Joie du Foutoir Céleste

La magie du cirque, c’est aussi des centaines d’enfants qui exultent sous un chapiteau.

Les enfants arrivent sous la pluie. Rentrer sous le chapiteau, c’est pénétrer un monde magique. La toile épaisse, tendue sur les quatre mats, retient les rêves d’une bande de doux dingues déjantés, les artistes du Cirque Exalté. Un coyote sur un bmx. Une reine de carnaval, Des colonnes humaines. Des corps qui voltigent, roulent, glissent. Se rapprochent, se disloquent. Un nombre infini de massues blanches (des ossements dans le désert du coyote ?) qui volent au-dessus du public. Une trapéziste sur le point de transpercer la toile pour s’envoler dans l’immensité mystérieuse du ciel.

Au premiers hurlements de coyotes, les enfants entrent dans le jeu. Leurs cris répondent à la meute des artistes, mimétisme atavique d’une humanité avide de reproduire, de créer, d’imaginer. Chaque prouesse est accueillie par des exclamations fracassantes. Leurs mains accompagnent le rythme de la musique. Leurs onomatopées forment un chant saccadé qui suit la cadence. Ils sont bruyants. Ils sont joyeux. Ils sont vivants. En osmose avec le spectacle qu’ils sont venus voir. Ils se fondent dans la performance, laissant tomber les filtres des apparences.

Je suis venue donner un coup de main pour les placer sous le chapiteau. Leur énergie libre et joyeuse galvanise. Comment ne pas penser, alors, à ces trains qui excluent les enfants, à ce monde d’adultes qui voudrait que la vie soit lisse et silencieuse comme une longue sieste ? Ces enfants sous ce chapiteau, emportés par des artistes bouillonnants, n’ont pas hésité à plonger corps et âme dans l’imaginaire qui s’offrait à eux.

C’est peut-être ce qu’il y avait de plus beau dans cette représentation de Foutoir Céleste.

Et ça joue encore jusqu’au 8 février. Faut pas hésiter à aller s’y réchauffer le cœur, avec ou sans môme.

Pour en savoir plus, on va sur le site de l’Azimut.

Ou sur celui du Cirque Exalté.

Les bonhommes de neige

La neige vide la ville de son humanité chaotique. Les flocons absorbent les bruits et les gestes. Le temps se fige dans une blancheur ouatée. Dès le premier rayon de soleil, bonnets et grosses bottes, gants et doudounes épaisses laissent leurs empreintes dans la poudre scintillante. Bonheur d’être le premier à s’enfoncer dans la couche épaisse qui craque mollement sous nos pas.

Alors la neige se partage. On joue à tous les âges. Petites mains d’enfants, rires gras d’adolescents, bêtises d’étudiants et adultes fringants se retrouvent dans les batailles de boules de neige. La moindre pente invite à la glissage. On sort les luges. Voire les skis. Et les bonhommes de neige fleurissent dans les parcs et sur les trottoirs, dans les jardins et sur les terrasses.

Donner un visage à la neige. Faire de l’hiver un ami. Laisser une trace de cette joie enfantine que produit la neige fraîche. Créer ensemble dans un élan de gaité. Le bonhomme de neige, c’est répondre à l’hiver par la créativité.

Il y a les pressés qui se contentent de deux petites boules au ras du sol. Les architectes qui construisent des monuments. Les esthètes qui soignent les détails. Les humoristes qui détournent les objets du quotidien. Les bonhommes de neige sont l’expression d‘une humanité foisonnante et plurielle.

Version étudiante sur le campus d’Eglantine.
Version des régisseurs au théâtre La Piscine.
Version architecte au bout de notre rue.

Puis vient la pluie. Et les bonhommes de neige disparaissent sur la pointe des pieds dans l’humidité grise, emportant dans leur liquéfaction cette part de rêve et de folie qu’on appelle bonheur.

