Marcher ensemble

Les portillons du RER sont grands ouverts. Nous rangeons nos tickets. Nous laissons passer un premier RER bondé et trouvons deux places assises dans le suivant. Nous prenons les filles sur nos genoux. Le temps d’arriver au cœur de Paris, les gens se serrent comme des sardines dans les couloirs de la rame. Nous pensons descendre à Châtelet pour rejoindre la place de la République à pied. Lorsque le train entre dans la gare, nous découvrons les files d’attente aux pieds des escaliers pour quitter le quai. Nous descendrons donc à Gare du Nord et marcherons. D’autres centaines de personnes ont la même idée. Un cortège se forme boulevard Magenta. Nous mettons une heure et demie à rejoindre la station de métro où nous avions rendez-vous. Impossible d’avancer. La foule se resserre. Les filles fatiguent. Elles ont du mal à comprendre cette foule qui piétine en silence. Quelques applaudissements. Des cris qui s’élèvent par vagues calmes. Des drapeaux de toutes les nations. Des panneaux fabriqués à la maison pour délivrer des messages personnels, chacun veut expliquer pourquoi il est là. Les raisons sont nombreuses. La Liberté d’expression, le refus du règne de la terreur, la solidarité avec les victimes. Des inconnus qui sont tous juifs, musulmans, athées, policiers, dessinateurs. Tout. Mais surtout pas terroristes. La mode est au chignon à crayons. Soudain un homme hurle au milieu de la foule « Attention, j’ai une arme de destruction massive ! Reculez ! ». Il tient dans sa main un immense crayon en papier mâché.

Je suis Charlie

En regardant les images ce soir, les filles ont mieux compris l’ampleur du mouvement, l’importance du symbole. Puisse la tolérance prônée aujourd’hui ne pas retomber sous les coups de feutres gris des quotidiens individuels.

Au cœur des amis

Délaissé le club photo du vendredi soir, même avec la perspective d’une alléchante galette. Nous avons rejoint plein d’anciens de Bucarest pour une dégustation des vins roumains et bio de Denis et Christine. Les Domaines Franco-Roumains ont été pour nous, admettons-le, un immense prétexte à retrouver ces têtes familières à Bucarest et que nous ne croisons que très peu depuis nos retours en France.

Puis samedi, dernier déjeuner de Noël-Nouvel-An-Galette pour rattraper le temps perdu avec des amis chers. Des copines d’Eglantine qui dorment à la maison. Jouer à Dixit à la lumière des lampes de poches dans la chambre, se jeter sur les matelas par terre depuis le lit pour des cascades de fous rires, pouffer dans les oreillers alors que le soleil se lève à peine, partager de folles parties de Minecraft sur les iPad. Les filles ont passé un bon week-end.

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Dimanche, on a tout annulé pour aller marcher. Comme quatre millions de personnes en France.