L’été se prolonge malgré la rentrée et les jours qui raccourcissent. La douceur des soirées est propice aux retrouvailles et aux découvertes, surtout pour notre ado qui s’éloigne doucement, confiante, originale, désopilante.
Hortense avait négocié en juillet. Alors, on a poussé les meubles pour une soirée à la maison vendredi. Musique, éclats de rire, chants partagés, discussions dans le jardin, fins de couples pour début d’année scolaire, nouvelles amitiés de fin d’été.
Samedi soir, elle a filé au Stade de France pour le premier concert de sa vie. PLK. 80 000 personnes. Un show mémorable, illuminé de feux d’artifices et de drones, enflammé de cascadeurs et électrisé d’invités incroyables. Pour elle en tout cas. Pour nous, cette litanie de rappeurs n’a aucun sens.
La diffusion sur Youtube permet de se rendre compte de l’ambiance extraordinaire. Comment réaliser que ma fille, mon bébé, est un des points au centre de la foule, dans cette masse mouvante creusée de cercles spontanés où débutent les pogos ? Elle connaissait les paroles par cœur, s’est abîmé la voix à les scander dans une communion joyeuse, se lançant sans crainte dans l’animation de la fosse, au cœur du réacteur.
Mon téléphone a sonné alors que je m’endormais. Problème sur la ligne B, pas de RER. Elle s’est rabattu sur la 13. J’enfile un jean et saute dans la voiture pour récupérer Hortense qui mange une crêpe avec un copain aux Invalides. La vie est belle quand on a seize ans.
Ce soir, elle se concentre sur les maths. Cette année, c’est le bac. Maths spé, maths expertes, elle va poser du carré, tâter de la racine, décliner de la fonction, avoir de la suite dans les idées.
Dans un coin de sa tête, restent les souvenirs d’un été radieux et de ses derniers prolongements.