Sortie du lycée. Beaucoup de sweats à capuche, des jeans et des baskets blanches. Des cheveux décolorés, des petites barbes bien coupées, une forêt de sacs EastPack, des vaporettes et beaucoup de portables. De grandes discussions où les sourires se répondent. On sent que la pression retombe après la deuxième épreuve de spécialité.
On arrive à la fin du temps officiel alloué aux épreuves de quatre heures. Pour Eglantine, aujourd’hui, c’était trois heures trente de physique chimie. Mais avec son tiers temps et le temps additionnel de ses pauses, ça peut être plus d’une heure supplémentaire.
Hier, elle est sortie de son épreuve de maths au bout de cinq heures. Un vrai défi physique pour elle. La fatigue lui fait faire des erreurs. Elle prend le temps de tout reprendre avant de rendre sa copie. Ce qui la fait rester encore plus longtemps sur sa table d’examen. Encore plus de fatigue après. Mais au moins, elle n’a pas l’angoisse de l’horloge qui tourne. Elle sait qu’elle peut se permettre de comprendre ce qui cloche dans ses résultats.
Les groupes d’adolescents dégingandés s’éclaircissent peu à peu. Chacun rentre chez soi.
Soudain, je vois Eglantine qui s’approche dans le rétroviseur.
Elle pousse un grand soupir en s’asseyant dans la voiture. Elle est exténuée, se jette sur l’épais morceau de brownie que je lui ai apporté et me raconte son épreuve avec toute l’intensité d’un souvenir bien frais.
Dès notre retour à la maison, elle commence à s’éteindre au rythme de la pression qui descend.
Elle dîne rapidement va se coucher. Demain, elle se reposera toute la journée.
Elle est super fière d’avoir passé ses épreuves. Et nous donc… Quel chemin parcouru depuis quatre ans !
Dans le sac d’Eglantine, convocation, carte d’identité, calculatrice, gourde et energy balls à base de dattes et autres fruits secs. Yes, it’s today 😉
Combiner une belle amitié et ses passions, c’est l’assurance de belles journées propices aux sourires. Tous les samedis, Hortense retrouve Juju au cours de dessin.
Elles partagent de nombreux centres d’intérêt communs, elles font aussi du badminton ensemble le mercredi. L’année dernière, elles avaient testé le golf, largement influencées par leurs papas respectifs. Elles préfèrent finalement les raquettes et les volants aux clubs et aux balles.
Hortense et Juliette aiment la même musique – un truc un peu électro, très pointu, qu’elles partagent avec peu d’autres personnes. Elles lisent les mêmes mangas et jouent aux mêmes jeux videos.
Elles ont aussi inventé un jeu très créatif qui consiste à dessiner à deux. Chacune commence un dessin sur une feuille puis elles échangent et continuent le dessin de l’autre. Ca donne des résultats vraiment très sympa.
Cette semaine, Hortense a délaissé les mangas pour travailler les positions, les visages et les mouvements de ses personnages. Traits vifs, rapides, elle a enchaîné les dessins durant ses deux heures de cours.
J’adore le résultat ! Trois dessins crayonnés à vivre allure où elle commence à s’exprimer, bien d’avantage que dans le format très reproductif du manga.
Dire qu’en maternelle, sa maîtresse s’inquiétait parce qu’elle dessinait des bonhommes patate en kit. Un bras, par ci, le nez à l’autre bout, loin de la tête et des jambes. Je ne regrette pas d’avoir laissé Hortense en faire à sa tête.
C’étaient les derniers cours avant les épreuves de spécialité. Lundi et mardi, Églantine passera ses épreuves de maths et de physique-chimie. Elle est épuisée mais assez sereine. Beaucoup plus qu’avant le français l’année dernière. Ce sont des matières qu’elle aime et qu’elle maîtrise.
Alors, les trois prochains jours, le programme est très simple. Repos, repos et repos.
Il va falloir tenir quatre heures dans une salle d’examen. Deux jours de suite. Arriver en avance. Se repérer dans le lycée où elle passe ses épreuves et se concentrer ardemment.
