Montmartre et Dali

espace_dali_paris_2015_03_blog-1Vite à la sortie de l’école nous nous dirigeons vers le Mac Do alors que les copines prennent le chemin de la Cour des pâtes. Cet après-midi, Hortense et moi partons faire une petite virée à Paris. Dans le RER, Hortense aime répéter le nom des stations que la voix enregistrée égraine sans relief. Metro Anvers. Passer le long de l’Elysée Montmartre dévastée. Remonter la ruelle pavée au milieu des marchands de souvenirs. Alors que nous faisons un détour par le marché Saint-Pierre, Hortense rêve devant les tissus brillants du rayon des déguisements. En bas des escaliers qui montent au Sacré-Cœur, le manège est silencieux. Il se met en route pour Hortense, juchée sur un cheval au premier étage, sous le toit. Le manège est à elle. Elle tourne au rythme de ses rêves.

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Magie du funiculaire et découverte de Paris vu d’en haut. La ville s’étale dans une légère brume laiteuse. Le soleil pointe. Les manteaux se portent à bout de bras. Avant de partir, un haut-parleur crache une musique rythmée. Tee-shirt de la Guinée et bonnet sur la tête, un jeune homme entame un numéro d’équilibriste avec un ballon de foot. Hortense ne le lâche plus des yeux. Les smartphones font des vidéos qui seront rapidement postées sur Facebook. Quand le footballeur équilibriste escalade le réverbère en faisant tourner le ballon sur un stylo qu’il tient dans bouche, Hortense n’en revient pas. Mais comment il fait maman ?!

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Elle serait bien redescendue par le funiculaire mais nous partons de l’autre côté. Place du tertre les pinceaux s’activent et Hortense aurait bien acheté un petit tableau avec une tour Eiffel rose à fleurs. L’espace Dali est encore désert quand nous y arrivons. Les montres molles prennent le temps de marquer l’esprit d’Hortense qui redessine dans son petit livret la fameuse moustache du peintre et quelques sculptures un peu étranges. Au milieu des œuvres du maître sont venus se glisser des artistes de Street Art, couleurs vives qui mettent en musique les pièces surréalistes.

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A la fin de la ballade, nous passons dire bonjour à mon ami Benoist qui tient une pharmacie non loin. Dans le RER qui nous ramène à la maison, Hortense regrette toutefois de ne pas avoir pu acheter une de ces tours Eiffel en métal qui brille, si possible rose.

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Retour au jardin

La lumière orange de la fin d’après-midi illumine encore le haut du cèdre. Une odeur de lilas flotte dans l’air. Le hamac a été sorti puis rentré, maintenant que l’ombre a gagné le jardin. Il a servi de balançoire à Hortense. Olivier y a pris son café pendant que je buvais le mien dans le fauteuil à bascule installé à côté. Nous avons déjeuné sur la terrasse. Assiettes de porcelaine blanche sur nappe à fleurs. Django reprend possession du jardin en même temps que nous. Il tend l’oreille vers le chant d’un oiseau caché dans les arbres, le froissement d’un sac en plastique dans un jardin voisin ou le klaxon d’une voiture au loin. Il est plus de 18h et je suis encore dehors, l’ordinateur sur la table de la terrasse, une tasse de thé fumant à côté de moi. Ma doudoune est accrochée mollement dans l’entrée.

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Dessins éphémères

Hortense s’est installée sur le tapis de sa chambre. Elle s’active au-dessus de son ardoise magique. Possibilités infinies de dessins éphémères. Dessins abstraits des jours de la semaine, nuages psychédéliques et châteaux merveilleux avec cachettes secrètes, créneaux et drapeaux. « Voici » me dit-elle en me montrant son dernier château. « Regarde les rideaux sont là ! »

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Judo

Eglantine se précipite dans son vestiaire alors que j’accompagne Hortense de l’autre côté du couloir à son cours de danse. Dès que mon petit rat a passé la porte de sa salle, je traverse le vestiaire filles du dojo 1 et rejoins ma grande en plein échauffement judoka. Elle rayonne, court joyeusement et retrouve avec plaisir Olivier et Jacques, forces tranquilles d’un sport qui relève d’un art de vivre, ceintures noires à la patience d’ange, professeurs passionnés.

Eglantine saute le plus haut possible à la corde à sauter avec sa ceinture blanche. Elle prend de l’assurance dans ses chutes, s’amusent des défis des petits combats et tente de mémoriser les noms japonais des prises qu’elle apprend.

Elle dégage pendant une heure une plénitude chargée d’énergie dont le spectacle ne me lasse pas.

