L’oral blanc de français

Quand des révisions bien organisées portent leurs fruits

Oral blanc de français

L’oral blanc de français, Hortense, y a travaillé pendant des semaines. Elle y a consacré une bonne partie de ses vacances. S’est organisée pour ne pas avoir à réviser pendant son séjour au ski avec son père. Nous l’avions rarement vu s’investir autant.

Des textes truffés de couleurs. Des mots surlignés, soulignés, entourés, pointillés. La Boétie, Flaubert, Marivaux et l’abbé Prévost disséqués à coup de feutres. Des fiches organisées en grandes idées colorées. Des accordéons de feuilles A4 se dépliant en fresques d’explications, de références et de concepts incontournables.

La veille, l’angoisse l’a envahie. Sentiment de ne plus rien savoir. Tentation d’apprendre par cœur pour que ses méninges cessent de s’embrouiller. Désir de caser toutes les belles phrases de la prof, celles qui sont si bien tournées qu’il semble impossible de les formuler autrement.

On enchaîne les parties de Dooble pour libérer son cerveau qui tourne en boucle sur le Discours de la servitude volontaire, L’éducation sentimentale et Manon Lescaut. Elle nous atomise. Ça la soulage.

Et puis une bonne nuit de sommeil. Les dernières heures avant l’épreuve, dans la matinée qui s’écoule trop lentement, ses mots à elle qui se libèrent. Je l’écoute me résumer tous ses textes. Parole fluide des sujets maîtrisés. Elle se rassure un peu.

Devant le lycée, elle retrouve les amis qui sont déjà passés. Rires sonores du stress, le sien qui monte en flèche, le leur qui retombe doucement.

Enfin, un message vocal sur le téléphone pour dire le soulagement de l’épreuve terminée et le bonheur des commentaires favorables de l’examinatrice.

Le prochain oral, ce sera le vrai, celui du bac. Pour le moment, elle relâche la pression avec ses amies. On parlera peut-être un jour des caleçons Calvin Klein…

Elle a retrouvé le sourire et son humour décapant.

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