Locomotive, étoiles et chlorelle

Quand les études donnent de la force…

L’année commence intensément pour Eglantine. Pas toujours facile pour ses responsables pédagogiques de lui créer des emplois de temps adaptés. Un petit bout de L2 par ci, un morceau de L3, vous reprendrez bien un peu de physique mademoiselle ? Eglantine aimerait tout faire aussi. Elle aime tellement apprendre.

Il faut voir les étoiles dans ses yeux quand elle est rentrée à la maison ce week-end. Les cernes aussi. Des vraies valises de départ en voyage long courrier. Raconter la découverte de son nouveau projet de groupe l’illuminait. L’APP (apprentissage par projet, le cœur de la méthodologie de sa licence) porte sur l’étude des chlorelles. Des algues que l’on peut retrouver aussi bien dans les cosmétiques que l’alimentaire ou les matériaux de construction.

Eglantine est enchantée, directement passionnée, investie. Avec cette folle envie d’avancer, de charbonner, de tirer le groupe pour avancer, elle a cet esprit moteur propre aux locomotives. Heureusement, elle n’est pas la seule dans son groupe. Quand sa fatigue éteint ses ambitions, elle peut compter sur les autres. Elle se sent plus en confiance que certaines années où elle devait vraiment pousser le reste du groupe.

De quoi moins craindre le nombres d’heures à passer chaque semaine sur ce sujet…

Les chlorelles mettent des étoiles dans les yeux de ma locomotive. Ne reste qu’à la bichonner pour qu’elle tienne la route.

Comment je vois le cerveau d’Eglantine, foisonnant, explosif, coloré.

Interview de chiottes

Une interview originale, dans un lieu inattendu avec une star de Youtube. Le bonheur, c’est parfois simple comme des chiottes à la fac.

Églantine nous appelle rarement dans la semaine. Prise par ses cours qui la passionnent. Ses amis avec qui elle partage une résidence sur le campus. Et sa fatigue qui suffoque encore son quotidien. Un jour de janvier, sa voix était pleine de joie quand elle m’a téléphoné. Elle venait d’être interviewée dans les toilettes de la fac avec Julien Bobroff.

Dis comme ça, bien sûr, ça surprend un peu.

Que faisait-elle au petit coin avec une équipe de télé ? Et puis, c’est qui ce Julien ?

Chez nous, Julien Bobroff est une vraie star. Pas que chez nous en réalité puisque qu’il y a pas loin de 150 000 personnes abonnées à la chaîne Youtube de ce prof de physique (@Julien_Bobroff). Dont Olivier, depuis des années. Et Églantine depuis presque aussi longtemps.

Cet enseignant-chercheur rattaché à la fac d’Églantine est un brillant vulgarisateur. Il est capable de capter l’attention de parfaits néophytes sur des sujets hautement scientifiques. Avec lui, tout le monde peut s’attaquer à la physique quantique – en s’accrochant un peu, la pente est quand même raide.

Mais quel rapport avec les gogues de l’université ?

Ben la physique, justement. A travers une idée décalée. Trouvée à force de chercher le meilleur endroit pour diffuser de la science. Un endroit où on a du temps et rien d’autre à regarder qu’une porte ou un mur. Des toilettes.

Avec son équipe de vulgarisation La physique autrement, Julien Bobroff a imaginé l’expo scientifique la plus improbable.

« Le pari fou de ce projet, c’est de transformer des toilettes en salles d’expo pour vulgariser les sciences. Vous êtes dans une fac, un lycée, un musée ? Vous avez accès aux toilettes ? Imprimez les affiches, scotchez-les, et le tour est joué. Vous pouvez être sûr.es que les visiteur.euses seront au rendez-vous, avec l’effet de surprise garanti ! »

Ça s’appelle Aux chiottes la physique !

Ce jour-là, TF1 est venu filmer Julien Bobroff dans les toilettes des salles de cours d’Églantine. Curieuse comme une pie, elle a passé une tête, s’est retrouvée embarquée dans l’interview, était trop heureuse de parler d’un projet qu’elle trouve génial. J’attendais de voir la vidéo apparaître quelque part pour la partager ici. Mais je ne l’ai pas trouvée.

Il faudra vous contenter d’imaginer les yeux brillants, le sourire rayonnant et les paroles qui se bousculent allègrement quand Églantine raconte son aventure chiotissime.