Alors, la semaine prochaine, après les épreuves, elle aura un programme de récupération intense. Repos, repos, repos.
A la maison, il n’y a que les chats qui, peut-être, passent plus de temps qu’elle à se reposer. Mais au moins, elle suit les cours, elle avance, à son rythme, toujours un peu en équilibre, sans chuter, sans s’arrêter.
Plus que quelques mois de cours et elle aura tenu une année complète sans que sa vie ne se fige deux mois après la rentrée scolaire et sans aller à l’hôpital.
C’est une énorme victoire sur son handicap invisible.
Quand Hortense fait une grasse matinée, elle est capable de dormir bien après l’heure du déjeuner. Ainsi, le goûter peut faire office de petit-déjeuner.
Le soir, au contraire, elle est en pleine forme. Quand la nuit est bien installée, elle a envie de papoter, raconte des anecdotes, pose des questions.
Depuis qu’elle a retrouvé son bureau, elle apprécie y faire ses devoirs. Elle les termine souvent le soir, après que nous soyons tous couchés. A l’heure où, à coup sûr, Eglantine dort déjà.
Hier, j’ai terminé d’écrire un texte au milieu de la nuit. Quand je suis montée me coucher, il était deux heures du matin. De la lumière filtrait sous la porte de la chambre d’Hortense. Elle avait oublié de l’éteindre. Enfin, c’est ce que je pensais.
J’ai poussé la porte doucement et découvert Hortense affairée au-dessus d’un cahier sur son bureau.
Elle n’arrivait pas à dormir et avait entrepris d’avancer un devoir de physique pour faire venir le sommeil.
Ce soir, il est 23h quand elle me demande de lui expliquer le mot ambivalence.
Moi, j’ai le yeux qui piquent et les paupières lourdes.
Nous n’avons définitivement pas le même rythme. Mais que j’aime ces moments nocturnes où ma grande ado abandonne ses barrières pour se lover dans une intimité complaisante.
Alors que je regarde les parapentes dans le ciel bleu, Eglantine se repose. Elle est prisonnière de ce mal invisible qui la cloue, encore, inévitablement, au fond de son lit. Grande fatigue. Épuisement. Elle a tiré les rideaux. La pénombre apaise ses yeux.
Elle puise dans ses dernières forces pour chausser ses skis une dernière fois et nous nous retrouvons à la terrasse d’un grand chalet blanc à la croisée de plusieurs pistes. J’ai déchaussé mes raquettes, elle a laissé ses skis en contrebas. Nous nous installons dans des transats. Notre regard embrasse une grande partie du domaine skiable.
La neige luit sous le soleil intense. Les skieurs sont de minuscules points noirs qui pleuvent sur les pentes de l’autre côté de la vallée. Eglantine n’a jamais pris le temps de regarder ainsi les pistes qu’elle dévale habituellement à toute vitesse. Elle s’émerveille de parcourir une telle distance en dix petites minutes.
Mais la musique du chalet est trop forte. La fatigue reprend le dessus. Nous redescendons vers l’appartement dans une neige fondue, collante et boueuse. Elle se cale sur le rythme de mes raquettes.
Enfin, elle regagne prestement la quiétude de son lit alors que je ramène chaussures, skis et raquettes au magasin.
Je rêve d’un jour où elle aura retrouvé toute la belle énergie qui l’a accompagnée durant son enfance. Celle qui lui permet encore, malgré tout, de garder un moral vigoureux, un enthousiasme inébranlable et une puissante joie de vivre.
Quatre. Plus le guide, Julien. Un tout petit groupe pour grimper au sommet du Saint Jacques cet après-midi. Un soleil réjouissant, une neige un peu collante, déjà labourée de nombreuses traces, mais une ascension loin des skieurs. Derrière nous, Belle Plagne au creux des pentes relativement blanches.
Soudain, un sommet qui dépasse au bout du chemin. Une simple protubérance dans la neige ? Non, le Mont Blanc qui se dévoile petit à petit.
Dans le ciel, la lune nous accompagne, des voiles de parapente jettent des reflets lumineux et un couple de rapaces tournoie entre les quelques nuages.
