Changements d’éclairage

Il en est de l’écriture comme de la photographie ou une peinture de Monnet, la lumière est fugace, l’impression évanescente. Un instant, la lumière filtre à travers les pétales d’une rose et le célèbre poème de Ronsard résonne à mes oreilles. Mignonne, allons voir si la rose...

La minute suivante, un gris maussade écrase les cœurs, éteint les élans, étouffe l’émerveillement.

Si j’écris en regardant la rose dans les raies du soleil, mes mots seront aussi sucrés qu’un loukoum.

Pourtant, si je choisis ce moment où je viens de lire une offre d’emploi qui me fait vibrer alors que je sais que je ne peux pas y répondre, mes mots seront du lait noir.

Travailler n’est pas synonyme d’avoir un emploi. J’ai un emploi. Quelques heures par mois au théâtre de la ville où je suis chargée d’accueillir les artistes. C’est une activité certes rémunérée, mais sans grande envergure. C’est d’ailleurs pour cette raison que cet emploi me convient actuellement très bien. Pas de pression, une très grande souplesse, la rencontre de nouveaux horizons, ceux du théâtre, et l’opportunité de découvrir de nombreux spectacles. La chance, aussi, d’ouvrir le monde des arts vivants à mes filles que j’emmène régulièrement au théâtre.

Mon travail principal, cependant, n’est pas rémunéré. C’est du bénévolat. Un engagement gratuit et volontaire. Je suis co-porteuse de projet des Petites Cantines Antony. Donner, c’est aussi recevoir. Un poncif qui garde pourtant toute sa force pour qui s’embarque dans ce genre d’aventure. Notre objectif est d’ouvrir un lieu où créer des liens de proximité et de qualité entre les habitants grâce à la cuisine participative et aux repas partagés. Mobilisation de communauté. Recherche de financement. Et prospection immobilière pour trouver un local. Passionnant, prenant, désespérant, galvanisant, questionnant, épuisant, énergisant. Beaucoup d’émotions diverses, voire contraires, dans ce projet collectif. Et toujours ce critère indispensable, beaucoup de souplesse.

La souplesse, qualité nécessaire pour accompagner au mieux les progrès d’Eglantine dans l’expérience des limites de son corps qui se fatigue tellement vite. La souplesse, impératif permanent des aidants, cette armée de l’ombre qui soutient celles et ceux qui ont besoin d’un appui pour vivre.

Or, la souplesse n’est pas la caractéristique première d’une grande entreprise qui cherche un/une responsable éditorial-e à temps plein. Ni de celle qui emploie mon ingénieur de mari.

J’ai refermé la fenêtre de l’annonce. Trop tôt.

Heureusement, j’ai la chance d’avoir des amies avec qui parler de cette frustration passagère. Surtout, le sujet n’est pas tabou au sein de cette famille qui me prend tant de temps mais qui m’apporte aussi tant de ravissement. Ce que nous construisons ensemble, tous les quatre, est puissant. Malgré les disputes, les incompréhensions et les dissensions. Malgré, donc, toutes les nuances du désaccord, nous réussissons à nous écouter, nous respecter, nous stimuler, nous protéger, nous encourager, sans nous oublier.

Hortense s’épanouit sereinement. Eglantine se stabilise tranquillement. J’écris tous les jours dans ce blog. Et Olivier trouve le temps de prendre soin de lui en dehors du stress de son boulot.

Alors que je termine ce texte, la nuit est tombée. Mes mots ont la douceur d’un feu de cheminée et Kolinga chante Petit homme. Encore un nouvel éclairage…

Raconte-moi l’amour
Je veux le vivre peu importe le coût
De tes calculs je me fous en somme
C’est l’infini le rendez-vous
Arrête-toi, petit homme
Arrête-toi, petit homme
Arrête ta course folle
Tu ne doubleras personne

Cueillir la joie

Être à la maison quand Hortense rentre du collège est l’assurance de pouvoir échanger avec elle. L’heure du goûter signifie détente, relâchement et bavardage. On en arrive à des assertions du type « les pimbêches ne font pas de latin ». La formulation nous amuse comme le titre d’un livre feel good. Olivier ne s’y trompe pas qui, averti par nos voix et nos rires, quitte son écran pour se mêler à la conversation.

Quand vient le temps des devoirs, Hortense s’installe sur la grande table de la salle à manger. Je prends mon iPad dans l’idée d’écrire mon article du jour. Je fourmille d’idées. Hortense s’assoit à sa place habituelle et ouvre son agenda où la semaine s’étale sur une grande double-page. Assise en face d’elle, je reste disponible.

