Des papillons dans la tasse

Reprendre l’écriture de ce blog pour faire vibrer les papillons dans ma tête.

Comment commencer quand il y a tellement longtemps que je n’ai pas bloggué, et si peu écrit, même pour moi.

Bonjour, peut-être ?

Histoire de saluer ceux qui ont encore l’idée de visiter ma Tasse de thé et ceux qui, abonnés, vont recevoir avec surprise une notification de ma reprise d’activité.

Reprise ou soubresaut ? J’ai cru tant de fois que je reprenais mon blog que je ne présage plus de rien aujourd’hui. Oui, j’ai à nouveau envie de partager des impressions de vie quotidienne, des coups de cœur, des questions, des créations… Des textes naissent dans ma tête qui racontent ces petits moments qui font le sel de la vie. Ils dansent en un nuage joyeux qui m’accompagne alors que je cuisine ou que je discute avec Petit Chat. Ils s’évaporent ensuite dans la langueur du temps qui passe sans que je ne prenne la prenne de les fixer.

J’espère seulement prendre ces papillons éphémères dans les filets de mes mots, poser leurs ombres colorées sur une page blanche et les partager avec vous, sympathiques lecteurs.

Des papillons dans la tasse

Ca rubikscube !

Petit chat a ressorti les Rubik’s Cubes. Avec son papa, elle a exploré les tutos sur le web. A la fin de journée d’hier, elle était capable de résoudre le 2×2. Quand nous sommes revenus de notre sortie au théâtre, elle n’attendait qu’une chose, que nous mélangions son petit cube coloré.

Après le déjeuner, ce dimanche, les filles ont troqué leurs savoir-faire. Je te montre comment résoudre le Pyramix (ce Rubik’s Cube en forme de pyramide) et tu m’apprends le 2×2. Petit Oiseau a dû faire preuve de patience car sa sœur n’aime pas du tout ne pas réussir du premier coup.

Alors, tête contre tête, l’une allongée sur le canapé, le chat sur les genoux, l’autre lovée dans le fauteuil qu’elle avait rapproché au plus près de sa sœur, elles ont fait tourner les faces aux couleurs vives. Cris de frustration, rires bienveillants, ça charriait un peu, et ça recommençait. Sororité complice. Connivence de casse-tête.

Prochaine étape pour tout le monde, le 3×3. Leur père s’est déjà entraîné.

La rentrée d’après

Dans le salon les sacs et cartables sont prêts pour la rentrée. Mais moi je n’ai pas dormi de la nuit. Voilà dix jours que nous sommes rentrés de vacances en avance car Petit Oiseau était à nouveau au fond de son lit. Je l’ai trouvée fatiguée tout l’été. Je suis angoissée. Elle n’est pas allée en cours depuis le mois de mars. Comment va-t-elle reprendre le rythme soutenu du collège ? Je l’imagine déjà terrassée de fatigue, pliée en deux de douleur.

Et puis non.

Ce lundi soir, les rires fusent dans la maison. Les filles chahutent. Petit Oiseau taquine sa petite sœur. Petit Chat raconte sa journée. Elles chantonnent dans leurs chambres. Les éclats de leurs voix sautillent dans les escaliers. Je recouvre les livres. Corvée de rentrée.

Mardi, la prof d’anglais exige un cahier bleu. Déception de mettre au placard le traditionnel cahier orange que Petit Oiseau choisit à chaque rentrée depuis le CP pour cette matière. On peut donc encore sérieusement imposer une couleur de cahier pour des élèves de troisième ? Cependant, si les seuls soucis de Petit Oiseau en ce début d’année sont ses fournitures, je me sens rassurée.

Mercredi, toujours pas de fatigue particulière. Petit Oiseau rentre déjeuner rapidement avant de filer vers Paris. Cette semaine elle se rend seule à sa séance d’hypnose. Petit Chat est un peu malade et je reste avec elle. Un sms pour m’avertir qu’elle sort du RER. Un passage à la FNAC voisine après la séance. Ma fille aînée découvre le plaisir de se balader seule dans Paris. Elle se régale de la possibilité d’entrer dans les musées gratuitement ou de monter en haut de l’Arc de Triomphe. Mais elle n’a pas encore le droit de prendre un verre dans un café, même un simple citron pressé. Ce petit rituel restera encore quelque temps un privilège à partager avec moi.

