Deux billes noires sous une frange grise. Bouille ronde et truffe joyeuse. Pelage bouclé et queue en pompon crème. On ne connais pas vraiment sa race. Bichon. Shih tzu. Caniche. Peu importe. A peine plus gros qu’un chat, court sur pattes, il a été jeté d’une voiture dans un fossé de campagne. Une femme qui avait tout vu a arrêté sa voiture et récupéré la boule tremblante. Elle l’a appelé Oscar. C’est ma maman.
Aujourd’hui, elle ne peut plus s’en occuper. Le chien a passé plus de sept mois chez nous. Hors de question de lui rendre après sa dernière chute. Les chats se sont habitués à lui. Mon nombre de pas quotidien a fabuleusement augmenté au rythme des promenades quotidiennes. Ses aboiements doublaient la sonnette à chaque visite. Sa bonne tête nous attendrissait. Mais nous ne voulions pas d’un chien. Nous aimons l’indépendance de nos chats, leur tendresse distante.
Le jour de Noël, un ami nous a téléphoné. Il avait entendu parler du chien par Hortense, très amie avec son fils. Il voulait en savoir plus.
Ce soir, Oscar a finalement rejoint sa nouvelle famille. Ils étaient cinq pour l’accueillir, curieux de le découvrir, avides de l’intégrer, à l’écoute de ses réactions. Gros os. Autorisation de dormir dans les chambres. Dix mains pour le câliner.
Cette nouvelle année commence sous les meilleurs auspices.
