Soirée des 16 ans

Accueillir la première vraie fête de son ado peut être considéré comme un rite initiatique à part entière. Stressant, fatiguant, mais tellement de bonheur !

Pour ses 16 ans, Hortense voulait une fête. Pas un goûter, pas un dîner. Une soirée, une vraie, avec des lumières qui éclatent et du son qui explose. Elle avait fixé la date au début du printemps. Alors on a poussé les meubles, descendu l’écran de la télé, roulé le tapis, emballé les bibelots et branché la sono. Une grosse enceinte louée pour l’occasion reliée à un ordi où une bande d’ados festifs ont fait défiler leurs musiques préférées.

Oh le fuyard ! s’écriera un voisin en voyant revenir Olivier avec sa petite valise le lendemain. Nous nous étions réfugiés chez sa maman. Eglantine était restée dans son appart sur le campus. Soirée calme dont la principale animation a été de regarder passer les coureurs de l’Ecotrail Paris 80 km. Un flot de frontales sautillantes longeant la Seine au niveau du pont Mirabeau. Derniers efforts avant l’arrivée au premier étage de la Tour Eiffel.

Je suis rentrée à 1h du matin. Je tenais à ce que la soirée ne s’éternise pas toute la nuit, affronter sans tarder les éventuels problèmes. Beaucoup d’invités étaient déjà partis. Couvre-feus de bonne heure. Bac blanc dans les prochains jours. Restait une bonne dizaine de garçons et de filles chantant à tue-tête les tubes de leur jeunesse. Ceux qui ranimeront leurs plus beaux souvenirs quand ils les entonneront à quarante ans et que leurs enfants les regarderont désabusés.

La musique s’est tue un peu avant 2h du matin. Le salon était un champ de confettis colorés et de gobelets abandonnés. Ne restait plus que le petit groupe qui dormait à la maison, soudé dans cet irrésistible besoin de rester dans l’ambiance magique qui les avait unis toute la soirée. Assis en brochette sur le canapé, ils ont repassé en boucle les meilleures vidéos, prolongeant les rires et la camaraderie heureuse. Top départ de courses folles dans la rue – avec quelques chutes. Escalade du grand cèdre dans le jardin – sans chute, ouf. Répliques cultes. Feu d’artifice des bougies devant le visage radieux d’Hortense. Et toute une série de selfies de groupe.

J’ai ramassé le plus gros du désordre avec un balai et une balayette, laissant traîner mes oreilles, craignant que l’aspirateur n’effraye cette faune adolescente exceptionnellement proche. Nous avons glané les derniers échos de la fête au déjeuner du dimanche avec un ami d’école d’Olivier venu récupérer sa fille et une cousine d’Hortense. Ça gloussait encore. La fatigue n’avait pas tout éteint.

Pour ses 16 ans, Hortense a eu sa fête. Et nous avons survécu. Elle a hâte de recommencer. Nous, un peu moins. Mais être parent, c’est avoir un peu l’âme de l’Agence Tous Risques. Et j’adore quand un plan se déroule sans accroc…