Mon Petit Oiseau grandit. Je n’aurais jamais imaginé que la rentrée d’après ses six mois de maladie sans diagnostic se passe aussi bien. Je la scrute, j’observe ses expressions, les plis sur son visage, je cherche les traces de fatigue, les difficultés dessinées dans les cernes.

Et puis non.

La rentrée d’après se passe bien.

C’est tout.

C’est énorme tellement c’est simple.

Tout le monde a un arbre dans son cœur

Une des raisons pour lesquelles nous avons choisi notre maison, c’est le grand cèdre qui domine le jardin. Il veille sur les noisetiers, sureau, arbre de Judée, pruniers et autres lauriers où pépient les oiseaux tout au long de l’année. Grâce à eux, notre jardin est un havre de paix verdoyant. Il fait bon y laisser perdre son regard et dériver ses pensées.

L’hiver, il perd de sa superbe mais gagne en mystère quand la neige vient le recouvrir. L’été, l’herbe crame systématiquement mais qu’il est bon de s’y relaxer au rythme lent du hamac que l’on pousse d’un pied indolent. A l’automne, les feuilles envahissent le moindre recoin, refuge de nombreuses bestioles que je laisse consciencieusement tranquilles.

Le printemps est l’acmé de la beauté de notre jardin. Les arbres fleurissent à tour de rôle. D’abord les pruniers dont les fleurs blanches annoncent le retour prochain des journées ensoleillées. Au moindre coup de vent, les petits pétales blancs tombent en une neige féérique. Sablier des jours qui rallongent.

Jardin au printemps.

Puis les bourgeons pointent leur vert tendre tandis que l’arbre de Judée éclate d’un rose flamboyant. Chaque jour, les couleurs évoluent jusqu’à ce que le rose se fasse vieux, pastel poussiéreux qui tombera en pluie fine pendant des semaines sous le vert immuable du grand cèdre et les cris stridents des perruches.

En ce mois de juillet, les branches se balancent sous le poids des différents oiseaux. Rouges-gorges, mésanges, moineaux, palombes, geais, pies et merles se disputent régulièrement les meilleurs places. Lors des canicules, la chaleur est encore alourdie par le silence des oiseaux qui, comme nous, préservent leurs forces au cœur de la fournaise. Mais au petit matin, quand je m’assois avec une tasse de thé sur la terrasse et que je les regarde virevolter bruyamment de branche en branche, je sens cet émerveillement modeste dans parle si bien Belinda Cannone :

« S’émerveiller résulte d’un mouvement intime, d’une disposition intérieure par lesquels le paysage à ma fenêtre ou l’homme devant moi deviennent des évènements. »

Il n’est pas anodin d’ailleurs que la base de sa réflexion dans son livre S’émerveiller soit un chêne voisin qu’elle prend plaisir à observer au fil des saisons.

Depuis que nous sommes dans cette maison, nos arbres nous accompagnent, recueillent mes pensées, escortent mes espoirs et suscitent invariablement une fascination discrète propice à une sorte de méditation.

Affiche de l’exposition Nous les arbres à la Fondation Cartier

L’affiche de l’exposition Nous les arbres, aperçue un jour au détour d’un couloir de métro, avec son vert pétant et sa jungle surannée a tout de suite attiré mon regard. Je proposais une virée culturelle à mon Petit Chat qui accepta immédiatement. Devant la Fondation Cartier, notre regard a immédiatement été attiré par la photo d’une partie d’un des immenses tableaux de Luis Zerbini. Un enchevêtrement de végétaux colorés, jungle prolifique et chatoyante, où l’incongruité d’une boîte de conserve ou d’une bouteille en plastique ne saute pas immédiatement aux yeux.

Détail de Lago Quadrado de Luis Zerbini
Détail de Lago Quadrado de Luis Zerbini

Une fois à l’intérieur du bâtiment, notre premier sentiment a été renforcé. Les tableaux de Luis Zerbini, gigantesques et foisonnants, sont sublimes. Ils sont à l’image d’un monde où l’on ne sait plus qui de l’homme ou de la nature triomphe réellement (mais faut-il réellement que l’un ou l’autre triomphe ?). La nature redevient sauvage dès que l’homme la laisse en paix. Et pourtant, jamais les arbres et tous les végétaux dans leur diversité n’ont été autant menacés.

