Ta voiture en japonais

La voiture d’Olivier est au garage pour quelques jours. En remplacement, il a une jolie voiture électrique bleu ciel qui ragaillardit la grisaille des routes parisiennes. Au centre du tableau de bord, un immense écran tactile affiche toutes sortes d’informations.

Digne fille de son père, Eglantine a touché à tous boutons lors de notre trajet pour le cabinet e l’ergothérapeute. Ce qui lui a plu ? La possibilité de mettre la voiture dans de nombreuses autres langues. Elle a choisi le japonais, parce que les caractères sont beaux et parce que, vraiment, ça ne ressemble pas du tout au français. Elle riait d’avance en imaginant la réaction de son père.

J’étais un peu réticente. Je craignais qu’on ne sache pas remettre la voiture en français ensuite. Mais Eglantine avait bien repéré les pictos. Aucun problème.

Après le changement de langue

C’est seulement deux jours après qu’Olivier a pris sa voiture pour aller jouer au golf. Nous étions bien déçues, à son retour, quand il n’a rien dit sur l’affichage de sa voiture en japonais. Mais nous n’avons posé aucune question pour ne pas lui mettre la puce à l’oreille.

Lundi soir, il rentre du bureau. Toujours aucune réaction. N’y tenant plus, je lui demande s’il n’a rien remarqué d’étrange sur sa voiture. Alors il m’explique qu’il a passé presque une demi-heure avec Renault Assistance en arrivant au golf pour tenter de résoudre le problème. Il ne comprenait pas pourquoi sa voiture avait changé de langue… toute seule ! Il a aussi essayé de traduire les caractères grâce aux appli de traduction automatique sur son téléphone. Il en avait conclu que c’était du coréen. Mais n’avait pas trouvé le bon bouton pour aller dans les préférences de langue.

Un grand sourire sur le visage, Églantine gloussait encore quand elle est rentrée, après avoir remis la voiture de son père en français. Sa facétie avait fonctionné bien au-delà de ses espérances !

Séquelles de la Seconde Guerre Mondiale

Les troupes s’approchaient d’une base allemande. Face à elles, un mur laissait apercevoir l’objectif à travers une grande brèche creusée par un précédent tir de mortier. Elles furent deux à se jeter simultanément sur les cibles. Emma prit la direction du petit abri où se trouvait le premier détonateur tandis que Hortense sauta à travers le mur en ruine, évitant une étagère déglinguée – parce que les coins, ils ne sont pas en mousse. Un instant, elle se sentit voler. Et puis non.

Les lois de la gravité lui rappelèrent la dure réalité du sol. Elle retomba dans le désordre de son grand corps. Son poignet vrilla.

A son retour à la maison, elle avait passé une super journée à l’Escape Game pour l’anniversaire de sa copine. Elle avait mal au poignet, une grande éraflure sur le tibia et plein d’aventures à raconter.

Passage aux urgences pour s’assurer qu’elle n’avait rien de bien méchant. Quand on lui demandait comment elle s’était tordu le poignet, elle répondait invariablement, sourire aux lèvres, la Seconde Guerre Mondiale.

Elle est passée rapidement. Les urgences étaient assez clairsemées alors que j’avais prévu de quoi nous occuper pendant des heures. Là, un jeune homme qui était tombé de cheval. Clavicule douloureuse. Ici une dame qui s’était mal réceptionnée au Trampoline Parc. Cheville tordue. Ou encore, un petit footballeur toujours en tenue, suivant sa maman en boitillant. Les bobos du dimanche.

Rien de grave pour Hortense. Elle a gagné une semaine d’attelle. Heureusement, c’est le poignet gauche. Même pas besoin de dispense de sport. Ce qui ne lui aurait pas déplu pour éviter la course d’orientation dans le froid pluvieux de janvier aujourd’hui. Mais qui lui permettra de faire du ping-pong demain, d’aller à sa séance de badminton mercredi et de plonger samedi.

Elle vient de partir au collège. Elle va pourvoir partager sa Seconde Guerre Mondiale avec les copines et les copains.

Ambiance lendemain de fête

Le soleil se coule dans les courbes des grands verres à vin sur la table, illumine les feuilles des fleurs dans le vase et crée des jeux de d’ombres dans les rideaux. Dehors, quelques chants d’oiseaux. Un enfant passe joyeusement dans la rue. Hortense est partie à l’anniversaire d’une amie. Olivier et Eglantine sont encore dans leurs lits.

