Sauts sur canapé

Elles partent en courant chacune leur tour depuis l’entrée. Elles se jettent sur le canapé qui, ayant perdu son angle faute de place, se prête à toutes leurs roulades projetées en avant.

Les jambes passent par-dessus tête. Mais voilà qu’Hortense reste coincée au milieu de sa roulade arrière. Elle s’étouffe de rire. Eglantine vient rapidement à sa rescousse. Les cheveux s’ébouriffent, les couettes se délient, les rires succèdent aux encouragements. « Regarde ! Regarde ! »

Papa voudrait un peu de calme. Il rend les armes sous une attaque de câlins.

J’ai pitié. J’emmène les filles à la cuisine. Atelier pop cakes.

Une marraine so british

Les Anglais l’appellent Vi, pour Hortense c’est Tata Vero, sa marraine qui habite à Londres. Une certain esprit décalé que l’on retrouve dans sa carte de vœux ouverte aujourd’hui. Nous adorons ! Promis, en 2015 nous allons passer un week-end chez elle.

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Sous les lumières de la grande verrière

Grandes voutes de métal et de verre, le toit du Grand Palais est à lui seul tellement magique et parisien ! Patins oranges aux pieds, casques assortis à défaut d’être esthétiques pour protéger les filles lors d’éventuelles chutes, nous nous lançons sur la glace de la patinoire éphémère qui s’est installée sous les lignes fines de la plus belle verrière de Paris.

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Quand la nuit tombe, les lumières se mettent à scintiller en milliers de paillettes colorées. Rouge, bleu, rose, violet, les tonalités changent, la boule à facette joue les soleils artificiels au milieu de la voûte étoilée.

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Petit à petit Hortense prend confiance et lâche nos mains. Églantine accélère. Dernier tour avec elle, j’ai du mal à la suivre au milieu de la foule qui se densifie. Elle est allée puiser au bout de ses forces pour profiter de cette patinoire exceptionnelle. Elle s’endormira dans la voiture à peine engagés sur les Champs-Élysées.

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Fêtes et retrouvailles

Tout le monde dort encore. Seul Django me tient compagnie, couché en travers du bureau pendant que j’essaye d’accéder au clavier. Il faut rattraper les courtes nuits de réveillons, l’excitation des fêtes, les trajets en voiture et les joyeuses retrouvailles.

Pour Eglantine, tout a commencé au début des vacances. Margot et Yael à la maison. Il ne manquait plus que Clélie pour retrouver au grand complet la fine équipe du CP B de Bucarest. Pour nous, ça a été l’occasion de passer un bon moment en compagnie de nos amis, anciens de Bucarest ou fraîchement arrivés de Roumanie pour quelques semaines de vacances en France.

Puis la voiture s’est transformée en traineau 6-rennes, les cadeaux bien cachés dans le coffre. Nous avons pris la route de Cognac où Grand-Mère attendait ses petites filles pour décorer le sapin. Nous avons réveillonné en compagnie des tourteaux, huîtres et autres coquillages et crustacés délicieux en provenance directe de la criée de la Cotinière. Le père Noël n’a pas eu de mal à nous trouver et au matin, des montagnes de cadeaux attendaient les mains fébriles des petites princesses. Kapla, Playmobil et Lego ont envahi le salon de Grand-Mère.

Quelques jours à se faire chouchouter. Une visite à Bordeaux chez Mamie Yvonne et nous reprenions la route de Paris. Un café à Vouvray pour voir la famille et encore des retrouvailles près d’Orléans avec des Bucarestois en vacances en France. Cette fois, Eglantine et Hortense ont retrouvé Jeanne et Marie. Il manquait la plage, les tentes et l’eau chaude de la mer Noire. Soirée moules-frites pour faire durer ces retrouvailles qui nous rappellent combien nos amis nous manquent. Quand nous avons enfin éteint le moteur devant la maison, les filles dormaient toutes les deux profondément, des beaux souvenirs plein la tête. Elles ont à peine ouvert les yeux le temps de les mettre dans leurs lits.