Elle commence par la physique puis poursuit avec des mathématiques.

Hortense : Maman, c’est normal que je préfère factoriser que développer et réduire ?

Moi : Eglantiiiiiiiiiine !

Alertée par mon ton désespéré, cette dernière sort de sa retraite camérale, ravie de pouvoir aider sa sœur. Et les voilà qui partent toutes les deux dans un voyage mathématique tout en connivence.

Si vous pensez que je vais vulgariser la factorisation ou quoi que ce soit de mathématique, passez votre chemin. J’ai calé mon casque sur mes oreilles et suis partie approvisionner mon compost en épluchures de pommes.

Elles y ont passé du temps. Chacune acceptant des compromis, qui pour avoir la patience d’expliquer, qui pour consentir à recevoir de l’aide. Il y eût des cris, des soupirs affligés, des épaules abaissées d’incompréhension, de l’hilarité, du brouillon raturé, des discussions enflammées, motivées et spontanées mais le devoir fût terminé.

A la fin de l’exercice, chacune s’en vient ravie pour dîner. Eglantine d’avoir expliqué. Hortense d’avoir compris.

Et moi, je me réjouis de notre famille délicieusement débonnaire où règne une si belle entraide.

François Gremaud, dans l’entretien sur France Culture que j’ai partagé hier, parle de « définir la joie comme force majeure, car elle est susceptible de contenir le tragique de l’existence, l’inverse n’étant pas toujours vrai ». Regarder mes filles grandir me renforce dans ce sentiment que la joie nous apporte une énergie extraordinaire.

Encore faut-il savoir l’accueillir, ou la cueillir. Avec une Tasse de Thé ?

Citron pressé

Je ne pensais pas croiser autant de cyclistes sur la route aujourd’hui. Je suis admirative des jeunes femmes en petites bottines et simple manteau de laine. Moi je roule avec une grosse doudoune. J’ai piqué les moufles de ski d’Eglantine et je porte un bonnet sous mon casque.

Au bout des seize kilomètres pour rejoindre la Fondation de France ce matin, j’ai tout de même le bout des orteils gelés.

Retour dans les mêmes conditions glaciales. La Seine se perd dans un air blanc, acéré. La Tour Eiffel se distingue à peine. Les dorures du pont Alexandre III sont ternes.

Poser mon vélo. Déjeuner rapidement avec Eglantine. La conduire au lycée. Filer faire le contrôle technique. Attendre. Lire un peu. Repartir. Récupérer Eglantine qui n’a assisté qu’à son seul cours de maths. La prof de philo a eu pitié d’elle hier. Elle lui a demandé de ne pas venir aujourd’hui. Sa fatigue reste bien trop présente.

Partager la joie d’Eglantine qui a eu 20 à son bac blanc de maths. Un bon présage pour l’épreuve de mars. Écouter en boucle le contenu des exercices, les annotations du prof. Parfait.

Déposer Eglantine à la maison. Aller chercher Hortense à la sortie du collège. Rendez-vous chez le médecin. Attendre un heure pour quinze minutes de consultation.

Préparer le dîner alors que la fatigue tiraille. Le mal de crâne qui tape derrière les yeux. Le cerveau dans la semoule. Les muscles qui tirent. Les paupières plombées.

Attendre le retour d’Olivier pour qu’il prenne le relais sur les maths. Je suis au bout de mes compétences et de mes capacités à écouter les histoires de conjecture et de théorème du point fixe.

Je range la cuisine en écoutant un podcast dans mon gros casque quand Eglantine vient me voir avec un grand sourire.

Quelle est l’exponentielle de ln(3) ?

Se prononce comme « quelle est l’exponentielle de Hélène de Troie ».

Mon cerveau se fige. Plus de jus. Plus rien. Même pas une blague en rebondissant sur Hélène de Troie. Juste l’envie violente que l’on me laisse tranquille.

Ce soir, je suis un citron pressé. La Fondation de France présentait ce matin son Rapport des solitudes 2022, insistant sur la souffrance engendrée. Moi, j’ai parfois des rêves de solitude, de silence total, d’un temps qui s’étirerait à mon rythme seul.

Ça ne dure pas. Et je retourne voir Eglantine avant d’aller me coucher. C’était quoi sa question déjà ? Parce que j’ai en tête de vous la partager. Et la réponse ? Trois bien sûr !

Hortense vient nous souhaiter une bonne nuit. Elle se love sur notre lit. Tout à l’heure ce sera au tour de Django de venir chercher son câlin du soir.

