Une étoile d’or dans les yeux

Olivier marche d’un pas soutenu. Hortense et moi courrons un peu derrière lui à la lueur des lampadaires. Nous entrons dans la rue de l’école. Hortense galope vers le groupe de parents déjà amassés devant les grilles. Les phares du bus apparaissent alors à l’autre bue de la rue. Nous sommes impatients de retrouver Eglantine  qui rentre de deux semaines de classe de neige. Trois lettres (dont la dernière arrivée ce matin), un petit mot et quelques photos sur le site de la mairie, nous sommes avides de nouvelles fraîches et abondantes. Eglantine est assise sagement vers l’avant du bus.  Plus qu’une vitre entre elle et nous.  Hortense trépigne de joie, fait de grands signes à sœur et tombe par terre d’excitation. Nos mains font des cœurs, s’envoient des bisous.  Nos visages s’étirent en sourires radieux.  Quand elle descend du bus, les deux sœurs s’étreignent passionnément. Plus qu’une paire de sourires. « Et alors ton étoile d’or ? » Nous n’en revenons pas. Trois semaines après son étoile de bronze, Eglantine  a décroché l’or.  

De retour à la maison, nous partageons un bon dîner tous les quatre. Tornade de joie, avalanche de paroles. Dégustation de miel.  Étalage de la quinzaine de cartes qu’elle a reçues. Histoires de bobos.  Histoires de rencontres.  Histoires de partage. Eglantine compose sa vie comme on chante une chanson, en chœur et en solos. Ce soir nous sommes l’orchestre qui a retrouvé son premier violon. 

La porte de sa chambre est fermée sur l’immensité de ses rêves. La lune n’éclaire plus son lit vide alors que je vais me coucher. Nos cœurs sont pleins.  

Montmartre et Dali

espace_dali_paris_2015_03_blog-1Vite à la sortie de l’école nous nous dirigeons vers le Mac Do alors que les copines prennent le chemin de la Cour des pâtes. Cet après-midi, Hortense et moi partons faire une petite virée à Paris. Dans le RER, Hortense aime répéter le nom des stations que la voix enregistrée égraine sans relief. Metro Anvers. Passer le long de l’Elysée Montmartre dévastée. Remonter la ruelle pavée au milieu des marchands de souvenirs. Alors que nous faisons un détour par le marché Saint-Pierre, Hortense rêve devant les tissus brillants du rayon des déguisements. En bas des escaliers qui montent au Sacré-Cœur, le manège est silencieux. Il se met en route pour Hortense, juchée sur un cheval au premier étage, sous le toit. Le manège est à elle. Elle tourne au rythme de ses rêves.

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Magie du funiculaire et découverte de Paris vu d’en haut. La ville s’étale dans une légère brume laiteuse. Le soleil pointe. Les manteaux se portent à bout de bras. Avant de partir, un haut-parleur crache une musique rythmée. Tee-shirt de la Guinée et bonnet sur la tête, un jeune homme entame un numéro d’équilibriste avec un ballon de foot. Hortense ne le lâche plus des yeux. Les smartphones font des vidéos qui seront rapidement postées sur Facebook. Quand le footballeur équilibriste escalade le réverbère en faisant tourner le ballon sur un stylo qu’il tient dans bouche, Hortense n’en revient pas. Mais comment il fait maman ?!

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Elle serait bien redescendue par le funiculaire mais nous partons de l’autre côté. Place du tertre les pinceaux s’activent et Hortense aurait bien acheté un petit tableau avec une tour Eiffel rose à fleurs. L’espace Dali est encore désert quand nous y arrivons. Les montres molles prennent le temps de marquer l’esprit d’Hortense qui redessine dans son petit livret la fameuse moustache du peintre et quelques sculptures un peu étranges. Au milieu des œuvres du maître sont venus se glisser des artistes de Street Art, couleurs vives qui mettent en musique les pièces surréalistes.

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A la fin de la ballade, nous passons dire bonjour à mon ami Benoist qui tient une pharmacie non loin. Dans le RER qui nous ramène à la maison, Hortense regrette toutefois de ne pas avoir pu acheter une de ces tours Eiffel en métal qui brille, si possible rose.

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Dessins éphémères

Hortense s’est installée sur le tapis de sa chambre. Elle s’active au-dessus de son ardoise magique. Possibilités infinies de dessins éphémères. Dessins abstraits des jours de la semaine, nuages psychédéliques et châteaux merveilleux avec cachettes secrètes, créneaux et drapeaux. « Voici » me dit-elle en me montrant son dernier château. « Regarde les rideaux sont là ! »

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Judo

Eglantine se précipite dans son vestiaire alors que j’accompagne Hortense de l’autre côté du couloir à son cours de danse. Dès que mon petit rat a passé la porte de sa salle, je traverse le vestiaire filles du dojo 1 et rejoins ma grande en plein échauffement judoka. Elle rayonne, court joyeusement et retrouve avec plaisir Olivier et Jacques, forces tranquilles d’un sport qui relève d’un art de vivre, ceintures noires à la patience d’ange, professeurs passionnés.

Eglantine saute le plus haut possible à la corde à sauter avec sa ceinture blanche. Elle prend de l’assurance dans ses chutes, s’amusent des défis des petits combats et tente de mémoriser les noms japonais des prises qu’elle apprend.

Elle dégage pendant une heure une plénitude chargée d’énergie dont le spectacle ne me lasse pas.

