Centre commercial un vendredi de janvier. Fin d’après-midi. Garer la voiture sur un parking gris au milieu des voitures mouchetées de neige fondue, sales, boueuses.
Fermer la portière et être saisie par le ciel. Quelques nuages aux teintes mauves derrière lesquels transparaît la soleil. La ligne à haute tension qui accompagne l’énergie des derniers rayons. Les silhouettes des arbres qui dansent dans l’ombre, leurs branches tendues vers les nuées, comme les bras de danseurs en transe à la fin d’une fête.
Un ciel de banlieue et c’est tout un monde qui se découvre.
Pour l’épiphanie, j’ai testé la galette des rois aux pommes. Certains crieront au sacrilège mais, moi, je n’ai pas grandi à la frangipane. Dans mon sud-ouest natal, c’était la couronne briochée aux fruits confits qui était la reine. Si bien que je suis très ouverte aux variations de galettes.
Ingrédients :
2 pâtes feuilletées 3 pommes pour la garniture Environ 500g de compote de pomme 1 cuillère à soupe de farine 4 cuillères à soupe de sucre 1 jaune d’oeuf
Recette :
Préchauffez le four à 180°.
Étape 1 :
Étaler une pâte feuilletée sur une plaque de cuisson. Mélanger une cuillère de sucre et une cuillère de farine et l’étaler sur le fond de pâte.
Étape 2 :
Répartir la compote de pomme en laissant de l’espace sur les bords (environ 1 cm). Mettre la fève.
Étape 3 :
Éplucher les pommes et les couper en fines lamelles. Disposer les lamelles de pomme sur la compote. Saupoudrer 3 cuillères à soupe de sucre.
Étape 4 :
Délayer le jaune d’œuf avec une cuillère à soupe d’eau. Mouiller le bord de la pâte avec l’oeuf délayé. Recouvrir avec la deuxième pâte feuilletée. Souder les bords en appuyant dessus avec vos doigts. Consolider la fermeture en écrasant les bords avec une fourchette.
Étape 5 :
Faire une cheminée au centre de la galette en prenant soin de ne pas transpercer la pâte du dessous. Ça permettra à la vapeur de s’évacuer pendant la cuisson. Strier la pâte avec la pointe d’un couteau en prenant garde de ne pas transpercer la pâte. Dorer la pâte au pinceau avec le jaune d’œuf.
La pleine lune est envoûtante. Elle aimante et fascine. Diffusant sa lumière blanche sur les nuages moutonnant autour d’elle, le rond éclatant me subjugue.
La photo, prise avec mon téléphone, n’est pas de très bonne qualité. Mais j’espère réussir à partager cette douce magie nocturne .
mélancolie blanche sur les branches décharnées Vénus de la nuit
Hortense et son amie s’emparent des balançoires alors que le collège est fermé ce lundi.
La photo du lundi
Une journée de vacances en plus. Le collège est fermé ce lundi pour cause de journée pédagogique. Le parc est clairsemé. Quelques lycéens musardent, des lecteurs s’égrainent sur les bancs ensoleillés, Hortense et son amie Camille s’emparent des balançoires.
Leurs ombres vont et viennent sur le sol alors que leurs rires résonnent sur le ciel limpide.
La photo du lundi trouve son inspiration dans une plume tombée dans l’herbe.
La photo du lundi
Choisir le noir et blanc au lieu du vert lumineux de l’herbe baignée de rosée, les nuances de gris, c’est focaliser l’œil sur la texture de l’herbe et la douceur de la plume. Lignes végétales courbées sous le poids de gouttelettes aériennes. Nid aquatique d’une plume dormant dans le calme d’un matin d’hiver où tout, pourtant, ébruite le printemps. Poésie duveteuse des panaches épars, accrochés aux branches conifères et jonchant les herbages perlés.
La plume naïade distille sa poésie. Harmonie des sous-bois où pépient les premiers oisillons.
Mêler lecture et peinture et voyager dans les couleurs.
J’ai toujours au moins trois livres en cours. L’un, classique, en papier, petit ou grand format, dans les pages duquel je me plonge avec le plaisir sensuel du doigt qui tourne les pages. Un autre sur ma liseuse électronique que je lis le soir avant de m’endormir ou au milieu de la nuit quand une insomnie me réveille. Le dernier est un livre audio qui me distrait des inéluctables besognes du quotidien. Il accompagne aussi régulièrement mes séances de peinture.
La semaine passée a été l’occasion de marier mes lectures et ma peinture. La papeterie Tsubaki de Ito Ogawa est un ouvrage au rythme lent. Popo écrit des lettres pour les autres, elle est écrivain public. Son art ne réside pas seulement dans les mots mais aussi dans l’encre qu’elle choisit ou encore le papier, le stylo ou la plume qui vont donner tout leur sens au message. Elle est surtout calligraphe. Elle a appris cet art avec sa grand-mère, l’Ainée, qui l’a élevée de façon très rigoureuse, dans la papeterie familiale.
Le livre glisse au fil des pages comme un pinceau sur une feuille blanche. Doucement, tendrement, dans un mouvement souple et ample. Une fleur revient souvent, l’hortensia. Ceux dont Mme Barbara, la voisine, ne coupe pas les fleurs fanées à la fin de la saison.
« A Kamakura, c’est bientôt la saison des hortensias. Mais les hortensias ne sont pas seulement des fleurs aux jolis pétales (des sépales, en réalité), comme je l’ai découvert.
C’est la voisine, Mme Barbara, qui me l’a appris.