Les voitures envahissent les routes. Les bruits accaparent l’espace. On regarde à nouveau l’heure pour ne pas être en retard. On organise. On ajuste. On rattrape. Mais dans sa tête, on garde un bout de ces bonhommes éphémères. Et un sourire réchauffe nos cœurs.

Rubans de fin de soirée

Parce que je ne me lasse pas de ces petits moments précieux…

Généralement, je me couche tôt.

Mais quand je reste un peu tard dans le salon, je vois descendre une souris qui vient vider le garde-manger avant d’aller vraiment se coucher. Alors, tandis qu’elle termine un plat de pâte, je chope quelques infos sur les copines, les copains et les dernières tendances de la vie de mon ado.

Petites conversations fluides. Décousues. Volant comme des rubans colorés dans la lumière tamisée.

Adoption

Deux billes noires sous une frange grise. Bouille ronde et truffe joyeuse. Pelage bouclé et queue en pompon crème. On ne connais pas vraiment sa race. Bichon. Shih tzu. Caniche. Peu importe. A peine plus gros qu’un chat, court sur pattes, il a été jeté d’une voiture dans un fossé de campagne. Une femme qui avait tout vu a arrêté sa voiture et récupéré la boule tremblante. Elle l’a appelé Oscar. C’est ma maman.

Aujourd’hui, elle ne peut plus s’en occuper. Le chien a passé plus de sept mois chez nous. Hors de question de lui rendre après sa dernière chute. Les chats se sont habitués à lui. Mon nombre de pas quotidien a fabuleusement augmenté au rythme des promenades quotidiennes. Ses aboiements doublaient la sonnette à chaque visite. Sa bonne tête nous attendrissait. Mais nous ne voulions pas d’un chien. Nous aimons l’indépendance de nos chats, leur tendresse distante.

Le jour de Noël, un ami nous a téléphoné. Il avait entendu parler du chien par Hortense, très amie avec son fils. Il voulait en savoir plus.

Ce soir, Oscar a finalement rejoint sa nouvelle famille. Ils étaient cinq pour l’accueillir, curieux de le découvrir, avides de l’intégrer, à l’écoute de ses réactions. Gros os. Autorisation de dormir dans les chambres. Dix mains pour le câliner.

Cette nouvelle année commence sous les meilleurs auspices.

Que chaque jour soit le plus beau

La maison vivote doucement en ce premier jour de janvier. Chacun se love dans cette chaleur tranquille des lendemains de fête. L’occasion de replonger dans l’année passée. De repenser à celles et ceux qui l’ont rendue plus belle. De les remercier.

Merci, d’abord, à me filles. Pour leurs sourires, pour leur façon, unique et personnelle, d’élargir les horizons, pour leur fraîcheur joyeuse, pour leur humour piquant et leur douce intelligence.

Merci aussi à mon homme. Pour son indéfectible soutien, pour sa patience, sa tolérance et sa générosité.

Merci à toutes ces personnes qui aident, soignent, réconfortent et stimulent. Qu’elles soient amies, bénévoles ou professionnelles, elles rendent la vie plus belle.

Merci à l’Azimut de m’avoir fait suffisamment confiance pour ce travail dont je ne connaissais rien, pour cette collègue dont je partage désormais le bureau et pour la découverte continuelle des richesses du spectacle vivant.

Merci à celles et ceux qui accueillent mes états d’âme, qui provoquent mes sursauts, qui inspirent mes rêves et mes projets, qui soufflent dans ma vie des bulles de magie.

Que l’année qui commence m’apporte autant de couleurs que celle sui vient de s’éteindre. Que se multiplient les belles rencontres, que perdurent les amitiés, que l’amour cascade et que la joie résonne au creux des rires.

« Donnez à chaque jour la chance de devenir le plus beau jour de votre vie. »

On prête ces mots à Marc Twain. Peu importe qu’il ne les ait jamais formulés. Ils seront mon mantra pour 2026.