Même les chats, rassasiés et sereins, dorment dos-à-dos sur le gros édredon de nos soirées télé hivernales.

L’horloge égrène les minutes dans une douceur moelleuse. La matinée tire à sa fin mais rien ne presse. Ma tasse de thé est posée sur la table basse. Lovée dans le canapé, je commence un livre.

La fractale du chou romanesco

Quand Cendrillon ou Blanche-Neige s’endorment, il faut attendre la venue du Prince Charmant pour qu’elles rouvrent les yeux. Eglantine, elle, se ragaillardit avec les maths. Et je ne parle pas de quelques énigmes mathématiques amusantes pour se changer les idées. Non. Pour récupérer, Eglantine a suivi un mooc de Polytechnique sur les probabilités.

Il s’agit de calculer ses chances de battre Djokovic en fonction de la probabilité de marquer un point. Ce sont des maths avec plus de lettres que de chiffres et des formules à rallonge. Elle a pris un carnet spécial pour y noter ces cours supplémentaires. Elle a d’abord réfléchi au brouillon en suivant les vidéos présentées par les Polytechniciens et les indices distribués au fil de la leçon pensée par les professeurs de la prestigieuse école.

Finalement, elle a absolument tout compris et s’est bien amusée. A tel point qu’elle me disait cet après-midi, un sourire enthousiaste illuminant son visage, « j’ai limite envie d’écrire un algorithme python pour calculer tout ça ». Oui, oui, oui…

Samedi dernier, le professeur qui la suit depuis plus de trois ans pour ses douleurs et sa fatigue chroniques, me demandait ce qui m’étonnait le plus chez Eglantine. J’ai eu bien du mal à répondre parce qu’Eglantine a toujours été pour moi un étonnement permanent. Quand je l’écoute me parler de maths ou de chimie, quand je vois la somme des connaissances qu’elle engrange, clouée au fond de son lit, je suis bluffée.

Sa prochaine leçon ? Les fractales. Croyez-le ou non, les fractales peuvent être très artistiques et franchement hypnotisantes. Si je vous dis que le chou romanesco est une fractale, peut-être serez-vous aussi épatés que moi. Heureusement, tout de même, elle a son père qui partage les mêmes passions scientifiques et à qui elle peut se frotter pour mettre un peu à l’épreuve ses acquis.

Si son corps a besoin d’un rythme adapté pour tenir la longueur, son cerveau, lui, a un insatiable appétit. Les Promenades mathématiques de Polytechnique la ressourcent autant qu’une balade en forêt. Heureusement, elle n’a pas besoin que je comprenne tout ce qui la fait vibrer. Et elle sait comment me rallier à son intérêt matheux. La beauté, la magie du monde.

Ce qui ne signifie pas que je n’ai rien à lui transmettre. Ainsi, alors que nous rentrions de sa séance d’ergothérapie cet après-midi, elle regrettait qu’un rayon de soleil ne vienne pas illuminer les champs d’un vert tendre et les nuages aux belles nuances de gris mauves biffés par de grands pylônes électriques. « Ca aurait fait une belle photo. » Cet art de voir la poésie du monde à travers les couleurs du quotidien, c’est grâce à moi. Bouffée de tendresse et d’émotion quand elle m’a dit ça.

Notre espoir aujourd’hui est de réussir à l’accompagner vers son autonomie, qu’elle puisse construire sa vie, quelle qu’elle soit, et quels que soient les chemins de traverse qu’elle devra emprunter à cause de sa santé.

Baisse de régime

Eglantine adore la chimie, s’enthousiasme pour les mathématiques, se passionne pour les sciences de la vie et de la terre, en pince pour le débat philosophique et se détend même en anglais.

Cette première année de Terminale, avec un emploi du temps allégé grâce à un étalement d’épreuves sur deux ans, se déroule vraiment très bien. Tous les jours, quand je la ramène en voiture, elle me raconte ses cours avec enthousiasme. Je ne comprends rien, ne retiens rien de tous les termes scientifiques qu’elle manie sans hésitation mais je participe activement à la conversation.

Elle reformule ainsi les nouvelles notions apprises durant la journée et vide sa tête de tout ce qu’elle a emmagasiné. Son enthousiasme est communicatif. J’aime énormément l’écouter.

