre, proposée à la fin de l’ouvrage, disponible sur Spotify, Deezer et Youtube est très sympa. A défaut de graver le livre dans ma mémoire, elle replonge dans l’univers d’un hôtel où j’aimerais bien passer une semaine de vacances.
Je vous en parlais hier, nouvelle formule au Louvre dès ce mois d’avoir, la nocturne gratuite du premier vendredi du mois. On a testé avec Hortense et sa copine Juliette. Eglantine était trop fatiguée, elle est restée à la maison.
Le strudel chez Stube
Pourquoi Juliette a-t-elle associé le Louvre à la dégustation d’un strudel ? Trop compliqué à expliquer. Je ne suis pas certaine d’en avoir bien saisi la raison. Le fait est qu’Hortense et elle se sont mises en tête de goûter du strudel ce soir là.
Espèce de strudel, c’est d’ailleurs leur insulte favorite. Elles ont leurs codes et leurs tics de langage d’adolescentes complices.
J’ai relevé le défi strudel et dégotté un petit restau-pâtisserie à quelques minutes à pied du Louve, le Stube. Ambiance pain noir et brioche traditionnelle de Pâques en forme d’agneau.
Les filles sont ravies. Elles dégustent leur premier strudel après un dîner composé de saucisses et de patates. De bonnes limonades pas trop sucrées, pomme, rhubarbe ou citron-gingembre, c’est parfait.
Réservation conseillée
Penser à réserver en ligne à l’avance. Sinon, c’est deux heures de queue pour entrer. Les créneaux sont répartis toutes les demie-heures. Nous, c’est 19h30. Le soleil rasant de fin de journée baigne les vieilles pierres et se reflète dans les innombrables vitres de la pyramide.
Devant nous, une dame découvre la fille d’attente pour les personnes sans billets. Dépitée, elle s’apprête à rebrousser chemin. Nous avons la place d’Eglantine, je lui propose de se joindre à nous.
Nous nous quittons sous la pyramide. Elle veut rendre visite aux peintres français du XIVè siècle. Nous nous dirigeons vers l’Egypte antique. Nous la croiserons à nouveau un peu plus tard, devant des tableaux de Leonard de Vinci.
Est-ce grâce à ce système de réservation ou parce que la formule n’est pas encore très connue ? La foule est au rendez-vous sans être compacte. L’ambiance est détendue.
Direction l’Egypte antique
Nous entrons par l’aile Sully. Hortense aime beaucoup les antiquités égyptiennes. Les couleurs, les dessins, les formes, les matières l’inspirent beaucoup plus que les marbres romains.
Les filles visitent à leur rythme. Très rapide. Trop pour moi. Je les perds rapidement parce que je traîne. Je suis sous le charme des dieux thérianthropes, des sarcophages qui s’emboîtent les uns dans les autres tels des poupées russes, de la richesses des représentations, sculptures ou dessins.
La démesure du Louvre
Je ne vois plus Hortense et Juliette. Je leur téléphone pour les retrouver. Hortense veut faire comme d’habitude quand nous allons au musée. Chacune à son rythme. On se retrouve à la sortie. Mais elle a oublié que le Louvre n’est pas n’importe quel musée. Il est immense. C’est trop compliqué de se retrouver si nous partons dans des directions opposées.
C’est seulement quand nous rejoignons l’aile Denon pour voir la Joconde qu’elle se rendent compte du nombre d’occasions de se perdre.
Découverte de la harpe égyptienne
Loin des incontournables du musée, je découvre avec émerveillement les harpes égyptiennes. Belles formes en trapèze, j’aimerais entendre cette musique qui ravit les dieux et les hommes de l’Egypte antique.
Je ne suis pas la seule à vouloir entendre cette période lointaine. Voici d’ailleurs une vidéo qui montre comment on a pu reconstituer une harpe égyptienne et en dévoiler toutes ses prouesses musicales.
Quelques œuvres majeures
Nous aurions pu nous contenter des antiquités égyptiennes. Mais Juliette visitait le Louvre pour la première fois. Difficile de faire l’impasse sur la Joconde. En chemin, nous croisons la Venus de Milo, à l’air un peu snob malgré l’absence de ses bras et la Victoire de Samothrace et son incroyable drapé.
Des dizaines de personnes se pressent pour faire un selfie avec la Joconde. Juliette se faufile pour apercevoir le si célèbre tableau.
Chacune ses goûts
Nous continuons ensuite avec la peinture française. C’est autre chose aussi de voir les œuvres en vrai, en grand. Même si elles sont parfois plus sombres que les impressions dans les livres de cours. Ainsi le Radeau de la Méduse de Géricault et la Liberté guidant le peuple de Delacroix.
Amusant de constater que nous ne sommes pas du tout attirées par les même peintures. Je me délecte de La grande odalisque d’Ingres alors que Hortense et son amie s’extasient devant la Vue intérieure de la Cathédrale de Milan de l’école de Sebron.
Les colonnes de Buren
Nous quittons le Louvre à l’heure un peu avant la fermeture des portes. Hortense emmène son amie jouer au milieu des colonnes de Buren. L’heure tardive a chassé les badauds. Nous sommes presque seules. Les filles grimpent de colonne en colonne. La nuit est douce. Un drapeau français flotte sur le bâtiment du Conseil d’Etat.
Un sifflet retentit. « Mesdames, messieurs, nous fermons. Veuillez vous diriger vers la sortie ! » Des lampes de poche fouillent la nuit à la recherche d’éventuels récalcitrants.