Dans la grande salle du rez-de-chaussée de la Fondation Cartier, Luis Zerbini occupe la majeure partie de l’espace. Au centre des ses toiles cloisons, un arbre se dresse au centre d’une table de verre, bois, végétaux, minéraux et divers objets hétéroclites. Comme une vision en trois dimensions d’une de ses toiles, point de convergence des oeuvres installées tout autour. Place du village ou île isolée ? Clairière colorée ou cabinet de curiosités ?

Luis Zerbini

Nous avons déambulé au milieu d’œuvres très différentes, belles, douces, surprenantes, interpellant notre civilisation sur ses modes de vie, sur la place de l’arbre, sur notre prétendue supériorité. Un oasis de fraîcheur en plein été parisien, une envie de se poser et de regarder le temps qui passe sur les feuilles.

Comme cet arbre, Paradis de Fabrice Hyber, dont le feuillage reprend toutes les couleurs de peaux humaines, chairs d’arbre, et sous lequel s’assoient paisiblement les visiteurs, protégés du soleil par les vrais arbres qui entourent la Fondation Cartier.

Paradis de Fabrice Hyber

Dans le film Mon arbre de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, un homme dit « Tout le monde a un arbre dans son cœur ». Pour nous aujourd’hui c’est le cèdre qui veille sur notre maison. Il marque durablement de son empreinte l’enfance de nos filles.

Et pour ceux qui ont envie de passer plus de temps avec les arbres, je vous recommande les excellents épisodes de La Série Documentaire sur France Culture, Des arbres et des hommes (diffusés en décembre 2018). A écouter en podcast :

1- L’homme de la forêt

2- L’arbre à loques guérisseur

3- Un arbre dans la ville

4- L’arbre sensible

Retour de camp

Retour de camp après le Jamboree des Scouts et de Guides de France à Jambville. Connecte 2019.

Retour de campFin de canicule. Fin de camp. Jamboree. 22000 chemises bleues, une forêt de tentes et une ambiance de festival. Petit Oiseau était à Connecte 2019 avec sa tribu.

Donc elle va mieux.

Suffisamment pour partir deux semaines en camp scout. Tant que les chefs ne m’appellent pas, c’est que ça va. Un petit malaise en première semaine. Sac à dos trop lourd pendant l’exploration. Après des mois au fond de son lit, elle n’a pas encore récupéré toutes ses capacités.

Puis c’est la grande réunion des scouts et des guides, ces jeunes de 11 à 14 ans venus de toute la France et d’au-delà. Avec un pic à 42°, je redoutais pour l’organisme de celle qui, malgré tout, reste mon bébé. Et puis, finalement, nous n’avons encore aucun diagnostic précis de ce qu’elle a eu. Je crains toujours une rechute.

Pas de nouvelles. Pas une lettre. Elle n’y pense jamais de toute façon, trop occupée à vivre ses aventures en chemise et foulard, feu de camp et chaussures de rando. Difficile quand même d’accepter que, moins d’un mois après l’amélioration de son état, elle va mettre son corps à rude épreuve, dormir sous la tente, cuisiner sur une table à feu, manger dans des gamelles en fer, se doucher à l’eau froide.

Pour elle, c’est un retour à la vie.

Pour moi, c’est un changement violent de température. De maman soignante à maman derrière son écran, à l’affût d’un Petit Oiseau avec un grand sourire et deux nattes sur les vidéos mises en ligne par la Toile Scoute sur YouTube.

Journal de 13h, journal de 20h, TF1 parle des scouts. Sur Facebook, vue aérienne d’une veillée hors norme. C’est quel point bleu mon Petit Oiseau ?Vue aérienne Connecté 2019. Crédit Thierry Braun.

Photo de Thierry Braun. Cliquez pour voir l’originale.

Alors ce vendredi, je suis assise au soleil sur la dalle du RER. J’ai de quoi lire mais je reste concentrée sur les portes en verre de la gare. Soudain, une première chemise bleue. C’est une cheftaine. Puis, tout de suite, c’est mon Petit Oiseau avec son gros sac à dos qui dépasse au-dessus de sa tête.

