Autour des vieilles bouteilles

Dîner à la maison. Enfourcher mon vélo pour faire les courses ce matin. Ranger la maison. Cuisiner à la cocotte pour être tranquille ce soir. Des fleurs fraîches sur la table. Des odeurs d’épices qui parfument la maison. Musique douce. Lumières tamisées.

Quand les copains arrivent, manteaux trempés, journée de pluies ; embrassades, petits cadeaux. Puis c’est parti pour les vieilles bouteilles. Grands noms. Camaïeux de rouges sombres, presque caramel pour un vieux Bourgogne.

Discussions croisées. Entrée, plat, fromages et au dessert, des galettes, parce que c’est encore la saison. Une fève reste sur la table à la fin du repas et une bouteille de Porto vintage 1987.

On secoue la nappe. Les oiseux mangeront les dernières miettes. On remplit le lave-vaisselle.

Les bougies terminent de se consumer. La musique berce les derniers relief d’un bon repas.

Une bonne soirée.

Les échos de l’expat

En dix ans d’expat, nous avons fait de belles rencontres. Donnant naissance à de profondes amitiés. Alors quelle joie de retrouver Aurore, Régis et leurs filles, Jeanne et Marie, juste avant que l’année ne termine !

En France pour les vacances,  ils sont venus d’Orléans pour le déjeuner. De les voir à la porte, déjà, nous avions les cœurs en fête. Les images anciennes jaillissent en surimpression. Les mêmes sourires, le même plaisir lorsqu’ils arrivaient chez nous à Bucarest.

Bien sûr les filles ont grandi et j’ai les cheveux gris. Mais le plaisir reste intact. La journée s’écoule tendrement. Ils nous manquent. Comme tous ces amis d’expat que l’on retrouve au gré des voyages des uns et des autres.

Eglantine aurait bien gardé son amie à dormir. Après tout, me rappelle-t-elle, la première fois que j’ai rencontré Jeanne, c’est parce qu’elle venait coucher à la maison. C’est vrai. J’avais oublié. Une soirée de l’afb. Elena gardait les filles à la maison. J’avais proposé à Aurore de laisser les siennes chez nous pour aller ensemble à la fête. Eglantine et Jeanne ne se connaissaient pas encore. Elles étaient toutes les deux en CP, mais pas dans la même classe. Nous venions d’arriver. Nous ne savions pas encore que de cette soirée naîtrait une si longue amitié. De cette soirée et de bien d’autres, de week-ends à camper sur la plage et de virées dans les Carpates…

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Coucher de soleil sur une plage de la Mer Noire – Roumanie

Les échos de l’expat ravivent les souvenirs qui sédimentent sous notre nouvelle vie en France. Ça me démange de programmer un voyage en Roumanie…

D’autant que ce soir je suis tombée sur un reportage d’Arte sur la Roumanie. Les astres se liguent, n’est-ce pas ?

A l’ombre des Carpates

 

Love and friendship

love_and_friendship_ver3Vera me propose une soirée ciné entre copines. Expérience oubliée depuis des années, je dis oui sans hésiter. Séance à 21h, les filles resteront à la maison avec leur papa. Je m’échappe dans la douceur d’une soirée pas si estivale. Svetlana, Vera et moi nous retrouvons au bout de la rue. Nous habitons toutes dans le même quartier. Copines de sortie d’école et voisines. Esprit pas très différent des rues avoisinantes du lycée Français que je fréquentais en expatriation. Vera est russe. Svetlana  bulgare. Hasard ou plaisir inconscient de garder un goût d’ailleurs ?

Nous allons voir Love and Friendship en VO dans notre cinéma de quartier, flambant neuf. Sièges rouges ou velours confortable, rangées espacées où déplier ses jambes et petites lumières au plafond rappelant un ciel étoilé. C’est la fête du cinéma, la place est à 4€.

Tellement enthousiaste à l’idée de cette soirée entre filles, je ne m’étais pas renseignée sur le film. Entrée immédiate dans le XVIIIè siècle de Jane Austeen. Aristocratie anglaise de province où la réputation de la sulfureuse Lady Suzan devance sa beauté calculatrice. Manipulatrice réaliste qui ne possède aucune fortune si ce n’est celle d’un époux. Veuve, cherchant à marier sa fille. Maîtresse d’un homme marié. Charme et cynisme. Accent british et humour qui tranche au coupe-papier, fin et délicat. Crises de nerf et pleurs ne sont pas acceptables. Il faut sauver la face et savoir rebondir, jouer des codes et carcans de la bonne société.

