L’étendard rouge de notre 8 mars

8 mars. Journée internationale des droits des femmes.

Dans les journaux, les articles dénoncent, rappellent, chiffrent, s’insurgent. Féminicides, inégalités salariales, violences conjugales, inégalités fiscales, charge mentale…

Et à la maison ?

Ici règnent les femmes. Nous sommes trois sur quatre. Avec Olivier, le seul autre mâle de la maison est Django, notre chat. On le laisse se débrouiller avec Maya, qui s’affirme sans complexe.

Le plus notable, à mon avis, est la place que nous faisons aux règles. Pas les normes de vie, pas les outils de mesure, pas la discipline d’un ordre religieux, pas la règle de trois et autres procédés mathématiques. Non, il s’agit bien des règles menstruelles, menstrues, menstruations, indispositions et autres ragnagnas.

Chez nous, pas d’expression imagée pour parler des règles. A peine si l’on dira « j’ai mal au ventre ». Les règles ne sont pas taboues. Les cycles se succèdent, se suivent et se chevauchent. La poubelle de la salle de bain se remplit à leur rythme. Le sang mensuel n’est pas un secret. Il est rouge, brun, brunâtre. Il coule. Il déborde. Il tâche. Il sent.

L’étendard rouge de notre 8 mars

La fatigue, la douleur, l’irritabilité ou encore l’acné ne sont pas tues.

Les protections périodiques s’achètent par paquets de trois. Pas encore convaincues par celles qui sont réutilisables. La discussion est ouverte.

Régulièrement, Hortense ne peut pas plonger. Parce qu’un tampon, c’est petit, c’est mignon mais c’est surtout hyper intrusif. Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai réussi à en introduire un dans mon corps mais je n’en utilise plus depuis de nombreuses années. C’est aussi plein de produits chimiques qu’on n’a pas forcément très envie d’avoir au plus près de ses muqueuses. Reste la cup. Moins chimique mais toujours intrusif. Pas évident à treize ans.

Dans le club d’Hortense, les moniteurs de plongée ne sont que des hommes. Mais je ne cherche pas d’expression imagée, je ne décris pas les symptômes pour expliquer son impossibilité de plonger. Hortense a ses règles. Après-tout, les hommes savent comment fonctionne le corps des femmes. Peut-être un jour Hortense aura-t-elle la chance de discuter avec une plongeuse et qu’elle passera le cap des protections intrusives, seule solution pour plonger sans laisser de trace rougeâtre dans son sillage ou pour être à l’aise avant et après la plongée, lors du voyage en bateau par exemple.

Elle pourra lire aussi le blog de plongée d’Hélène Adam qui aide beaucoup à comprendre les enjeux des règles sur les conditions de plongée des femmes (Lire son article Puis-je plonger quand je suis réglée ?). On oublie le mythe des requins attirés par l’odeur du sang et on se concentre sur des modifications physiologiques qui peuvent poser plus de difficultés aux plongeuses.

Cette liberté de parole autour des règles nous est naturelle. C’est quand on discute avec d’autres personnes que je m’aperçois de la différence. Dans un groupe moins intime que notre cocon familial, on n’annonce pas qu’on est fatiguée par ce qu’on a ses règles. On choisit le pudique « je suis indisposée », « je ne me sens pas très bien ».

J’ai ouvert les yeux grâce à Hortense. Elle, elle n’hésite pas à annoncer la couleur. J’ai vu quelques dents grincer. Pas forcément celles des hommes. Dans notre société, les règles restent sales, inexprimables, invisibles.

En ce 8 mars, disons que c’est notre petite victoire à nous, vivre nos règles sans honte.

Alors que je termine d’écrire ce billet, Arte m’annonce le retour de sa mini-série Libres ! avec de nouveaux épisodes. A regarder absolument, filles ou garçons.

Comme un clin d’œil à mon partage du jour, voici l’épisode Cachez ce sang.