Ce soir cependant, elle était au bord de la crise de larmes. Écrasée de fatigue. A bout de force. On croise les doigts pour qu’elle récupère rapidement.

Elle va beaucoup mieux, mais le chemin est encore long avant qu’elle trouve un équilibre.

Le lama qui crache sur un lotus poussant dans un pédiluve

Hortense a reçu pour Noël un nouveau jeu de société, Esquissé. Il s’agit d’une sorte de téléphone arabe croisé avec un Pictionary.

Chaque joueur note le mot qui lui a été attribué sur un carnet avec un stylo effaçable. Il passe le carnet au joueur suivant qui, lui, dessine le mot ou l’expression en question. Les carnets passent donc de joueur en joueur tous en même temps.

Au tour suivant, chacun doit écrire le mot ou l’expression qu’il devine à partir du dessin réalisé au tour précédent. Enfin, comme nous jouons à quatre, le dernier joueur écrit le mot ou l’expression qu’il pense être correcte.

Un mot, un dessin, un mot, un dessin, un mot.

Il s’agit à la fin de vérifier si le premier et le dernier mots sont identiques. Parfois, les expressions voyagent. Ainsi médaille d’or devient champion olympique pour redevenir médaille d’or par une heureux hasard des associations d’idées du dernier joueur.

D’autres fois, l’expression finale n’a ab-so-lu-ment rien à voir avec celle d’origine. Ainsi péter dans le bain est devenu un lama qui crache sur un lotus poussant dans un pédiluve. Voilà, voilà… Le quiproquo est né d’un robinet vite esquissé qui ressemblerait à une brebis.

Nous avons tellement ri que l’expression est désormais inscrite dans notre légende familiale.

Comment apprivoiser un chat

Plutôt pas mal cette petite journée de vacances en rab avant la reprise. Pour Hortense, ça a été l’occasion de terminer ses devoirs. Et de se rendre compte que, si je la houspille aussi souvent pour qu’elle se mette au travail régulièrement, c’est que nous souffrons, elle et moi, du même travers : une forte propension à la procrastination. Cet art subtil de repousser à plus tard.

Dans notre imaginaire, le temps s’étire à l’infini, accueillant sans réserve tous nos projets, toutes nos envies et toutes nos obligations. Il sera donc toujours temps de faire ça plus tard, se dit-on in petto face aux contraintes. Mais les dates limites dressent invariablement leurs herses acérées dans le moelleux de nos rêves d’infini, provoquant boules d’angoisse et sueurs froides.

Hortense a eu par le passé quelques rentrées difficiles, réalisant la veille au soir qu’un devoir n’était pas fait ou une leçon non apprise. Une fois, ce fût le matin même qu’elle réalisa qu’elle avait une évaluation qu’elle n’avait pas préparée.
Alors, je m’assoie avec elle autour de la grande table de la salle à manger. Je la laisse travailler à son rythme. Je suis disponible si elle a besoin de moi mais je lis ou écris de mon côté sans la déranger. Je lui demande juste si elle est certaine de ne rien avoir oublié.

Aujourd’hui, elle m’a avoué, après avoir terminé ses devoirs, qu’un poids venait de la quitter. Je voyais très bien ce dont elle parlait. Elle s’est serrée contre moi, rassurée de ne pas être seule à connaître cette culpabilité de la procrastination.

J’ai profité de ce moment de proximité pour relancer le sujet de la lecture. Hortense a toujours son caractère de chat à qui il ne sert à rien d’imposer quelque chose. J’aimerais qu’elle lise autre chose que ses mangas et ses webtoons. Qu’elle s’intéresse un peu au monde qui l’entoure. Alors, j’ai allumé mon ipad et affiché le dernier numéro de Topo. J’ai l’habitude d’acheter ce magazine chez le libraire et plusieurs anciens numéros traînent à la maison. Il traite de sujets d’actualité et de société très divers sous forme de bandes dessinées et se destine aux moins de 20 ans (mais on ne meurt pas instantanément si on le consulte après cet âge).

Je sais qu’Eglantine le lit avec plaisir mais Hortense m’a confirmé qu’elle ne le feuilletait jamais.

J’ai entamé un article sur le Qatar. Hortense n’était pas intéressée. Puis j’ai senti son regard se poser sur les dessins et les textes. Petit à petit, elle s’est plongée avec moi dans le reportage. Il faut reconnaître que le format BD de ce magazine est vraiment propice à la lecture.