Je ne serais certainement jamais allée voir ce film toute seule, d’ordinaire peu attirée par les histoires de chassés croisés amoureux en costume. J’ai finalement beaucoup apprécié la légèreté joyeuse,  cruelle et ironique de ce film dans une campagne anglaise de carte postale.

Poissons d’avril et de papiers

Nous avons commencé en Turquie. Dessiner des poissons colorés sur des morceaux de papier. Y glisser des gages amusants. Ferrer des éclats de rire au crochet d’une canne à pêche vite bricolée pour l’occasion (ces cannes sont farceuses et se cachent d’une année sur l’autre, a fortiori après un déménagement).

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On invite les copines. Tout le monde essaye de se frotter le ventre en se tapant sur la tête. On crie, on saute, on chante et on danse. Eglantine et son amie Eloïse ont dessiné des poissons souples comme des algues qui semblent flotter au pied du bouquet de tulipes.

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Puis vient le temps du goûter, friture en sablés faite toutes ensembles à l’emporte-pièce juste avant le début de la pêche. Petits biscuits en forme de poissons vite avalés en croquant les oreilles des lapins en chocolat offerts par la Mamoune de Chloé.

Joyeux  premier avril !

Gratin voyageur 

La porte vitrée laisse entrevoir les tons chauds d’une croute dorée. En tournant la clé dans la serrure au retour de l’école, nos narines déjà étaient assaillies par l’odeur du mercredi. En Roumanie, le mercredi, Elena nous préparait souvent un gratin de pommes de terre avec des lardons. En continuant à Paris, il nous semble toujours que le sourire d’Elena va apparaître en même temps que le gratin sortant du four. Et quand les patates fondent dans nos bouches, nos pensées filent rejoindre les souvenirs de la Strada Aron Cotrus à Bucarest. 

Il va falloir essayer les gogosi pour qu’Elena soit encore plus avec nous. 

Au cœur des amis

Délaissé le club photo du vendredi soir, même avec la perspective d’une alléchante galette. Nous avons rejoint plein d’anciens de Bucarest pour une dégustation des vins roumains et bio de Denis et Christine. Les Domaines Franco-Roumains ont été pour nous, admettons-le, un immense prétexte à retrouver ces têtes familières à Bucarest et que nous ne croisons que très peu depuis nos retours en France.

Puis samedi, dernier déjeuner de Noël-Nouvel-An-Galette pour rattraper le temps perdu avec des amis chers. Des copines d’Eglantine qui dorment à la maison. Jouer à Dixit à la lumière des lampes de poches dans la chambre, se jeter sur les matelas par terre depuis le lit pour des cascades de fous rires, pouffer dans les oreillers alors que le soleil se lève à peine, partager de folles parties de Minecraft sur les iPad. Les filles ont passé un bon week-end.

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Dimanche, on a tout annulé pour aller marcher. Comme quatre millions de personnes en France.

Une marraine so british

Les Anglais l’appellent Vi, pour Hortense c’est Tata Vero, sa marraine qui habite à Londres. Une certain esprit décalé que l’on retrouve dans sa carte de vœux ouverte aujourd’hui. Nous adorons ! Promis, en 2015 nous allons passer un week-end chez elle.

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Fêtes et retrouvailles

Tout le monde dort encore. Seul Django me tient compagnie, couché en travers du bureau pendant que j’essaye d’accéder au clavier. Il faut rattraper les courtes nuits de réveillons, l’excitation des fêtes, les trajets en voiture et les joyeuses retrouvailles.

Pour Eglantine, tout a commencé au début des vacances. Margot et Yael à la maison. Il ne manquait plus que Clélie pour retrouver au grand complet la fine équipe du CP B de Bucarest. Pour nous, ça a été l’occasion de passer un bon moment en compagnie de nos amis, anciens de Bucarest ou fraîchement arrivés de Roumanie pour quelques semaines de vacances en France.

Puis la voiture s’est transformée en traineau 6-rennes, les cadeaux bien cachés dans le coffre. Nous avons pris la route de Cognac où Grand-Mère attendait ses petites filles pour décorer le sapin. Nous avons réveillonné en compagnie des tourteaux, huîtres et autres coquillages et crustacés délicieux en provenance directe de la criée de la Cotinière. Le père Noël n’a pas eu de mal à nous trouver et au matin, des montagnes de cadeaux attendaient les mains fébriles des petites princesses. Kapla, Playmobil et Lego ont envahi le salon de Grand-Mère.