Les grumeaux

De cette façon ou d’une autre,
Comme ça vient ou ne vient pas,
Ayant parfois le pouvoir de dire ce que je pense,
Et d’autres fois le disant mal et avec des grumeaux

Fernando Pessoa

Les grumeaux, c’est ma tête certains soirs. Quand je ne sais pas vraiment quoi écrire, quand mes pensées se collent les unes aux autres et que plus rien n’en sort.

Un soir, j’ai ouvert au hasard le gros volume des Oeuvres de Pessoa dans La Pléiade et je suis tombée sur ces mots. Écho à la bouillie qui m’envahit parfois. Mais avec des mots qui sonnent juste.

Alors mon esprit oscille entre admiration et désespoir.

Ce soir je broie du noir. N’est pas Pessoa qui veut. Je patauge dans la boue, incapable de me hisser dans le ciel pour faire virevolter le quotidien de ma Tasse de Thé.

Je relève tout de même mon défi et publie ces quelques mots. Souvenir d’un moment d’ombre en attendant le soleil.

Lever la tête

C’est le soir dans la chambre de l’appartement à la montagne. Hortense se glisse au milieu de notre grand lit. La petite lampe de lecture est posée sur les couvertures, projetant des ombres au plafond.

Un chien apparaît en premier. Peut-être un loup. Il hurle, sa gueule grande ouverte. Alors, un autre le rejoint. Ils se racontent des histoires; Je vois leurs gueules qui s’ouvrent et qui se ferment. Peut-être sont-ils fâchés ? Ou sont-ils en train de mettre au point un plan pour chasser les mauvais rêves.

Hortense joue avec les ombres. Comme je m’enthousiasme, elle m’offre finalement un coeur, gros comme ça ! Il prend toute la surface du plafond.

C’est l’après-midi. Allongée dans la neige, je regarde les nuages qui se meuvent lentement dans le ciel. Ils tournoient mollement, se transformant sans cesse, insaisissables. Mes pensées vagabondent dans leurs volutes blanches. Une baleine se transforme en fantôme puis s’étire jusqu’à ce qu’un aigle déploie ses ailes dans un grand cri mécontent.

Les gouttelettes en suspension se dispersent dans le bleu du ciel. Personne d’autre n’a vu le carnaval des nuages.

Lever la tête, c’est aussi ouvrir son regard à d’autres mondes, laisser de la place à la rêverie et à l’imagination.

Je rêve d’un jour…

Alors que je regarde les parapentes dans le ciel bleu, Eglantine se repose. Elle est prisonnière de ce mal invisible qui la cloue, encore, inévitablement, au fond de son lit. Grande fatigue. Épuisement. Elle a tiré les rideaux. La pénombre apaise ses yeux.

Elle puise dans ses dernières forces pour chausser ses skis une dernière fois et nous nous retrouvons à la terrasse d’un grand chalet blanc à la croisée de plusieurs pistes. J’ai déchaussé mes raquettes, elle a laissé ses skis en contrebas. Nous nous installons dans des transats. Notre regard embrasse une grande partie du domaine skiable.

La neige luit sous le soleil intense. Les skieurs sont de minuscules points noirs qui pleuvent sur les pentes de l’autre côté de la vallée. Eglantine n’a jamais pris le temps de regarder ainsi les pistes qu’elle dévale habituellement à toute vitesse. Elle s’émerveille de parcourir une telle distance en dix petites minutes.

Mais la musique du chalet est trop forte. La fatigue reprend le dessus. Nous redescendons vers l’appartement dans une neige fondue, collante et boueuse. Elle se cale sur le rythme de mes raquettes.

Enfin, elle regagne prestement la quiétude de son lit alors que je ramène chaussures, skis et raquettes au magasin.

Je rêve d’un jour où elle aura retrouvé toute la belle énergie qui l’a accompagnée durant son enfance. Celle qui lui permet encore, malgré tout, de garder un moral vigoureux, un enthousiasme inébranlable et une puissante joie de vivre.