La nouvelle année se fêtait à la maison. Dernières courses, canapé et fauteuils se sont bousculés. Minuit est arrivé l’air de rien. Amis et cotillons, 2015 a commencé en dansant. Pour la première fois, Eglantine et Hortense sont restées éveillées bien au-delà de minuit, soufflant dans les serpentins et les sarbacanes, les sourires jusqu’aux oreilles et les yeux au milieu de joues, des chapeaux colorés sur la tête.

01 janvier

Tout le monde dort encore. Django a délaissé le clavier pour s’installer sur mes genoux. Ma tasse de thé est presque terminée, Une dernière gorgée froide avant de mettre le point final de ce premier vrai article de 2015. Bonne année !

Infusion

La Cafetière, format papier.Mon homme a fait imprimer plus d’un an de ma Cafetière. Quelle émotion en feuilletant le livre ouvert de nos souvenirs ! Dix-huit mois de notre vie en Roumanie… Du coup je revois la Tasse de Thé sous un autre angle. Moins dépersonnalisé. Je reprends possession de la première personne. La vie est belle, avec ses nuances de gris et ses points noirs, mais surtout avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel qui se glissent dans les sourires du temps.

Nouvelle vie que ce retour en France. Il me faut du temps pour trouver ma place, mes marques et mon style. Une Tasse de Thé prend le temps d’infuser. Nul doute qu’elle va diffuser ses arômes avec autant de chaleur que ma bonne vieille Cafetière !

Illuminer ses rêves à Paris

C’est la cohue. Il faut jouer des coudes pour arriver à se faufiler jusqu’aux vitrines illuminées. toute la famille était motivée pour voir les décorations des Grands Magasins du boulevard Haussmann. Les filles étaient ravies de prendre le RER. Même si elles se bouchaient les oreilles quand l’alarme de fermeture des portes retentissait.

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Ils délaisseront les dernières vitrines pour bifurquer vers la Concorde et sa grande roue. La file d’attente est tellement longue que la nuit tombe quand ils montent enfin dans une nacelle. Les Champs brillent de mille petites lumières scintillantes. Les voitures jouent un ballet sans musique. Le phare de la Tour Eiffel veille sur les bateaux mouches. Les yeux des filles s’illuminent des couleurs des rêves.

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Traverser le jardin des Tuileries pour rejoindre le RER devant l’horloge du Mussée d’Orsay. Sautiller au-dessus de la Seine en caressant les cadenas. Jouer dans un labyrinthe géant et à la marelle sur les quais. Laisser les cernes se creuser et les têtes rouler sur les épaules de maman lors du trajet de retour.

Éteindre les lumières de la chambre. Fermer les yeux. Et s’endormir dans la voie lactée des illuminations parisiennes. Les filles avaient le sourire ce soir.

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Vers le travail

Elle se met un peu de fond de teint et du noir sur les yeux pour avoir la mine au diapason de son enthousiasme. Elle dépose les filles à l’école et se dirige tranquillement vers le RER. Quarante minutes plus tard elle sort sur le boulevard Haussmann dans la grisaille parisienne pour retrouver le Job Booster Cocoon. Qu’importe la pluie, le mal de tête ou sa Grande un peu malade, elle n’a pas raté un rendez-vous depuis deux mois qu’elle a commencé.

D’abord franchement paumée quand on lui demandait : « Ha tu cherches du travail ? Tu veux faire quoi ? ». Hmmmm. Comment dire… Un boulot génial, épanouissant, avec du temps libre pour ma vie de famille et si possible bien payé. Comment ça c’est la crise ?

Petit à petit, elle a pris confiance et commence à mettre en place un vrai projet pro. Mais chut, on attend un peu avant de développer que ça ait plus de consistance. En tout cas elle a même été contactée par une boîte de recrutement spécialisée dans le Web.

