Locomotive, étoiles et chlorelle

Quand les études donnent de la force…

L’année commence intensément pour Eglantine. Pas toujours facile pour ses responsables pédagogiques de lui créer des emplois de temps adaptés. Un petit bout de L2 par ci, un morceau de L3, vous reprendrez bien un peu de physique mademoiselle ? Eglantine aimerait tout faire aussi. Elle aime tellement apprendre.

Il faut voir les étoiles dans ses yeux quand elle est rentrée à la maison ce week-end. Les cernes aussi. Des vraies valises de départ en voyage long courrier. Raconter la découverte de son nouveau projet de groupe l’illuminait. L’APP (apprentissage par projet, le cœur de la méthodologie de sa licence) porte sur l’étude des chlorelles. Des algues que l’on peut retrouver aussi bien dans les cosmétiques que l’alimentaire ou les matériaux de construction.

Eglantine est enchantée, directement passionnée, investie. Avec cette folle envie d’avancer, de charbonner, de tirer le groupe pour avancer, elle a cet esprit moteur propre aux locomotives. Heureusement, elle n’est pas la seule dans son groupe. Quand sa fatigue éteint ses ambitions, elle peut compter sur les autres. Elle se sent plus en confiance que certaines années où elle devait vraiment pousser le reste du groupe.

De quoi moins craindre le nombres d’heures à passer chaque semaine sur ce sujet…

Les chlorelles mettent des étoiles dans les yeux de ma locomotive. Ne reste qu’à la bichonner pour qu’elle tienne la route.

Comment je vois le cerveau d’Eglantine, foisonnant, explosif, coloré.

Les dernières nuits de l’été

Fin d’été festive pour mon ado. Soirée, concert… faire le plein de souvenirs avant une grosse année scolaire.

L’été se prolonge malgré la rentrée et les jours qui raccourcissent. La douceur des soirées est propice aux retrouvailles et aux découvertes, surtout pour notre ado qui s’éloigne doucement, confiante, originale, désopilante.

Hortense avait négocié en juillet. Alors, on a poussé les meubles pour une soirée à la maison vendredi. Musique, éclats de rire, chants partagés, discussions dans le jardin, fins de couples pour début d’année scolaire, nouvelles amitiés de fin d’été.

Samedi soir, elle a filé au Stade de France pour le premier concert de sa vie. PLK. 80 000 personnes. Un show mémorable, illuminé de feux d’artifices et de drones, enflammé de cascadeurs et électrisé d’invités incroyables. Pour elle en tout cas. Pour nous, cette litanie de rappeurs n’a aucun sens.

La diffusion sur Youtube permet de se rendre compte de l’ambiance extraordinaire. Comment réaliser que ma fille, mon bébé, est un des points au centre de la foule, dans cette masse mouvante creusée de cercles spontanés où débutent les pogos ? Elle connaissait les paroles par cœur, s’est abîmé la voix à les scander dans une communion joyeuse, se lançant sans crainte dans l’animation de la fosse, au cœur du réacteur.

Mon téléphone a sonné alors que je m’endormais. Problème sur la ligne B, pas de RER. Elle s’est rabattu sur la 13. J’enfile un jean et saute dans la voiture pour récupérer Hortense qui mange une crêpe avec un copain aux Invalides. La vie est belle quand on a seize ans.

Ce soir, elle se concentre sur les maths. Cette année, c’est le bac. Maths spé, maths expertes, elle va poser du carré, tâter de la racine, décliner de la fonction, avoir de la suite dans les idées.

Dans un coin de sa tête, restent les souvenirs d’un été radieux et de ses derniers prolongements.

Déclinaisons de la rentrée

Rentrée de loin pour Eglantine qui est retournée chez elle depuis quelques jours. Elle se sent bien dans son studio sur le campus. Elle avait un sourire dans la voix au téléphone ce soir. Retrouver les profs, les nouvelles matières, creuser les sujets qui la passionnent, c’est alimenter son cerveau et faire fleurir des feux d’artifices dans sa tête.

Dernière rentrée au lycée pour Hortense, tranquille, au milieu de l’après-midi. Le temps de découvrir sa classe, ses profs, son emploi du temps. La Terminale, ça commencera vraiment demain. Transition rapide entre une totale liberté sur une île des Glénan et les pages de règlement de son lycée.

Rentrée déjà passée pour Olivier qui a repris depuis une semaine. Il étirerait bien les matinées à traîner au lit avant de se balader au parc de Sceaux.

Rentrée inédite pour moi au théâtre. Avec un seul contrat à durée indéterminée et de nouvelles missions.

Rentrée borgne pour Django, énucléé de l’œil droit hier. Balafre de pirate, collerette et antidouleurs. Il est tout patraque.

Rentrée énervée pour Maya, furieuse qu’on ferme à nouveau la porte du jardin. Températures plus fraîches le matin, moustiques le soir et interdiction de sortir pour Django. Elle gratte avec rage pour entrer et sortir, et entrer, et sortir… toutes les deux minutes.

C’est parti pour une nouvelle année scolaire. La rentrée, c’est déjà fini. Les vacances résonnent désormais comme un vieux rêve que l’on est plus certain d’avoir fait alors que s’annonce le jour d’après.