Café, chocolat et chantilly face aux pistes

Cœurs apaisés sur pentes blanches

Quatre. Plus le guide, Julien.  Un tout petit groupe pour grimper au sommet du Saint Jacques cet après-midi. Un soleil réjouissant, une neige un peu collante, déjà labourée de nombreuses traces, mais une ascension loin des skieurs. Derrière nous, Belle Plagne au creux des pentes relativement blanches.

Soudain, un sommet qui dépasse au bout du chemin. Une simple protubérance dans la neige ? Non, le Mont Blanc qui se dévoile petit à petit.

Dans le ciel, la lune nous accompagne, des voiles de parapente jettent des reflets lumineux et un couple de rapaces tournoie entre les quelques nuages.

La semaine arrive à sa fin. Eglantine aura skié quelques heures par jour, presque tous les jours. Hortense a enchaîné les pistes noires avec son père. Les muscles tirent sainement, les joues ont roses et les cœurs apaisés.

Belle Plagne dans son nid blanc
Les pentes du Mont Blanc manquent de neige

Plaidoyer pour la raquette

J’ai délaissé les skis et la vitesse pour les raquettes et la lenteur, mais aussi l’équilibre et la tranquillité. Peu de monde sur les chemins de traverse que l’on emprunte chaussé de ces planches de plastique à crampons. Pas d’attente interminable pour les remontées mécaniques.

Techniquement, la raquette se maîtrise rapidement. Trois positions : talon bloqué, talon libre ou talon surélevé. Deux bâtons. Une fois les raquettes ajustées par un système de clips et de sangles, n’importe qui peut partir en randonnée.

Mais pas dans n’importe quelle condition physique. La raquette, par sa simplicité d’appréhension, semble une activité presque reposante comparée au ski qui tire sur les muscles des jambes. Pourtant, une ballade en raquettes amène à travailler tous les muscles du corps. Les jambes bien sûr, pour la motorisation, les bras et tout le reste du corps pour l’équilibre. Notamment dans les dévers et les descentes – de l’intérêt des bâtons pour multiplier les points d’appui. Le relief, souvent accidenté, met à l’épreuve l’ensemble du corps.

Sans parler de l’endurance nécessaire et du souffle dont il faut adapter le rythme pour ne pas en manquer dès les premières montées – c’est mon plus gros problème.

Aujourd’hui, une jeune femme a rejoint le groupe pour une première expérience. Elle s’était blessée à l’épaule lors d’une chute à ski. Nous avons rallié un petit col après une longue montée au milieu des pistes bleues. La vue sur la vallée voisine était très belle.

Objectif en vue : le col de Forcle
Arrivée par le parcours de ski de randonnée
Vue sur la vallée de Champagny

La partie vraiment agréable de cette randonnée devait être la descente à travers un petit vallon loin des skieurs. Malheureusement, la jeune femme en question avait trop peur de tomber. Elle ne pouvait pas non plus s’appuyer sur un de ses bâtons à cause de son épaule blessée. La descente s’annonçait longue. Le guide a modifié ses plans. Et nous sommes redescendues au milieu des pistes, à nouveau, terminant de rejoindre la station de départ en télécabines. Grosse déception.

Déjà que le manque de neige émousse le plaisir des raquettes et réduit le choix des itinéraires, j’avoue que j’ai eu très envie, l’espace d’un instant, de partir de mon côté à l’assaut des pentes douces du vallon. Voir mes raquettes s’enfoncer dans la neige tendre et vierge de toute trace. Je pourrais avancer l’esprit de solidarité et d’entraide du groupe pour expliquer avoir rapidement écarté cette idée. Mais soyons honnêtes, c’est avant tout parce que je ne connais pas assez la région.

Non, la raquette n’est pas une planquette pour les blessés du ski. Elle reste un vrai sport, moins technique mais tout aussi exigeant physiquement.