Mon envie de solitude est passée dans la douceur de notre cocon familial. Ça pique beaucoup moins quand les maths partent se reposer aussi.

Dans mes écouteurs, Lucas Santtana chante Sobre la memoria. Bonne nuit…

Forêt rouge

Nous sommes allées chez Rougier & Plé, acheter la toile carrée qu’Hortense avait en tête. Elle était décidée à peindre un tableau pour sa copine Marie. Marie est une petite blonde aux grands yeux bleus, un sourire resplendissant, championne d’escalade, très douée en classe, toujours gentille, douce et bienveillante. Hortense cherche parfois mais, non, décidément, elle ne trouve aucun défaut à Marie.

J’ai dû ranger mon atelier, faire de la place, libérer le chevalet, ressortir les pinceaux, les tubes de peinture et une palette pas trop utilisée. Je garde toutes mes vieilles palettes en bois, j’adore l’accumulation de la peinture. Les mélanges impétueux me plongent dans des rêveries sans fin.

Hortense a enfilé ma vieille chemise de peinture. Elle était toute fière de poser sa toile sur le chevalet. Elle avait fait choisir le modèle à Marie. Une photographie sur Pinterest. Une forêt au soleil couchant. Tout en noir et rouge. Couleurs hyper saturées. Contrastes poussés au maximum. Maman, je commence par quoi ?

Nous avons partagé quelques soirées dans l’atelier. Hortense choisissait la musique que diffusait la petite enceinte. Je me mettais en face d’elle pour travailler sur mon ordinateur. Je n’avançais pas bien vite car elle me parlait beaucoup. Des moments d’une grande complicité que j’ai énormément appréciés.

Régulièrement, je lui donnais des conseils ou lui proposais quelque chose. A elle de choisir ensuite ce qu’elle en faisait. Elle a décidé de travailler comme moi, avec seulement les trois couleurs primaires et du blanc. Elle a tâtonné pour obtenir les teintes qu’elle voulait. Et, si son tableau respecte les tons noirs et rouges de la photo, elle a su prendre quelques libertés pour y insérer d’autres touches de couleur qui lui donnent plus de force.

Maintenant que le tableau est terminé, nous sommes bien tristes qu’il quitte la maison.

Hortense a hâte de découvrir la réaction de son amie quand elle lui donnera son oeuvre, demain, au collège.

Son carnet de commande est déjà bien plein tellement nous sommes tous sous le charme de sa peinture. Le prochain tableau sera pour Juliette, la super meilleure copine de tous les temps, avec qui elle partage les mêmes passions, les mêmes musiques, les mêmes blagues, les fous rires, le badminton le mercredi et le dessin le samedi matin.

Forêt rouge
Acrylique sur toile
30x30cm

Séquelles de la Seconde Guerre Mondiale

Les troupes s’approchaient d’une base allemande. Face à elles, un mur laissait apercevoir l’objectif à travers une grande brèche creusée par un précédent tir de mortier. Elles furent deux à se jeter simultanément sur les cibles. Emma prit la direction du petit abri où se trouvait le premier détonateur tandis que Hortense sauta à travers le mur en ruine, évitant une étagère déglinguée – parce que les coins, ils ne sont pas en mousse. Un instant, elle se sentit voler. Et puis non.

Les lois de la gravité lui rappelèrent la dure réalité du sol. Elle retomba dans le désordre de son grand corps. Son poignet vrilla.

A son retour à la maison, elle avait passé une super journée à l’Escape Game pour l’anniversaire de sa copine. Elle avait mal au poignet, une grande éraflure sur le tibia et plein d’aventures à raconter.

Passage aux urgences pour s’assurer qu’elle n’avait rien de bien méchant. Quand on lui demandait comment elle s’était tordu le poignet, elle répondait invariablement, sourire aux lèvres, la Seconde Guerre Mondiale.

Elle est passée rapidement. Les urgences étaient assez clairsemées alors que j’avais prévu de quoi nous occuper pendant des heures. Là, un jeune homme qui était tombé de cheval. Clavicule douloureuse. Ici une dame qui s’était mal réceptionnée au Trampoline Parc. Cheville tordue. Ou encore, un petit footballeur toujours en tenue, suivant sa maman en boitillant. Les bobos du dimanche.

Rien de grave pour Hortense. Elle a gagné une semaine d’attelle. Heureusement, c’est le poignet gauche. Même pas besoin de dispense de sport. Ce qui ne lui aurait pas déplu pour éviter la course d’orientation dans le froid pluvieux de janvier aujourd’hui. Mais qui lui permettra de faire du ping-pong demain, d’aller à sa séance de badminton mercredi et de plonger samedi.