Quelques jours à se faire chouchouter. Une visite à Bordeaux chez Mamie Yvonne et nous reprenions la route de Paris. Un café à Vouvray pour voir la famille et encore des retrouvailles près d’Orléans avec des Bucarestois en vacances en France. Cette fois, Eglantine et Hortense ont retrouvé Jeanne et Marie. Il manquait la plage, les tentes et l’eau chaude de la mer Noire. Soirée moules-frites pour faire durer ces retrouvailles qui nous rappellent combien nos amis nous manquent. Quand nous avons enfin éteint le moteur devant la maison, les filles dormaient toutes les deux profondément, des beaux souvenirs plein la tête. Elles ont à peine ouvert les yeux le temps de les mettre dans leurs lits.

La nouvelle année se fêtait à la maison. Dernières courses, canapé et fauteuils se sont bousculés. Minuit est arrivé l’air de rien. Amis et cotillons, 2015 a commencé en dansant. Pour la première fois, Eglantine et Hortense sont restées éveillées bien au-delà de minuit, soufflant dans les serpentins et les sarbacanes, les sourires jusqu’aux oreilles et les yeux au milieu de joues, des chapeaux colorés sur la tête.

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Tout le monde dort encore. Django a délaissé le clavier pour s’installer sur mes genoux. Ma tasse de thé est presque terminée, Une dernière gorgée froide avant de mettre le point final de ce premier vrai article de 2015. Bonne année !

Vendanges heureuses au Clos du Bourg

Partir le vendredi en fin de journée dans la grosse vague de ceux qui quittent Paris à peine franchie la porte du bureau. Passer la nuit chez Grand-Mère avant de repartir au plus vite dans le vignoble bordelais pour nos premières vendanges au Clos du Bourg (http://www.closdubourg.com). C’était la dixième. Nous n’avions encore pu en faire aucune, regagnant à chaque fin de mois d’août notre pays d’accueil, la rentrée des enfants, la reprise des usines et la vie d’expat.

Cette année la date est réservée, bloquée, sauvée. Nous arrivons tout de même un peu tard. Le petit vignoble grand comme un terrain de rugby se trouve finalement assez loin des valeureuses vignes de Cognac au milieu desquelles vit Grand-Mère. Dans la fraîcheur dorée du matin, les vendangeurs sont au travail. Le patron surveille la qualité des grains récoltés. « Tu vois, ça, c’est pas bon. »

Les anciens, ceux qui savent faire, bref, les sages , expliquent aux nouveaux, aux p’tits jeunes. Bref, à nous .2014_09_vendanges-CdB-3059

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Hortense voudrait bien faire, « moi aussi ! ». Olivier l’aide à tenir le sécateur. Elle est enchantée. Elle ramasse par terre des morceaux délaissés de raisins fripés, des feuilles, quelques brindilles ou un petit caillou. Trésors qu’elle enfouit immédiatement dans son panier et qui rentreront avec nous à Paris.

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La remorque se remplit. Les enfants sont appelés à l’aide pour fouler le raisin. Les voilà en culottes, pieds nus dans les grains noirs dont le jus remonte entre leurs orteils. Ils s’organisent, rient, sautent et ne veulent plus quitter la remorque. Hortense n’est pas la moins fébrile.

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La récolte tire à sa fin. L’équipe des vendangeurs se réduit. Les plus courageux terminent les derniers rangs. Sous le préau la paella gigantesque finit de cuire. De l’autre côté de l’impasse, l’apéro s’organise à côté du séchoir à tabac. Boudin noir, ventrèche et autres spécialité locales délient les langues et les muscles. Le vin coule à flot. Da

ns le séchoir, les tablées se garnissent. Les couverts s’activent. Le repas est généreux, comme le patron, comme la région. Merci patron ! Merci la Baronne !

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Le soleil cogne. Des brassards anonymes permettent à Hortense de profiter de la piscine. En fin d’après-midi, les vendangeurs sèchent leur fatigue sur les transats pendant que les enfants plus ou moins grands jouent à la bataille navale.

Nous passons la nuit dans une magnifique chambre d’hôtes à quelques kilomètres. Le temps d’un au revoir à la maisonnée qui prend son petit déjeuner, d’embarquer des restes de paella, et nous reprenons la route de Paris.

Nous avons rendez-vous pour récupérer Églantine qui était à son tout premier week-end scout.

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