Si 2014 a été l’année de tous les changements avec le retour en France, 2015 s’annonce plein de promesses !

Vendanges heureuses au Clos du Bourg

Partir le vendredi en fin de journée dans la grosse vague de ceux qui quittent Paris à peine franchie la porte du bureau. Passer la nuit chez Grand-Mère avant de repartir au plus vite dans le vignoble bordelais pour nos premières vendanges au Clos du Bourg (http://www.closdubourg.com). C’était la dixième. Nous n’avions encore pu en faire aucune, regagnant à chaque fin de mois d’août notre pays d’accueil, la rentrée des enfants, la reprise des usines et la vie d’expat.

Cette année la date est réservée, bloquée, sauvée. Nous arrivons tout de même un peu tard. Le petit vignoble grand comme un terrain de rugby se trouve finalement assez loin des valeureuses vignes de Cognac au milieu desquelles vit Grand-Mère. Dans la fraîcheur dorée du matin, les vendangeurs sont au travail. Le patron surveille la qualité des grains récoltés. « Tu vois, ça, c’est pas bon. »

Les anciens, ceux qui savent faire, bref, les sages , expliquent aux nouveaux, aux p’tits jeunes. Bref, à nous .2014_09_vendanges-CdB-3059

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Hortense voudrait bien faire, « moi aussi ! ». Olivier l’aide à tenir le sécateur. Elle est enchantée. Elle ramasse par terre des morceaux délaissés de raisins fripés, des feuilles, quelques brindilles ou un petit caillou. Trésors qu’elle enfouit immédiatement dans son panier et qui rentreront avec nous à Paris.

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La remorque se remplit. Les enfants sont appelés à l’aide pour fouler le raisin. Les voilà en culottes, pieds nus dans les grains noirs dont le jus remonte entre leurs orteils. Ils s’organisent, rient, sautent et ne veulent plus quitter la remorque. Hortense n’est pas la moins fébrile.

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La récolte tire à sa fin. L’équipe des vendangeurs se réduit. Les plus courageux terminent les derniers rangs. Sous le préau la paella gigantesque finit de cuire. De l’autre côté de l’impasse, l’apéro s’organise à côté du séchoir à tabac. Boudin noir, ventrèche et autres spécialité locales délient les langues et les muscles. Le vin coule à flot. Da

ns le séchoir, les tablées se garnissent. Les couverts s’activent. Le repas est généreux, comme le patron, comme la région. Merci patron ! Merci la Baronne !

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Le soleil cogne. Des brassards anonymes permettent à Hortense de profiter de la piscine. En fin d’après-midi, les vendangeurs sèchent leur fatigue sur les transats pendant que les enfants plus ou moins grands jouent à la bataille navale.

Nous passons la nuit dans une magnifique chambre d’hôtes à quelques kilomètres. Le temps d’un au revoir à la maisonnée qui prend son petit déjeuner, d’embarquer des restes de paella, et nous reprenons la route de Paris.

Nous avons rendez-vous pour récupérer Églantine qui était à son tout premier week-end scout.

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Naissance d’une tasse de thé

Elle a acheté une carafe Brita. Comme des milliers d’autres français. Elle est bien décidée à boire l’eau du robinet. Mais elle a besoin d’un filtre. Comme pour à peu près tout dans ce pays qu’elle redécouvre après sa longue parenthèse. Elle verse l’eau dans la bouilloire, entend l’eau qui frémit, le claquement de la bouilloire qui s’arrête. Elle ouvre un sachet de thé, celui qui sent la Turquie, l’arrose d’eau chaude et regarde les volutes brunes s’échapper jusqu’au plus profond de la tasse. Elle s’installe devant son clavier, la tasse de thé fumante à côté d’elle. Elle n’a pas grand-chose à raconter, elle le sait bien, mais elle veut le faire avec beauté. Si possible.

Une tasse de thé vient de naître.