Elle vient de partir au collège. Elle va pourvoir partager sa Seconde Guerre Mondiale avec les copines et les copains.

Ambiance lendemain de fête

Le soleil se coule dans les courbes des grands verres à vin sur la table, illumine les feuilles des fleurs dans le vase et crée des jeux de d’ombres dans les rideaux. Dehors, quelques chants d’oiseaux. Un enfant passe joyeusement dans la rue. Hortense est partie à l’anniversaire d’une amie. Olivier et Eglantine sont encore dans leurs lits.

Même les chats, rassasiés et sereins, dorment dos-à-dos sur le gros édredon de nos soirées télé hivernales.

L’horloge égrène les minutes dans une douceur moelleuse. La matinée tire à sa fin mais rien ne presse. Ma tasse de thé est posée sur la table basse. Lovée dans le canapé, je commence un livre.

Comment apprivoiser un chat

Plutôt pas mal cette petite journée de vacances en rab avant la reprise. Pour Hortense, ça a été l’occasion de terminer ses devoirs. Et de se rendre compte que, si je la houspille aussi souvent pour qu’elle se mette au travail régulièrement, c’est que nous souffrons, elle et moi, du même travers : une forte propension à la procrastination. Cet art subtil de repousser à plus tard.

Dans notre imaginaire, le temps s’étire à l’infini, accueillant sans réserve tous nos projets, toutes nos envies et toutes nos obligations. Il sera donc toujours temps de faire ça plus tard, se dit-on in petto face aux contraintes. Mais les dates limites dressent invariablement leurs herses acérées dans le moelleux de nos rêves d’infini, provoquant boules d’angoisse et sueurs froides.

Hortense a eu par le passé quelques rentrées difficiles, réalisant la veille au soir qu’un devoir n’était pas fait ou une leçon non apprise. Une fois, ce fût le matin même qu’elle réalisa qu’elle avait une évaluation qu’elle n’avait pas préparée.
Alors, je m’assoie avec elle autour de la grande table de la salle à manger. Je la laisse travailler à son rythme. Je suis disponible si elle a besoin de moi mais je lis ou écris de mon côté sans la déranger. Je lui demande juste si elle est certaine de ne rien avoir oublié.

Aujourd’hui, elle m’a avoué, après avoir terminé ses devoirs, qu’un poids venait de la quitter. Je voyais très bien ce dont elle parlait. Elle s’est serrée contre moi, rassurée de ne pas être seule à connaître cette culpabilité de la procrastination.

J’ai profité de ce moment de proximité pour relancer le sujet de la lecture. Hortense a toujours son caractère de chat à qui il ne sert à rien d’imposer quelque chose. J’aimerais qu’elle lise autre chose que ses mangas et ses webtoons. Qu’elle s’intéresse un peu au monde qui l’entoure. Alors, j’ai allumé mon ipad et affiché le dernier numéro de Topo. J’ai l’habitude d’acheter ce magazine chez le libraire et plusieurs anciens numéros traînent à la maison. Il traite de sujets d’actualité et de société très divers sous forme de bandes dessinées et se destine aux moins de 20 ans (mais on ne meurt pas instantanément si on le consulte après cet âge).

Je sais qu’Eglantine le lit avec plaisir mais Hortense m’a confirmé qu’elle ne le feuilletait jamais.

J’ai entamé un article sur le Qatar. Hortense n’était pas intéressée. Puis j’ai senti son regard se poser sur les dessins et les textes. Petit à petit, elle s’est plongée avec moi dans le reportage. Il faut reconnaître que le format BD de ce magazine est vraiment propice à la lecture.

Finalement, après le dîner, elle a terminé seule la lecture de l’article sur le Qatar et lu le sujet suivant dans la foulée.

Que ces instants sont précieux, ceux où l’on sent que la patience porte ses fruits, que bienveillance et compréhension apportent plus qu’obligations et contraintes. Et où l’armure de l’adolescente en pleine affirmation de soi laisse passer tendresse et complicité. De l’art d’apprivoiser un chat.

Le gratin de pêches d’Hortense

Découvrez le gratin de pêches d’Hortense. des pêches, du miel, de l’eau de fleur d’oranger, des pignons de pin, des amandes en poudre, de la gourmandise et beaucoup d’amour.

Il est encore possible d’acheter des pêches sur le marché. Ce sont les dernières de la saison. J’avais choisi des pêches jaunes à la peau douce et veloutée pour la recette d’Hortense. Elle l’avait repérée dans un de ces magazines de cuisine qu’elle aime feuilleter le soir dans son lit.