Heureusement, il reste le plaisir du grand air, de la lumière qui joue sur la neige, du Mont Blanc au loin, du soleil qui batifole à travers les arbres, de l’esprit qui se détend et du corps fourbu qui accueille la nuit sereinement.

Décalage hivernal

Les muses de la grisaille

Sur la route du ski, l’herbe est nue. Aucune trace d’un quelconque animal ayant traversé le manteau blanc de l’hiver. Les nuages ont éteint les reflets ambrés de la forêt, les verts bronze des troncs qui nous accompagnaient sous le soleil. Le ciel est bas. Dans l’air froid, enfin, quelques flocons. D’abord légers, presque indicibles, il s’épaississent peu à peu, sont plus nombreux.

Depuis la fenêtre arrière de la voiture, taraudée par le mal des transports, je suis des yeux les têtes dénudées des arbres qui peu à peu blanchissent. La montagne se fait Parnasse où les muses s’amusent à créer de la poésie dans les fondus de grisaille.

Il faudra finalement s’arrêter pour chausser les chaînes et retrouver un monde plus prosaïque fait de valises à décharger, de forfaits à acheter et de skis à louer.

La cuisine, c’est comme le dessin

Déjeuner entre filles. Dans le bol du robot pâtissier, la pâte des pains au lait préparée par Eglantine un peu plus tôt est bien gonflée. Sitôt la table libérée, les deux sœurs se mettent à pétrir. Elles forment de petits pâtons en discutant.

Sororité gourmande et guillerette.

Eglantine maîtrise désormais parfaitement sa recette et sa cuisson.

Conclusion d’Hortense :

« La cuisine, c’est comme le dessin. Plus tu pratiques, mieux tu réussis. »

C’est simple comme du bon pain. Quel régal de les voir grandir ensemble, expérimenter et partager !

Prendre le temps

Le long de la piste cyclable, de belles péniches aux couleurs douces, plantes grimpantes, terrasses aménagées, vélos endormis sur les passerelles. Soleil d’hiver sur les premières fleurs du printemps. Gaité intérieure sur le chemin de la Manufacture de Sèvres.

Attendre mon amie. Prendre le temps de discuter avec les agent.es d’accueil. Sourires bienveillants, échanges légers qui réchauffent l’air matinal.

Murmures partagés pour une visite en terre cuite des formes du vivant. Les époques qui se regardent. Temps anciens. Contemporains. Faire durer la conversation après la visite. Mais le temps file.

Trop tôt
2004
Farida Le Suavé
Céramique et matelas
Exposition Formes du Vivant
Manufacture de Sèvres

Pédaler sans s’arrêter pour rejoindre le treizième arrondissement. Laisser passer les piétons, les feux au vert, les voitures et les scooters pressés. Prendre le temps de jeter un œil sur les immenses fresques colorées de cet arrondissement. Sans ralentir la cadence. C’est l’avantage du vélo, ça ne va pas très vite. Ça laisse du recul pour profiter du décor.

Arriver quand même en retard pour déjeuner. Impression de courir après le temps. Et pourtant. Retrouver des ami.es. Le temps d’un café. Et les gens qui s’arrêtent pour parler avec nous. Drôles de temps alors que tout le monde crie au chacun pour soi.

Six fourgons passent en hurlant. Ils n’ont pas le temps, on les attend. Des manifestants qui, eux, aimeraient bien avoir le temps de ne pas être trop vieux pour profiter du temps qui leur reste.

Tête-à-tête avec mon amie Nathalie. La patronne, profil asiatique, sourcils tirant sur un rouge sombre hypnotisant, nous apporte une carafe d’eau alors que nous avons terminé nos cafés depuis longtemps. Prenez votre temps nous encourage-t-elle sur un ton délicieusement maternel.

Quelques tours de roue vers une dernière expo. Le gardien qui encourage à accélérer la visite. Gardien du temps. Le musée va fermer. Merci de vous diriger vers la sortie. Grosse voix, pas le temps d’un sourire. Et les visiteurs qui traînent des pieds, subjugués par ces sculptures hyper réalistes.

