La Véloscénie relie Notre-Dame au Mont Saint-Michel. Eglantine et moi l’avons rejointe dimanche, nos sacoches bien pleines, un sac arrimé au porte-bagages, un matelas de sol coincé sous les tendeurs.




Deux jours ont été nécessaires pour que nos muscles s’habituent à leur nouveau rythme. Nous ne regrettons pas l’assistance électrique. Nous réservons nos hébergements au jour le jour afin de nous adapter au niveau de fatigue d’Eglantine. Aujourd’hui, nous n’avons pas roulé, profitant d’une journée de repos au frais d’un grand appartement de Nogent-le-Rotrou.
Nous sommes montées en haut du Viaduc des Fauvettes à Gomez-le-Châtel, avons roulé dans un paysage à la Miyazaki sur la voie verte de Limours, profité de la lumière du matin dans le parc du château de Rambouillet, raffolé de l’accueil pour nos vélos au château de Maintenon. Nous gardons un souvenir merveilleux de la cathédrale de Chartres illuminée et de l’adorable village de Frazé, une fois traversées les interminables plaines de la Beauce.






Nous avons chaud. Mais une rivière, quelques arbres et nos pauses sont des havres de douceur.
Nous rencontrons des gens curieux de notre périple. Les conversations s’engagent facilement. Comme avec ces deux frangins croisés devant une église – des fresques, de l’ombre et une fontaine d’eau fraîche. Ils suivaient les chemins de Compostelle vers Tours. Nous ne connaissons pas leurs noms mais nous avions l’impression de retrouver de vieux amis quand nous les avons revus un peu plus loin. Ils sortaient de la Beauce complètement cuits. Nous avons bifurqué vers l’ouest après leur avoir offert des pêches. A pied, la chaleur est encore plus difficile à supporter. Ils étaient cuits mais visiblement heureux de faire ce voyage ensemble.
Un peu comme nous donc. On dégouline de sueur, on a mal aux fesses, ça tire dans les jambes, on avale des litres d’eau, on se trompe de route, on pousse nos vélos, on charge, on décharge – nous sommes désormais des pros du décrochage-accrochage de sacoches –, on est aussi passées par-dessus des arbres tombés sur le chemin mais… ça fait partie de l’aventure.

Quand nous pédalons dans la lumière du matin, nous sommes éblouies par la beauté des paysages. Parfois, un papillon vole à notre hauteur. Ici, un écureuil traverse la route, des lapins courent sur les bas-côtés et l’on repense à ce gros rapace aperçu un peu plus tôt. La plupart du temps, nous restons loin des voitures. Les oiseaux sont la bande-son de notre voyage. Dommage qu’on ne sache pas les reconnaître. Le vol des hirondelles dans les villages nous réjouit.









Arriver dans les villes, même petites, c’est retrouver la circulation, la chaleur des pierres et du béton. Mais aussi le plaisir de prendre un repas dans une brasserie et l’occasion de faire quelques courses.
La nuit, nous rechargeons nos batteries et celles des vélos. Nous mettons nos mini pains de glace au congélateur. Notre toute petite glacière nous permet de transporter quelques produits frais pour le déjeuner. On a développé des techniques pour accrocher nos courses sur les vélos.
Nous sommes loin de la silhouette épurée du cyclotourisme professionnel, au chargement efficace, limité au nécessaire. Pas tellement que nous soyons dans une surenchère de vêtements, surtout pour nos au-cas où. Nos sacs de couchage sont un peu gros. Nos popotes aussi. Et il y a le réchaud, tout petit, mais l’un plus l’autre, ça remplit nos sacs. Au moins, nous avons investi dans une tente de bivouac ultra légère.
Pas tellement que nous ayons envie de camper. Nous aimons le confort des lits. Mais nous savons que plus nous approchons de la mer et du 14 juillet, plus il sera difficile de nous loger sans avoir réservé depuis des mois. Au cas où, nous avons donc de quoi dormir au camping.
Vous pouvez suivre notre aventure sur notre Polarsteps. Plus facile à alimenter que le blog. Et on adore voir grandir la chenille de nos étapes sur la carte.
Je vous laisse, je vais nettoyer nos chaînes, noires de poussière, avant de reprendre la route demain.
















