Liste non exhaustive de choses pas forcément essentielles qui ont coloré mes 50 premières années.
- La pêche au couteau à marée basse sur le bassin d’Arcachon.
- Le levier de vitesse « parapluie » de la 4L que ma mère nous laisse conduire autour du lac de Gazinet.
- La canne à pêche rouge et jaune, et moi, petite fille encordée à la rambarde d’une jetée de la presqu’île du Cap Ferret.
- Flaque, Copine et Bibilou, les chiennes de mon enfance, la chaleur de leurs pelages, leurs coups de langue.
- Les chatons de Mamounia, ma chatte chérie, installés dans le lit de mes poupées.
- Le voile de pluie et le ciel gris de l’Essonne à mon arrivée en région parisienne l’hiver 1991.
- Claude, immense et noir dans la cuisine minuscule et blanche de ma mère.
- L’odeur de l’herbe coupée à Bordeaux, à Porto, en Turquie, en Roumanie ou à Antony.
- L’odeur iodée de la vase du fond du bassin d’Arcachon.
- La fouëne de mon papa, ses jambes arquées et sa lampe à pétrole guettant les silhouettes des soles dans la nuit du bassin d’Arcachon.
- Le parc de Sceaux qui rosit au printemps et s’empourpre à l’automne.
- Le Macumba de Bordeaux avec Véro.
- Le premier appart dans le Marais, étriqué, les étais qui tiennent l’escalier, le vieux trans qui a ses toilettes sur le palier (et ne ferme pas toujours la porte).
- Le boucher casher de la rue des Écouffes (aujourd’hui, un restau italien).
- Recevoir un message sur mon Tam-tam, enfiler chaussures et manteau et descendre à la cabine téléphonique rue de Rivoli pour appeler ma maman.
- Habiter un studio au quinzième étage, du 15 rue Georges Pitard, dans le XVè arrondissement, et se balader en peignoir dans l’ascenseur pour rejoindre la piscine au trentième, couverte, chauffée, dominant tout Paris.
- Rouler le plus vite possible à roller dans les rues de Paris le vendredi soir.
- Les coquillettes au beurre de Pascal, quinze ans, dans son appartement de la gendarmerie d’Evry.
- Le passage à l’an 2000 dans un château du Périgord noir sans électricité, les routes coupées par la tempête du siècle et le string Léopard de Franck.
- Un bébé que je n’ai pas gardé, un bébé qui n’est pas resté et deux merveilles qui enchantent finalement ma vie.
- Un rendez-vous à l’Autre café, quartier Oberkampf, une grand blond en costume-cravate que je n’ai plus jamais quitté, Olivier.
- I want to buy you flowers, d’Émilie Simon, un bouquet de fleurs avec des piments et un sac de pharmacie transparent. Première fois chez belle-maman.
- Ma première photo, ma poupée en noir et blanc dans sa poussette.
- Des Playmobils et des Barbies sur le carré de pelouse de mon enfance.
- Le mange-disque rouge de mes dix ans. Le walk-man de mes quatorze ans.
- Packman sur l’ordinateur de Véro.
- Le premier appartement à deux, rue Pache.
- Yavas, yavas. Mes premiers mots en turc, ceux des déménageurs qui vidaient nos cartons.
- Les fous rires derrière nos écrans quand Orange s’appelait encore Wanadoo.
- Traverser Paris la nuit à pied, à vélo, en moto, en taxi, en métro.
- Une cuite mémorable au Beaujolais nouveau.
- Des randos photo dans le Delta du Danube ou au cœur des Carpates.
- Un mariage dans les caves de Porto sur les rives du Douro.
- La suite du mariage dans un château en Touraine sur les hauteurs de la Loire.
- La neige qui avale les voitures dans les rues de Bucarest. Le camping sauvage sur une plage de la mer noire.
- Ma canadienne à côté de la caravane de mes parents dans un champ du Larzac.
- Les petits-déjeuners sur les bords du Bosphore. Le sourire de Yesim.
- Les folles soirées avec Sandy.
- Les premières descentes en ski d’Eglantine sur les pentes d’Uludag en Turquie. Les premières descentes en ski d’Hortense à Bansko en Bulgarie.
- Les samedis après-midis au golf de Viseu.
- Une vielle paysanne au foulard fleuri qui lit l’avenir dans le marc d’un café turc.
- Des langues qui se croisent. Ânonner l’anglais au lycée, oublier l’allemand, voyager en portugais, rire en turc, explorer en roumain.
- La frontière bulgaro-turque avec mes filles, nos passeports français et ma voiture roumaine.
- Les étés au Monêtier-les-Bains
- Les surfeurs dans les vagues du sud-ouest
- Des tremblements de terre à Bursa, à Bucarest et à Chiang Rai.
- Le sticker Conduite accompagnée sur la vitre arrière de la voiture.
- L’admiration mêlée d’appréhension quand Eglantine s’envole seule en parapente pour la première fois ou que l’ordinateur de plongée d’Hortense indique 40 mètres.
- Un chat qui dort sur mes genoux
- Des amis lumineux pour accompagner mon demi-siècle, mes kilos en trop et mes cheveux gris.
Merci la vie !