J’ai mon appareil photo. Je la mitraille. Ce sourire-là est unique, encore chargé de la force du groupe, de la magie de ces moments passés avec tant d’autres jeunes, de la joie de vivre des moments d’exception. Ensuite, il s’étiolera, gagné par la fatigue, vidé par les récits, rattrapé par le présent et les projets futurs.

Elle rayonne. C’est un sourire à pleines dents, bonheur à l’état brut, diamant émotionnel.

Un câlin, l’odeur de camp et de feu de bois. Elle parle vite. Elle déverse d’un coup le sac de ses souvenirs. Derniers mots avec les copines, avec les chefs. On s’éternise au local. Quitter la tribu, c’est accepter que ce moment est terminé, que le Jamboree a été, qu’il ne vivra désormais que dans son cœur, ses récits et les souvenirs qu’elle évoquera certainement longtemps avec ses amies.

Son foulard est posé sur la table, sa chemise sur le canapé. Elle a de nouveaux écussons et quelques badges. A la rentrée, elle aura tout cousu sur sa nouvelle chemise rouge. Elle entrera dans la caravane des grands. Tout un programme, encore plus d’autonomie et tant de nouveaux projets.

Retour de Camp. Connecte 2019. Chemise et foulard

Pour le moment elle dort, bienheureuse de retrouver le confort d’un lit moelleux et sans bosses. Petit passage aux urgences en début de soirée, quand même, pour faire retirer cinq tiques tellement petites que je n’arrivais pas à les enlever avec le tire-tique. Mais elle va bien.

Elle grandit et la voir s’épanouir est le plus précieux des cadeaux.

L’habit ne fait pas le moine

Petit Oiseau s’est installée par terre, sur le tapis. Elle écoute sa grand-mère lui raconter son mai 68. A cette époque Chantoune avait 22 ans et elle était déjà mariée. En fac de socio, elle partageait la même classe que Cohn-Bendit, mais pas le même activisme. Elle ne participait pas aux groupes de réflexion où se sont joués les prémices de mai 68. D’ailleurs, quelques semaines avant cette « chienlit » (elle se remémore les titres dans les journaux), elle avait bonnement distribué un tract pour le pèlerinage annuel à Chartres à l’entrée de la fac. Sa petite fille se délecte alors, et nous aussi, du récit de Cohn-Bendit lui renvoyant un sourire en coin, amusé. Elle était comme ça Chantoune en Mai 68, fidèle à sa foi, mais qui criait aussi « CRS SS ! » dans les manifs.

Elle vivait avec Dominique dans un petit studio vers l’Odéon. Au cœur des évènements. Elle raconte la fuite devant les coups de matraque. Comme cette fois où ils se sont réfugiés dans l’entrée de leur immeuble pour échapper aux CRS. Dominique avait réussi à bloquer la porte automatique au nez des policiers qui n’ont pas pu les suivre. Un face à face avec juste la porte entre eux. On la voit revivre le soulagement qu’elle a dû ressentir à l’époque. Avec ce rien de détachement que le temps apporte.

Elle parle des utopies, de la volonté de changement, de l’envie, du besoin d’une autre société. Et de cette foi chrétienne qui s’ouvrait énormément, qui sortait des carcans de la tradition. Car la discussion est née d’un constat qui nous attriste, le regain d’anciennes pratiques ascétiques qui enferment plus qu’elles n’ouvrent. Comme ces scouts d’Europe dont les tenues tutoient le culte du paramilitaire, ces prêtres qui abandonnent les habites séculiers pour revenir à la soutane, ou ce retour en force de l’agenouillement au sol. Entre autres.

La discussion pourrait durer des heures. Mais il se fait tard. Après son départ, nous repensons à Chantoune. On a du mal imaginer cette grande dame à l’allure sage et soignée dans les manifs de mai 68 face aux CRS. Même en arrière-plan.

L’habit ne fait pas le moine.

En religion non plus.