La semaine arrive à sa fin. Eglantine aura skié quelques heures par jour, presque tous les jours. Hortense a enchaîné les pistes noires avec son père. Les muscles tirent sainement, les joues ont roses et les cœurs apaisés.
Belle Plagne dans son nid blancSous les télésiègesVoiles de parapenteEt soudain, le Mont BlancLes pentes du Mont Blanc manquent de neigeArrivée au sommetLa Croix du saint JacquesAu sommet, c’est pause génépiL’après-midi, c’est avec papaLe matin, c’est entre sœurs Quand Olivier rejoint le groupe des raquetteuses
Déjeuner entre filles. Dans le bol du robot pâtissier, la pâte des pains au lait préparée par Eglantine un peu plus tôt est bien gonflée. Sitôt la table libérée, les deux sœurs se mettent à pétrir. Elles forment de petits pâtons en discutant.
Sororité gourmande et guillerette.
Eglantine maîtrise désormais parfaitement sa recette et sa cuisson.
Conclusion d’Hortense :
« La cuisine, c’est comme le dessin. Plus tu pratiques, mieux tu réussis. »
C’est simple comme du bon pain. Quel régal de les voir grandir ensemble, expérimenter et partager !
Depuis trois ans, Olivier travaille dans la chambre d’Hortense. Les premiers jours du confinement, en mars 2020, il s’était d’abord installé sur le bureau familial, au rez-de-chaussée. Intenable, tant pour lui que pour nous. Alors, la journée, il mettait son ordinateur portable sur le bureau d’Hortense qui, elle, profitait de tout le reste de la maison.
Quand le confinement a été levé, Églantine est entrée à l’hôpital. Olivier a changé de chambre. Pendant un an, il a occupé le bureau d’Églantine. Tout cela était provisoire. Quand même, Olivier a installé un écran plus grand, un clavier, un haut-parleur pour conférence, en répétiteur wifi… Il a tout déménagé dans la chambre d’Hortense quand Églantine est sortie de l’hôpital. Elle passe tellement de temps dans son lit qu’il est impossible de partager son espace.
Trois ans après, le télétravail n’est pas un choix. Deux jours par semaine, Olivier reste donc à la maison pour travailler. Aucun espace n’était prévu pour cela quand nous avons choisi cette petite meulière ouvrière des années 30. Olivier continue donc d’utiliser la cambre d’Hortense. Le télétravail n’est plus une question sanitaire. C’est le moyen pour son employeur de faire des économies.
A nous donc l’électricité, la connexion internet, le chauffage et l’aménagement d’un espace de travail. Et pour le moment, pas d’autre solution que la chambre d’Hortense pour que toute la famille ne profite pas des réunions non-stop d’Olivier. Alors, Hortense n’avait plus de bureau, envahi par l’ordinateur de son père.
Or Hortense est une adolescente qui a désormais envie de se mettre dans sa chambre pour faire ses devoirs, lire, dessiner et regarder des vidéos. Elle me tannait depuis plusieurs mois pour que nous réorganisions sa chambre. En plus, elle a découvert Pinterest et regardait avec envie les jolies chambres aux couleurs douces.
Alors, enfin, pendant cette première semaine de vacances, nous avons tout réorganisé. Un bureau pour Olivier, de nouvelles bibliothèques pour les livres d’Hortense. Elle a viré ses jouets d’enfants qui dormaient dans des meubles blancs, roses et verts, couleurs d’une petite fille heureuse, qui se mariaient mal avec le gros écran noir de son père.
Ensemble, nous avons trié, jeté, donné, dépoussiéré et réaménagé. Plusieurs voyages chez Ikea, des heures de montage – que c’est lourd, un bureau ! Et un résultat parfaitement réjouissant. Hortense était aux anges ce soir. Surtout quand son père, rentré tard d’un dîner avec des collègues coréens, a aussi pris possession de son nouveau bureau. Fauteuils dos-à-dos, chacun a pris possession de son nouveau bureau – pour Hortense, c’était une redécouverte du sien. Echanges complices d’Hortense avec son papa, satisfaction partagée, sentiment d’avoir enfin un véritable endroit à soi, à son image d’adolescente.