Pendant que je préparais le dîner, Hortense a entrepris de couper les pêches en quartiers. Les fruits étaient bien mûrs et elle n’a rencontré aucune difficulté à séparer la chair du noyau. Elle a réparti tous ses morceaux de pêche dans un grand plat à gratin ovale.

Puis elle a fait fondre à feu doux du miel et de la fleur de d’oranger dans une petite casserole. Elle n’a pas cessé de remuer jusqu’à ce que le mélange soit bien liquide. Elle l’a alors versé dans le plat en contrôlant que toutes les pêches étaient bien arrosées.

Enfin, elle a réparti des pignons de pin et des amandes en poudre sur ses fruits avant d’enfourner le plat. Le four était préchauffé à 180°. Elle a laissé cuire son gratin pendant 20 minutes.

Le résultat était délicieux, un mélange délicat des différents goûts, une ensemble très doux relevé par l’eau de fleur d’oranger.

Hortense n’a que 11 ans, mais elle s’affirme en cuisine. Pour notre plus grand plaisir !

Le gratin de peches d’Hortense

L’hiver, on s’en balance !

Hortense et son amie s’emparent des balançoires alors que le collège est fermé ce lundi.

La photo du lundi

Une journée de vacances en plus. Le collège est fermé ce lundi pour cause de journée pédagogique. Le parc est clairsemé. Quelques lycéens musardent, des lecteurs s’égrainent sur les bancs ensoleillés, Hortense et son amie Camille s’emparent des balançoires.

Leurs ombres vont et viennent sur le sol alors que leurs rires résonnent sur le ciel limpide.

Heures félines

Le matin, Maya partage un câlin avec Hortense. Avec moi, elle est nettement plus intéressée par mon petit-déjeuner.

Maya s’est installée sur mes genoux alors que je termine mon petit-déjeuner. Tous les matins, après avoir mangé ses croquettes, Django sort. Il utilise rarement la litière dans la maison. Il préfère la terre parfumée des jardins. A l’instar de tous ses congénères du quartier, il dépose régulièrement de petites surprises dans celui de la voisine. Et nous l’entendons râler copieusement aux beaux jours, quand ses petits-enfants marchent sur les nombreuses mines déposées par les chats.

Donc Django est dehors et Maya s’ennuie un peu. Le matin, elle est très joueuse. Elle commence généralement à asticoter Django quand il dort encore lourdement sur notre lit. Une joyeuse bataille s’engage et je les chasse au mieux pour qu’ils ne réveillent pas Olivier. Surtout en ces précieux dimanches de grasse matinée.

Django est dehors et il y a du beurre sur la table. Maya s’installe d’abord sur la chaise à côté de moi. Sa petite tête effilée pointe juste au niveau de la table. Rapidement, elle pose ses pattes sur le meuble défendu. Elle a compris que c’était interdit mais la tentation est trop forte. Ces miettes de pains et ce beurre tendre et odorant ouvert à portée de museau aiguisent sa gourmandise.

Je la repousse plusieurs fois. Elle tente une approche différente et se coule sur mes genoux en ronronnant. J’adore. Elle se laisse caresser en fermant les yeux de plaisir. J’exulte. Elle pose sa tête sur mon bras. Puis une patte. Puis deux. Et se hisse enfin dans une approche sans vergogne du beurre abandonné devant moi.

Je la repousse plusieurs fois. Elle se glisse dans mes caresses pour mieux tenter de nouvelles approches. Je profite de ce câlin intéressé. Quand je replie le beurre dans son papier, elle m’abandonne à la recherche d’un jeu dans le salon.

Pour les vrais câlins, il faut attendre l’après-midi. A l’heure de la sieste, à défaut de se laisser attraper, elle se laisse caresser. Si Eglantine se repose dans sa chambre, Maya s’installe volontiers à ses côtés.

Les câlins les plus sincères restent ceux qu’elle partage avec Hortense le matin. Quand je vais la réveiller, Maya me suit infailliblement. Elle bondit sur le lit, le laboure consciencieusement en ronronnant et finit invariablement par s’installer contre la tête d’Hortense. Encore immergée dans son sommeil, Hortense peut alors passer son bras sur la petite chatte et glisser son nez dans la douce fourrure de Maya. Ses rêves se fondent dans le félin devenu peluche et la réalité d’une nouvelle journée prend forme au coeur des ronrons veloutés.

Hortense et Maya au réveil

Le réveil idéal pour une jeune fille qui aime tant les chats.