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Danseuse étoile

Prendre rapidement le goûter en rentrant de l’école. Enfiler le collant et le body à la jupe légère. Nouer le cache-cœur. Épingler le chignon. Attraper les dernières mèches dans les barrettes. Retirer la doudoune dans le vestiaire. Enfiler les petits chaussons roses assortis à la tenue. Et tourner, tourner, tourner en attendant de se mettre en rang devant la porte de la salle quand la prof l’ouvrira.

Le carrelage blanc du vestiaire a la tristesse des hôpitaux. Ma petite danseuse, elle, virevolte dans la voie lactée de ses rêves.

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Au cœur des amis

Délaissé le club photo du vendredi soir, même avec la perspective d’une alléchante galette. Nous avons rejoint plein d’anciens de Bucarest pour une dégustation des vins roumains et bio de Denis et Christine. Les Domaines Franco-Roumains ont été pour nous, admettons-le, un immense prétexte à retrouver ces têtes familières à Bucarest et que nous ne croisons que très peu depuis nos retours en France.

Puis samedi, dernier déjeuner de Noël-Nouvel-An-Galette pour rattraper le temps perdu avec des amis chers. Des copines d’Eglantine qui dorment à la maison. Jouer à Dixit à la lumière des lampes de poches dans la chambre, se jeter sur les matelas par terre depuis le lit pour des cascades de fous rires, pouffer dans les oreillers alors que le soleil se lève à peine, partager de folles parties de Minecraft sur les iPad. Les filles ont passé un bon week-end.

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Dimanche, on a tout annulé pour aller marcher. Comme quatre millions de personnes en France.

Drôles d’Oiseaux

Elle a les yeux tirés mais son petit sourire remonte au coin des lèvres. Après une nuit à hurler de douleur à cause d’une otite, elle se sent bien mieux ce matin et écoute Drôles d’Oiseaux en mangeant ses céréales. Le boa fait des bulles. Les éléphants ont des tutus roses. Vlad le petit vampire est végétarien. Et on croise un extraterrestre au petit déjeuner.

Sinon Hortense aime aussi Stromae et Allo les Blacks (Aloe Blacc).

Sans oublier l’album de la Reine des Neiges qu’elle accompagne à tue-tête !

Les flop-cakes

Les pop-cakes sont un jeu d’enfants. Les kits plus alléchants les uns que les autres pullulent dans les magasins de jouets. Nous en avons offert un à Eglantine qui aime faire la cuisine.

Dans la boîte, tout le matériel pour décorer pop et push-cake, les explications pour confectionner ces petites boules et plein d’idées colorées pour leur donner des airs de fête. J’ai lu le livret sans omettre une ligne. J’ai suivi les instructions à la lettre. Le flop. Au moment de planter les bâtons dans les boules, ces dernières se sont scandaleusement ruinées en miettes grossières dans le chocolat blanc fondu.

Vexée, j’ai fait une recherche sur Google ce matin : réussir ses pop-cakes. Conclusion, abandonner la méthode sans cuisson du kit d’Eglantine qui consiste à mélanger des gâteaux sec avec du fromage à tartiner pour confectionner ces petites boules. Investir dans un moule à pop-cakes dans lequel on fera cuire une pâte genre quatre-quarts. N’importe quelle pâte avec de la levure me dira le vendeur cet après-midi.

Deuxième tentative. Les boules que je sors du four sont splendides et les filles se sont bien amusées à préparer la pâte et à lécher les ustensiles. Nous plantons les bâtons dans les gâteaux avec un peu de chocolat blanc fondu pour augmenter l’adhérence et que la boule ne glisse pas sur le bâton. Parfait.

Pendant que les filles prennent leur bain, je veux commencer le glaçage, qu’elles n’aient plus qu’à finir les décors. Re flop. Les boules se détachent des bâtons dans le chocolat blanc consciencieusement fondu au bain-marie . Trop lourd, trop épais. Je n’arrive même pas à les recouvrir complètement.

En nous voyant dans la cuisine tout à l’heure, l’iPad ouverts sur des recettes de pop-cakes, la certitude bien accrochée en médaille sur ma poitrine que cette fois c’est la bonne, Olivier n’a pas pu s’empêcher de penser à la pub Google avec ce type qui veut glacer ses cup-cakes…

Je n’ai pas dit mon dernier mot. Demain je réussirai. Ou dans une semaine. Dans un mois ? Quand on aura retrouvé la boîte tout en haut des placard où je vais la refouler ? Ou je peux l’enterrer au fond du jardin et attendre que quelqu’un la trouve le jour où l’on creusera un trou pour enterrer le poison rouge que nous n’avons pas…

En tout cas les filles sont magnifiques avec leurs toques offertes par Grand-Mère à Noël. C’est déjà ça.

Et les flop-cakes ont quand même été engloutis au dessert.

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Sauts sur canapé

Elles partent en courant chacune leur tour depuis l’entrée. Elles se jettent sur le canapé qui, ayant perdu son angle faute de place, se prête à toutes leurs roulades projetées en avant.

Les jambes passent par-dessus tête. Mais voilà qu’Hortense reste coincée au milieu de sa roulade arrière. Elle s’étouffe de rire. Eglantine vient rapidement à sa rescousse. Les cheveux s’ébouriffent, les couettes se délient, les rires succèdent aux encouragements. « Regarde ! Regarde ! »

Papa voudrait un peu de calme. Il rend les armes sous une attaque de câlins.

J’ai pitié. J’emmène les filles à la cuisine. Atelier pop cakes.

Une marraine so british

Les Anglais l’appellent Vi, pour Hortense c’est Tata Vero, sa marraine qui habite à Londres. Une certain esprit décalé que l’on retrouve dans sa carte de vœux ouverte aujourd’hui. Nous adorons ! Promis, en 2015 nous allons passer un week-end chez elle.

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