Elle a encore plein d’idées de ce qu’elle voudrait faire dans sa chambre. Mais ce soir, elle se dit qu’elle peut attendre. Parce que c’est déjà extra comme ça !
Quand j’ai conduit Églantine au lycée ce matin, une lumière rose délicate baignait les files de voitures. La circulation était fluide. La journée s’annonçait douce.
Nous sommes arrivées un peu en avance. Nous avons papoté un moment dans la voiture. Normalement, je m’arrête juste le temps qu’elle descende et je repars de suite. Mais aujourd’hui, la secrétaire avait demandé à me parler. Ce n’est jamais une bonne nouvelle mais j’étais confiante. S’il y avait eu un problème avec le PAI d’Églantine, j’aurais tout de suite été prévenue. Surtout, nous l’aurions su depuis longtemps. Les épreuves de spécialité sont dans quelques semaines.
Certes, nous n’avions toujours pas les dates de convocation pour les épreuves de maths et de physique-chimie. J’aurais dû me méfier.
Je suis tombée des nues quand madame H. m’a expliqué la situation. La bonne nouvelle, Églantine avait bien obtenu les onze aménagements d’épreuve que nous avions demandés. Le problème, la personne qui avait rempli son dossier au centre des examens avait interverti les épreuves qu’Églantine devait passer cette année et celles de l’année prochaine. D’où le fait qu’Églantine n’avait toujours pas de date pour ses spécialités. Par contre, elle était inscrite, par exemple, pour l’histoire-géographie alors qu’elle ne suit pas les cours cette année. Or, à la maison des examens, personne ne répondait aux messages d’alerte de la secrétaire du lycée.
J’ai laissé tomber ce que j’avais prévu pour la matinée et je suis partie au centre des examens. C’est pour ce genre d’urgence aussi qu’il est nécessaire d’avoir cette souplesse que me laissent mon petit boulot au théâtre et mon travail bénévole pour Les Petites Cantines.
Je suis d’abord retournée à la maison prendre un thermos de thé, de quoi lire et de quoi écrire. Bref, de quoi tenir un siège de plusieurs heures face à l’administration française. J’ai aussi ressorti de mon tiroir un comprimé pour calmer la crise d’angoisse et de colère mélangées que je sentais monter en moi.
De façon étrange, le temps était à l’unisson de mon humeur. Le ciel s’était voilé de nuages gris et quelques gouttes de pluie tachetaient mon pare-brise. J’avais envie de pleurer. Les dossiers de PAI sont lourds à remplir. Obtenir ces aménagements est un vrai parcours du combattant. Et voilà que le manque de rigueur de la personne chargée de la saisie de ces aménagements menaçait les études d’Églantine. Ils étaient en train de lui flinguer son bac. J’avais un bazooka au fond du cœur, prête à pulvériser les responsables de cette absurdité.
Je sais, je sais, la violence ne résout rien. C’est pour ça aussi que j’ai fait en sorte de me calmer avant d’arriver sur place. A l’accueil, j’ai été reçue par un monsieur très aimable, le crâne parfaitement lisse, des lunettes fines et le sourire compréhensif. J’étais prête à affronter tous les barrages et à passer la journée sur place tant que je n’aurais pas rencontré quelqu’un capable de modifier le calendrier des épreuves d’Églantine.
« Bonjour Monsieur, je viens chercher une solution. » J’avais aussi décidé d’être diplomate. Il paraît que c’est plus efficace que le lance-flammes.
Il a appelé le référent de notre département, monsieur C. Le téléphone a sonné longtemps dans le vide. Je n’étais pas surprise. Ça faisait deux semaines que la secrétaire du lycée essayait de le joindre, par mail et par téléphone, sans que celui-ci ne daigne répondre. Assise sur les fauteuils en métal dans le hall, je le regardais recommencer plusieurs fois sans succès.
« Il y a une réunion ce matin, ça risque d’être long. » me lança-t-il. Je lui faisais comprendre que j’avais tout mon temps et sortais mon thermos. J’ajoutais que madame P. (la grande cheffe de monsieur C.) avait également été contactée par le lycée. Peut-être serait-elle plus facile à rencontrer ?