Le temps d’une photo, pour une One Minute Sculpture d’Erwin Wurm. La seule œuvre qui se touche. Une minute pour être une œuvre d’art. C’est toujours ça.

Idiot II
2007
Erwin Wurm
One minute Sculpture
avec la participation de la Tasse de Thé
exposition Hyperréalisme
musée Maillol

Entre les photos et le GPS, batterie de téléphone à plat. Sortir mon livre sur un banc de pierre à la sortie du musée. Le temps de recharger. Quelques notes sur un cahier. Quelques pages d’un livre de poche sorti du fond de mon sac.

Il est temps de rentrer. Libérer le vélo de ses antivols et traverser la ville baignée de lumières artificielles.

Une journée de temps pour moi.

Une chambre (presque) à soi

Depuis trois ans, Olivier travaille dans la chambre d’Hortense. Les premiers jours du confinement, en mars 2020, il s’était d’abord installé sur le bureau familial, au rez-de-chaussée. Intenable, tant pour lui que pour nous. Alors, la journée, il mettait son ordinateur portable sur le bureau d’Hortense qui, elle, profitait de tout le reste de la maison.

Quand le confinement a été levé, Églantine est entrée à l’hôpital. Olivier a changé de chambre. Pendant un an, il a occupé le bureau d’Églantine. Tout cela était provisoire. Quand même, Olivier a installé un écran plus grand, un clavier, un haut-parleur pour conférence, en répétiteur wifi… Il a tout déménagé dans la chambre d’Hortense quand Églantine est sortie de l’hôpital. Elle passe tellement de temps dans son lit qu’il est impossible de partager son espace.

Trois ans après, le télétravail n’est pas un choix. Deux jours par semaine, Olivier reste donc à la maison pour travailler. Aucun espace n’était prévu pour cela quand nous avons choisi cette petite meulière ouvrière des années 30. Olivier continue donc d’utiliser la cambre d’Hortense. Le télétravail n’est plus une question sanitaire. C’est le moyen pour son employeur de faire des économies.

A nous donc l’électricité, la connexion internet, le chauffage et l’aménagement d’un espace de travail. Et pour le moment, pas d’autre solution que la chambre d’Hortense pour que toute la famille ne profite pas des réunions non-stop d’Olivier. Alors, Hortense n’avait plus de bureau, envahi par l’ordinateur de son père.

Or Hortense est une adolescente qui a désormais envie de se mettre dans sa chambre pour faire ses devoirs, lire, dessiner et regarder des vidéos. Elle me tannait depuis plusieurs mois pour que nous réorganisions sa chambre. En plus, elle a découvert Pinterest et regardait avec envie les jolies chambres aux couleurs douces.

Alors, enfin, pendant cette première semaine de vacances, nous avons tout réorganisé. Un bureau pour Olivier, de nouvelles bibliothèques pour les livres d’Hortense. Elle a viré ses jouets d’enfants qui dormaient dans des meubles blancs, roses et verts, couleurs d’une petite fille heureuse, qui se mariaient mal avec le gros écran noir de son père.

Ensemble, nous avons trié, jeté, donné, dépoussiéré et réaménagé. Plusieurs voyages chez Ikea, des heures de montage – que c’est lourd, un bureau ! Et un résultat parfaitement réjouissant. Hortense était aux anges ce soir. Surtout quand son père, rentré tard d’un dîner avec des collègues coréens, a aussi pris possession de son nouveau bureau. Fauteuils dos-à-dos, chacun a pris possession de son nouveau bureau – pour Hortense, c’était une redécouverte du sien. Echanges complices d’Hortense avec son papa, satisfaction partagée, sentiment d’avoir enfin un véritable endroit à soi, à son image d’adolescente.

Elle a encore plein d’idées de ce qu’elle voudrait faire dans sa chambre. Mais ce soir, elle se dit qu’elle peut attendre. Parce que c’est déjà extra comme ça !