Finalement, après le dîner, elle a terminé seule la lecture de l’article sur le Qatar et lu le sujet suivant dans la foulée.

Que ces instants sont précieux, ceux où l’on sent que la patience porte ses fruits, que bienveillance et compréhension apportent plus qu’obligations et contraintes. Et où l’armure de l’adolescente en pleine affirmation de soi laisse passer tendresse et complicité. De l’art d’apprivoiser un chat.

Le gratin de pêches d’Hortense

Découvrez le gratin de pêches d’Hortense. des pêches, du miel, de l’eau de fleur d’oranger, des pignons de pin, des amandes en poudre, de la gourmandise et beaucoup d’amour.

Il est encore possible d’acheter des pêches sur le marché. Ce sont les dernières de la saison. J’avais choisi des pêches jaunes à la peau douce et veloutée pour la recette d’Hortense. Elle l’avait repérée dans un de ces magazines de cuisine qu’elle aime feuilleter le soir dans son lit.

Pendant que je préparais le dîner, Hortense a entrepris de couper les pêches en quartiers. Les fruits étaient bien mûrs et elle n’a rencontré aucune difficulté à séparer la chair du noyau. Elle a réparti tous ses morceaux de pêche dans un grand plat à gratin ovale.

Puis elle a fait fondre à feu doux du miel et de la fleur de d’oranger dans une petite casserole. Elle n’a pas cessé de remuer jusqu’à ce que le mélange soit bien liquide. Elle l’a alors versé dans le plat en contrôlant que toutes les pêches étaient bien arrosées.

Enfin, elle a réparti des pignons de pin et des amandes en poudre sur ses fruits avant d’enfourner le plat. Le four était préchauffé à 180°. Elle a laissé cuire son gratin pendant 20 minutes.

Le résultat était délicieux, un mélange délicat des différents goûts, une ensemble très doux relevé par l’eau de fleur d’oranger.

Hortense n’a que 11 ans, mais elle s’affirme en cuisine. Pour notre plus grand plaisir !

Le gratin de peches d’Hortense

Envole-toi !

Aucune amélioration pour Eglantine en ce mois de mars. Mon Petit Oiseau ne vole pas. Pourtant, partout, la vie renaît dans des pépiements joyeux.

Et puis il y a la rentrée des vacances d’hiver. Ce moment où le temps s’accélère, où vient l’heure des comptes et du ménage de printemps. Ca y est, nous sommes en mars.

Dès janvier, c’était la rechute. La première absence au lycée ? Il y a un mois et demi. Seulement trois semaines après sa rentrée dans ce nouvel établissement. Auparavant, sept mois d’hôpital et deux semaines de vacances à Noël. Les douleurs d’Eglantine ont commencé depuis plus de deux ans. Nous sommes dans la troisième année.

Les comptes ont quelque chose d’effrayant. Ils ensevelissent toute trace d’espoir, ils sont lourds comme du plomb.

Où est passé février ? Caché sous les piles de certificats médicaux justifiant les absences. Allez, je vous en remets une semaine ? On ne va pas faire dans le détail. Après tout, c’est les soldes. L’énergie d’Eglantine s’est figée dans la neige qui a si bien tenue cette année.

Les vacances représentaient un dernier espoir, ténu comme les crocus qui pointent au cœur de l’hiver. Ajouter une semaine au grand air au bout du bout de la Bretagne n’allège pourtant pas les comptes. On ne compte plus les heures passées au fond de son lit. Dans les bons moments, elle s’allonge sur le canapé pour être un peu avec nous.

Le professeur A. constate. Il a beau être plus optimiste que nous, les comptes plombent. Mais Eglantine croit en cette rentrée de mars. Elle veut aller au lycée. La semaine prochaine, sûr, elle pourra y aller.

Qu’est-ce qui pourrait évoluer en une semaine se demande-t-on. L’espoir est comme un grain de sable sur une plage. Il se glisse dans le moindre interstice, gratte la peau, se colle à la moiteur de l’angoisse.

Alternance covid, les élèves se succèdent en cours par demi-classes un jour sur deux. Eglantine commence mardi à 10h avec l’histoire-géo. Les leçons ont pris la poussière pendant les vacances. A peine a-t-elle réussit à terminer un devoir maison en mathématique et à esquisser le plan d’un commentaire de texte. Une dynamique renaîtra-t-elle si elle réussit à assister à nouveau aux cours ?