Plusieurs personnes se présentèrent à l’accueil. Elles venaient passer divers examens. Un homme arriva avec un bébé dans une poussette. Il cherchait à récupérer un diplôme qu’il n’avait pas réussi à obtenir en ligne. Je trouvais le tableau réjouissant. Derrière le comptoir de l’accueil, un homme. Devant lui, un jeune papa avec son bébé. Loin des stéréotypes de la femme à l’accueil et de la maman avec son enfant.
Puis, un autre groupe entra dans le hall. Monsieur Crâne-Lisse interpella alors une femme. Je reconnus le prénom de madame P. Une minute après, je pouvais effectivement lui exposer la situation d’Églantine. Là, dans le hall d’accueil, elle nota toutes les informations sur un post-it jaune et m’en donna un autre avec son adresse électronique. Est-ce que je voulais bien lui écrire tout cela dans un mail pour plus de sécurité, en y joignant un scan de la confirmation erronée des épreuves ?
J’ai transformé le hall de la maison des examens en bureau. J’ai déplié le clavier de ma tablette. J’ai scanné le document avec mon téléphone. J’ai pris le temps nécessaire pour trouver les bonnes tournures de phrases – chut le bazooka, sur ce coup, il vaut mieux rester tranquille – puis j’ai cliqué sur « envoyer ».
Quand je me suis garée devant le lycée un peu avant 13h pour récupérer Églantine, mon téléphone indiquait un message de la secrétaire du lycée. Elle avait reçu la nouvelle confirmation d’inscription aux épreuves d’Églantine, avec la bonne répartition sur ses deux années de Terminale. Madame P. était visiblement passée rapidement à l’action et l’insaisissable monsieur C. avait enfin réussi à modifier la situation et à envoyer un mail.
Et, devinez quoi ? Le soleil était revenu…
Il m’a fallu plusieurs heures pour que le stress redescende complètement.
Nous attendons maintenant les dates des premières épreuves du mois de mars.
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Mon imprimeur a beaucoup d’humour. Plutôt que de multiplier les cœurs dans sa vitrine à l’occasion de la Saint-Valentin, il a mis à disposition des cartes postales à l’énergie du couple franco-allemand. Ainsi, j’ai trouvé à la caisse du Sac de Graines, un magasin de vrac juste en face de L’Imprimoir, une carte postale de François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant par la main ; et une autre de Jacques Chirac et Gerhard Schröder se serrant dans les bras. Peut-être en ai-je raté une autre de Charles de Gaulle et Konrad Adenauer s’élançant l’un vers l’autre en 1963 pour la signature du Traité de l’Elysée.
Une bien belle façon de célébrer les 60 ans du Traité de coopération et d’amitié franco-allemand et de rappeler l’importance de la construction européenne pour une paix durable.
Hortense, elle, avait cuisiné de délicieux moelleux à la noix de coco pour son bel italien. Comme c’était trop bon, elle en a refait ce soir pour toute la famille. Avec des petits cœurs en sucre blanc pour rester dans le thème.
Moi, je vous offre une hellébore en noir et blanc, dont j’aime particulièrement le velouté léger baigné par la douce lumière de l’hiver où viennent s’ébattre les pistils sagement désordonnés.
Parce que l’amour, c’est avant tout un sentiment généreux, un attachement désintéressé, un goût de l’autre qui invite à donner et à partager, la Saint-Valentin peut simplement se vivre comme l’occasion de faire attention aux gens que l’on aime, d’une façon générale.
Hortense l’a bien compris, elle qui a offert à sa sœur un énorme donut gourmand pour la Saint Valentin. Pour qu’Eglantine aussi ait quelqu’un qui pense spécialement à elle. Amour de sœurs.
Ca change des cœurs en chocolat et des roses rouges.
De leur côté, les Français et les Allemands s’affrontent sur les terrains de foot. PSG-Bayern, une autre sorte de couple qui fait de l’œil à l’initiative de mon imprimeur. Ça match pour eux ce soir.