Nous contournons la Comédie Française et retournons paisiblement dans notre banlieue endormie.
Hortense et son amie ont passé une excellente soirée. Elles ont surtout aimé le strudel et les colonnes de Buren. Même si le Louvre, quand même, c’était bien.
Voilà le problème de casser la routine. S’autoriser à ne pas écrire une fois. Parce que gros coups de fatigue. Parce que petit moral. Parce que je ne sais plus trop pourquoi je le fais. Et hop, ce sont plusieurs jours de blanc, la pause qui s’allonge.
Alors je rattrape le rythme pour la photo du lundi. Même si ce lundi férié ressemble plutôt à un dimanche tranquille.
Vendredi soir, nous avons testé la nocturne gratuite du Louvre, formule lancée ce mois-ci. Désormais, chaque premier vendredi du mois, le Louvre propose une nocturne gratuite de 18h à 21h45.
Eglantine était trop fatiguée. J’y suis allée avec Hortense et sa copine Juliette. Elles sont restées longtemps devant le Sacre de Napoléon de David. Deux ados en sweat à capuche et aux épaules fatiguées. Plus que la peinture, je soupçonne qu’elles ont apprécié la banquette rembourrée. Il semble que nous ayons marché environ cinq kilomètres ce soir-là…
Quitte à faire une pause, autant qu’elle soit monumentale et historique.
J’aime le printemps ; ses ciels gris sombres qui précèdent les orages et succèdent aux bleus éclatants ; la lumière qui s’accroche dans les premières feuilles des arbres ; les touches cotonneuses de vert tendre, de rose pastel et de blanc velouté suspendues aux branches tortueuses des grands arbres et des humbles buissons.
J’aime l’odeur de la terre après la pluie, la chaleur qui réchauffe les visages, la nuit qui tombe plus tard, les oiseaux qui chantent aux premières lueurs du jour.
En attendant Eglantine cette semaine, je me suis promenée dans le bois derrière son école. J’ai ressorti ma boîte d’aquarelles. Des années sans pratiquer, un long moment sans dessiner, j’ai besoin de temps pour être satisfaite de ce que je produis. Mais la couleur me manque, peinture ou aquarelle, pastels ou crayons de couleurs, j’ai envie besoin, de remettre de la matière sur le papier ou sur la toile. Je suis confiante, ça reviendra doucement.
En attendant, il me reste les photos. Je vous partage ce soir deux clichés pris au bois de Verrière alors que le printemps s’annonce doucement.
Le livre d’Anne Berest apparaissait régulièrement dans mes recommandations de lecture. Je restai pourtant à distance de La carte postale, ouvrage multi-primé, longuement commenté dans les media. J’ai souvent du mal à me détacher des histoires difficiles.
Je n’y ai pas échappé. L’émotion au fond de la gorge. Les larmes aux yeux devant la bêtise, la méchanceté, la cruauté qui ont amené des millions d’êtres humains à mourir dans des camps, dans des fours, sur le bord des routes.
Mais il reste cette carte postale reçue par les descendants de Myriam. Ou plutôt les descendantes. Car l’histoire se raconte à travers les femmes. De Moscou à Paris, elles parcourent le monde. Images de juives errantes. Ce sont elles aussi qui transmettent la judéité à leurs enfants.
Histoire de racines, de savoir d’où l’on vient. Boucles temporelles, mémoires gruyères. Chercher les archives, dénicher les derniers témoins, relier les indices pour comprendre l’histoire de sa famille et l’Histoire du monde.
Car on oublie l’horreur avec la vie qui reprend son cours, avec les vies nouvelles qui sédimentarisent les anciennes, avec les avis de décès.
Je n’ai réalisé qu’au cours de ma lecture que le livre était une histoire vraie. Quand Anne Berest parle de sa sœur Claire et de son livre sur Frida Kahlo, Rien n’est noir. Je l’avais lu il y a quelques années. De l’autrice, je n’avais retenu que le nom. En commençant La carte postale, j’ai pensé qu’il s’agissait de la même écrivaine.
Elles sont deux sœurs, Claire et Anne. Deux érudites. Une mère chercheuse. Une famille qui compte dans ses aïeux le peintre et poète Picabia. Retour à la peinture. Encore. A croire que je choisis mes lectures sur ce critère.
Cette fois-ci, la peinture et ses acteurs ne sont qu’un arrière-plan d’une aventure humaine forte et belle parce que les liens se resserrent, les cœurs s’écoutent et la paix vient dans les esprits.
Le genre de livre que l’on dévore mais qu’on est triste de terminer. Souhait d’y rester plus longtemps, qu’Anne Berest ajoute encore des mots, des sentiments et du soleil dans la grisaille des âmes tristes.
Devant ce joli pavillon propret, des carpes koï, jaunes, oranges et rouges nagent en rond dans un petit bassin. Les enfants aiment s’arrêter pour les regarder. Les couleurs chaudes qui ondulent sous la surface de l’eau subjuguent les regards, attisent la contemplation et apaisent les esprits.
Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un adulte s’arrête aussi un instant pour admirer ces animaux pacifiques qui semblent se contenter d’une eau propre et d’un peu de soleil.
En hiver, quand les températures descendent, on perçoit à peine quelques reflets au fond du bassin. Les carpes, immobiles, hibernent le temps que les beaux jours reviennent.
En rentrant à la maison cet après-midi, j’ai aperçu cette famille de petites croches juchées sur la portée de la balustrade. Leurs voix délicates sautillaient dans le vent frais. La partition s’es achevée sur quelques soupirs quand leur maman leur a enjoint de repartir.