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Une journée d’hiver

Mes malles se font la malle. Avec Nath-Nath et Kettie, mon abri de jardin se sépare sous la pluie des souvenirs d’une autre vie, celle de l’ancienne propriétaire. Quelques vieux livres d’enfants, des cahiers d’écriture et des morceaux de tissus. Des morceaux de bois, des pièces de jouets et du vieux plastique desséché. Nous trions, jetons et gardons aussi un peu. La petite voiture transportera bien une araignée encore accrochée à l’une de ces anciennes cantines militaires qui me prenaient tant de place. Seules trois d’entre elles, très abimées et fort rouillées attendent sous le grand cèdre le prochain passage des encombrants.

Dans un coin du jardin, les outils effrayants et bruyants de l’élagueur attendent dans un sommeil métallique le retour du petit homme qui a peur des chats. Les arbres deviennent des rideaux qui nous protègeront au printemps des regards des voisins. C’est beau.

Toute cette animation a fini de remettre du baume au cœur d’Eglantine qui s’ennuie ferme quand elle est malade à la maison. Deux jours sans les copines, elle tourne en rond. Elle voulait rire aussi avec les amies de maman. Les oreilles traînent et attrapent les conversations. Eglantine fait des démonstrations, magie de faire un nœud juste en croisant les bras.

Magie des vies qui se croisent, des imprévus et du temps perdu, des amis retrouvés ou découverts et de l’hiver qui crée l’intimité au creux des maisons.

Premier rdv à La Défense

La Défense. Grande dalle grise. Le soleil se reflète sans éclat dans les vitres aveugles des grandes tours. Pas de plan. A l’opposé de la Grande Arche où je suis sortie, je trouve enfin la tour Atlantique. Dans le long hall de marbre blanc, personne à l’accueil. Les immense plaques sur le mur m’indiquent que RM se trouve au vingtième étage. Prendre le bon ascenseur. Sur l’écran plat de la salle d’attente s’affichent des prénoms de toutes les couleurs. « Ils ont trouvé du travail ! ». J’ai rendez-vous dans une minute.

Danseuse étoile

Prendre rapidement le goûter en rentrant de l’école. Enfiler le collant et le body à la jupe légère. Nouer le cache-cœur. Épingler le chignon. Attraper les dernières mèches dans les barrettes. Retirer la doudoune dans le vestiaire. Enfiler les petits chaussons roses assortis à la tenue. Et tourner, tourner, tourner en attendant de se mettre en rang devant la porte de la salle quand la prof l’ouvrira.

Le carrelage blanc du vestiaire a la tristesse des hôpitaux. Ma petite danseuse, elle, virevolte dans la voie lactée de ses rêves.

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Maquillage

RER B. Elle ouvre sa petite palette Dior. Ses doigts passent rapidement de la boîte brillante à son visage. Les légères imperfections de la peau disparaissent rapidement sous ses gestes à l’habilité furtive. Elle s’essuie la main sur un mouchoir en papier blanc. Elle sort nerveusement des différentes poches de son sac un peu de poudre, du fard à paupière, de la crème pour ses mains. En moins de cinq minutes elle a le teint frais et les joues roses. Elle pose ses lunettes sur son nez et plonge dans son téléphone rouge.

Au cœur des amis

Délaissé le club photo du vendredi soir, même avec la perspective d’une alléchante galette. Nous avons rejoint plein d’anciens de Bucarest pour une dégustation des vins roumains et bio de Denis et Christine. Les Domaines Franco-Roumains ont été pour nous, admettons-le, un immense prétexte à retrouver ces têtes familières à Bucarest et que nous ne croisons que très peu depuis nos retours en France.

Puis samedi, dernier déjeuner de Noël-Nouvel-An-Galette pour rattraper le temps perdu avec des amis chers. Des copines d’Eglantine qui dorment à la maison. Jouer à Dixit à la lumière des lampes de poches dans la chambre, se jeter sur les matelas par terre depuis le lit pour des cascades de fous rires, pouffer dans les oreillers alors que le soleil se lève à peine, partager de folles parties de Minecraft sur les iPad. Les filles ont passé un bon week-end.

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Dimanche, on a tout annulé pour aller marcher. Comme quatre millions de personnes en France.

Jean Pautrot au Job booster Cocoon

Impensable de rater la réunion du vendredi. L’otite d’Hortense s’est calmée. Elle est à l’école. Je peux me rendre sereinement au Job Booster Cocoon où nous attend une magnifique surprise. Un invité passionnant. Jean Pautrot qui nous parle des compétences, à ne pas confondre avec les expériences. De l’art de les mettre en mots, de la manière de les présenter. Cet homme qui n’a jamais connu l’expatriation pour lui-même tient un discours limpide sur ce que nous vivons, qui nous sommes, nos attentes, nos besoins et nos petits travers. Recul et intelligence des propos, nous sommes captivées.

Une séance belle comme ce rayon de soleil qui transperce le ciel gris alors que je jette un œil par la fenêtre du RER.

PS : Jean Pautrot est Président du Cercle Magellan, coach pour expatriés et ancien DRHI d’EDF.