 

 

Les couleurs de la course

C’est l’histoire d’une course où l’on fait le plein de couleurs. C’est l’histoire d’une mère qui veut faire plaisir à sa fille. C’est l’histoire d’une femme qui n’aime pas courir.

Pourtant ce dimanche d’avril, Petit Oiseau et moi sommes dans le RER à une heure où les croissants sortent du four. Soleil frais. Humeur joyeuse. Nous promenons nos sourires sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. La Color Run éveille les rives de la Seine.

Tatoos colorés éphémères, lunettes de soleil protectrices et baskets confortables. Nous descendons sur les quais.

Musique entêtante, coachs qui entraînent le public. Là-haut, entre deux caissons verts fermés de bouquinistes, trois huluberlus s’assoient culs nus sur le parapet de pierre.

Top départ.

Petit Oiseau démarre vite. Mais finalement, nos rythmes de croisière sont accordés. Nous courons côte à côte.

Jaune. Pays des Minions. Nous passons le premier nuage de couleur. Au prochain, il faudra fermer la bouche… Soleil sur le pont des Arts. Rive gauche. La Seine brille. Les coureurs ont la banane.

Bleu. Pays des Schtroumpfs. Petit Oiseau est passé à toute vitesse dans le nuage de poudre. Les familles papotent. Les copines font un selfie. Nous courons toujours.

Vert. Pays des Martiens. Des hommes et des femmes aux visages couverts de masques de peinture nous balancent généreusement des particules colorées.

Rose. Pays des Barbapapas. On a même pris le temps de jouer sur les bords de Seine. C’était avant ou après le flamand rose de la péniche du Rosa Bonheur ? La Tour Eiffel apparaît.

Petit Oiseau accélère. Le plaisir de passer la ligne d’arrivée avec une pointe de vitesse. Je la regarde de loin. Mes jambes ne me portent pas assez pour de telles excentricités. J’ai quand même précisé que c’est l’histoire d’une femme qui n’aime pas courir !

A l’arrivée, Petit Oiseau et moi fêtons nos efforts à grand coup de sachets de couleur. On en rajoute partout. Sur le pont face au Trocadéro, la poudre chamarrée s’envole en batailles joviales sous le regard bienveillant de la Grande Dame de Paris.

Finalement je me suis plutôt bien tenue physiquement. J’ai même aimé cette sensation d’apaisement une fois la course terminée. Malgré les courbatures. Même que j’en ai pas eu tant que ça. Merci les 26 km à vélo pour aller voir l’expo Kupka au Grand Palais quelques jours auparavant. Quand t’as pas de tête et que t’oublies les préavis de grèves perlées, heureusement que t’as des jambes.

Enthousiasme du printemps, des fleurs et des couleurs, des senteurs de lilas et des glycines tombantes, voilà que finalement je continue à courir une à deux fois par semaine.

Les enfilades de peupliers et les eaux calmes du Parc de Sceaux accueillent mes foulées laborieuses. Et quand une fontaine m’encourage d’un arc-en-ciel, je trouve la vie encore plus belle !

Comme un air de muguet

Quand la maison dort encore, prendre mon appareil photo pour cueillir du muguet sous la rosée du jardin.

Les étoiles amoureuses

J’ai tracé des étoiles avec mes mots. Je les ai peintes avec mes pinceaux. J’ai chuchoté mon amour sur les grains du papier. J’ai inventé des constellations qui retracent notre histoire. Bref, je me suis pelotonnée dans les douceurs épistolaires de la Saint Valentin.

Mais qui a programmé un match du PSG ce 14 février ? Chandelles versus crampons, je vous laisse deviner qui a gagné.

Heureusement qu’on a tout le reste de l’année pour s’aimer.

La grue et l’arc-en-ciel

Ce matin, Paris est gris. A la sortie des Halles, Saint-Eustache affronte la pluie, cernée par les doudounes à capuches et les parapluies sombres.

Les pas sont rapides, évitant ces autres avec qui partager le trottoir, sans un regard.

Cet après-midi une lumière éclatante, presque irréelle, vernit les rues parisiennes encore humides.

Mais l’ondée guette et profite des premiers nuages pour rappliquer. Faisant naître un arc-en-ciel qui égaye fugacement le paysage cafardeux d’une grue solitaire de banlieue.

Poésie des petits riens.