Mardi matin, elle a trop mal. Mais cet après-midi, vraiment, elle assistera au cours de maths. Vouloir, croire, et ne pas pouvoir. Encore.

Je ne la force pas. Je la récupèrerais peu après au bureau de la vie scolaire pliée en deux sur une chaise raide, la tête posée sur ses mains, blafarde, à moitié allongée sur la petite table des visiteurs.

Dans la rue, j’ai les larmes aux yeux quand je croise des ados bras dessus-dessous. Rires entendus, regards complices, cheveux chauffés par le soleil, premiers pas vers une indépendance toujours plus proche.

Mes chers parents je pars,
Je vous aime mais je pars,
Vous n’aurez plus d’enfant
Ce soir
Je ne m’enfuis pas je vole,
Comprenez bien, je vole
Sans fumée, sans alcool
Je vole, je vole

Il faut écouter Eglantine chanter cette chanson pour comprendre comme elle lui va bien. Petite voix douce qui caresse les mots en s’accompagnant au piano.

J’aimerais tellement que mon Petit Oiseau volette à nouveau. Comme ces mésanges qui peuplent gaiement les arbres du jardin alors que le mirabellier se pare de petites fleurs blanches.

Mars, le printemps, la vie qui renaît. Envole-toi !

Heures félines

Le matin, Maya partage un câlin avec Hortense. Avec moi, elle est nettement plus intéressée par mon petit-déjeuner.

Maya s’est installée sur mes genoux alors que je termine mon petit-déjeuner. Tous les matins, après avoir mangé ses croquettes, Django sort. Il utilise rarement la litière dans la maison. Il préfère la terre parfumée des jardins. A l’instar de tous ses congénères du quartier, il dépose régulièrement de petites surprises dans celui de la voisine. Et nous l’entendons râler copieusement aux beaux jours, quand ses petits-enfants marchent sur les nombreuses mines déposées par les chats.

Donc Django est dehors et Maya s’ennuie un peu. Le matin, elle est très joueuse. Elle commence généralement à asticoter Django quand il dort encore lourdement sur notre lit. Une joyeuse bataille s’engage et je les chasse au mieux pour qu’ils ne réveillent pas Olivier. Surtout en ces précieux dimanches de grasse matinée.

Django est dehors et il y a du beurre sur la table. Maya s’installe d’abord sur la chaise à côté de moi. Sa petite tête effilée pointe juste au niveau de la table. Rapidement, elle pose ses pattes sur le meuble défendu. Elle a compris que c’était interdit mais la tentation est trop forte. Ces miettes de pains et ce beurre tendre et odorant ouvert à portée de museau aiguisent sa gourmandise.

Je la repousse plusieurs fois. Elle tente une approche différente et se coule sur mes genoux en ronronnant. J’adore. Elle se laisse caresser en fermant les yeux de plaisir. J’exulte. Elle pose sa tête sur mon bras. Puis une patte. Puis deux. Et se hisse enfin dans une approche sans vergogne du beurre abandonné devant moi.

Je la repousse plusieurs fois. Elle se glisse dans mes caresses pour mieux tenter de nouvelles approches. Je profite de ce câlin intéressé. Quand je replie le beurre dans son papier, elle m’abandonne à la recherche d’un jeu dans le salon.

Pour les vrais câlins, il faut attendre l’après-midi. A l’heure de la sieste, à défaut de se laisser attraper, elle se laisse caresser. Si Eglantine se repose dans sa chambre, Maya s’installe volontiers à ses côtés.

Les câlins les plus sincères restent ceux qu’elle partage avec Hortense le matin. Quand je vais la réveiller, Maya me suit infailliblement. Elle bondit sur le lit, le laboure consciencieusement en ronronnant et finit invariablement par s’installer contre la tête d’Hortense. Encore immergée dans son sommeil, Hortense peut alors passer son bras sur la petite chatte et glisser son nez dans la douce fourrure de Maya. Ses rêves se fondent dans le félin devenu peluche et la réalité d’une nouvelle journée prend forme au coeur des ronrons veloutés.

Hortense et Maya au réveil

Le réveil idéal pour une jeune fille qui aime tant les chats.