Elle n’a pas coupé les fleurs cet été, ses hortensias sont restés sur pied tout l’hiver.
J’avais toujours trouvé les fleurs d’hortensia fanées terriblement tristes. Mais non. Elles aussi sont belles et fraîches. Les feuilles, les branches, les racines et même les endroits grignotés par les insectes, tout est beau, je l’ai compris. »
Ceux aussi d’un temple de la ville.
« Mais pour être honnête, l’été, c’est la morte-saison pour la papeterie Tsubaki. Non seulement pour la boutique, mais pour Kamakura dans son ensemble. Les visiteurs se font rares. Il y a un peu d’animation autour de la gare, mais la plupart des gens vont à la mer, du côté de Yuigahama et de Zaimokuza.
Il y a aussi moins d’endroits à visiter ; même le temple Meigetsu-in de Kita-Kamakura, réputé pour ses hortensias, les coupe tous dès le mois de juillet. En plus, comme il fait terriblement chaud, cela décourage sûrement les touristes. »
Curieuse, j’avais envie de connaître ce temple, de lui donner une réalité physique. J’ai googlelisé son nom en y associant les hortensias. Et j’ai effectivement trouvé de très belles photographies de l’endroit, avec des allées bordées de fleurs exubérants. Inspirée par l’une de ces photos, j’ai décidé de peindre ce tableau.
La Japonaise et les hortensias – Acrylique sur papier toilé – 38x52cm
Pendant ce travail, j’écoutais 1Q84 de Haruki Murakami. Le livre 1. Là encore, le rythme de l’histoire est assez lent. Les personnages prennent leur temps, leurs émotions ne nichent dans l’entrelacs élastique des mots. Un tempo idéal pour peindre une Japonaise en kimono devant un mur d’hortensias.
La touche finale ? Mon livre papier, Rien n’est noir de Claire Berest. L’histoire de Frida Khalo contée à l’ombre des couleurs. Les fêtes, les douleurs, les colères, les amours et, surtout, Diego, le peintre ogre qui mange la vie en riant.
Je n’utilise jamais de noir dans mes peintures. Je ne travaille qu’avec les trois couleurs primaires et le blanc. Rien n’est noir. Et pourtant, la lumière ne peut jaillir que de l’ombre.
Effet miroir des platanes au Parc de Sceaux – Photo du lundi
Froid mordant de l’hiver. Le ciel est bas, gris, terne et monotone. Et ce blog peine toujours à vivre. Et si je reprenais la photo du lundi ? Car, ce ne n’est pas parce que je ne poste pas sur la Tasse de Thé que j’ai arrêté la photo.
J’ai même reçu un super iPhone 12 Pro pour Noël (oui j’ai été SUPER gâtée !) avec lequel je m’amuse beaucoup. Alors, je reprends mes partages de photo ici chaque lundi.
Pour commencer, une photo prise dimanche au Parc de Sceaux dans les allées de platanes dénudés. Il suffit de lever la tête pour se perdre dans des arabesques végétales brusquement rompues par le vide central en large ligne droite.
Effet miroir – Parc de Sceaux – 24/01/2021
On m’a expliqué qu’on nomme timidité le phénomène qui empêche les arbres de mélanger leurs houppiers. Chacun respecte le houppier de l’autre et ne développe pas ses branches en direction des autres arbres.
Ici la timidité n’est pas naturelle. Elle est entretenue par les élagueurs qui taillent les houppiers des platanes en cubes réguliers dans un objectif esthétique.
Confinement oblige, je cuisine encore plus que d’habitude. Les premières semaines, je ne sortais même pas pour aller à la boulangerie. Puis mes réserves de farine et de levure boulangère s’amenuisant sérieusement, j’ai recommencé à acheter du pain frais.
Je participe à un groupe de cuisine sur WhatsApp. Nous échangeons des recettes afin de varier les plaisirs gustatifs quotidiens et d’éviter le retour trop régulier du jambon-purée. Je teste ainsi fréquemment de nouvelles recettes et recherche des façons différentes de cuisiner les légumes de saison.
Ces nouveautés deviennent les classiques du moment. Ainsi le risotto aux asperges vertes, citron et amandes qui ravit tout le monde. Jamais de reste ! Même si les restes ne sont pas vraiment un problème. Dès que les bacs se multiplient dans le frigo, nous faisons un dîner en mettant tout sur la table et chacun pioche ce qu’il veut. Un peu comme des mezzé.
Ainsi, nous ne sommes pas encore au zéro déchet mais nous avons bien progressé dans la diminution de nos ordures. Ce qui passe notamment par une bonne gestion de la nourriture. En ce qui concerne les légumes, je remplis le bac à compost avec les épluchures.
Je n’ai pas encore essayé d’utiliser les pelures de carottes. Mais aujourd’hui, j’ai décidé de cuisiner quelque chose avec les fanes de mes radis. Mixées avec de l’huile d’olive et un peu de sel, elles ont donné un pesto d’un vert printanier à l’odeur acidulée légèrement piquante. La base de ma nouvelle recette de pain feuilleté au pesto de fanes.
Autant dire que les nez se sont tordus à l’évocation de l’ingrédient phare de ma recette. Mon homme et mes filles n’étaient pas fans de mes fanes. Finalement, jambon-purée c’est bien aussi, non ?
Cependant tous les a priori ont été balayés quand nous avons goûté le fameux pain. Une pâte moelleuse, un peu fondante grâce à la mozzarella et un goût frais proche de l’ail des ours. Avec un bon velouté de légumes, ce fût un dîner à la fois simple et original. Un nouveau classique de la maison ?