Danseuse étoile

Prendre rapidement le goûter en rentrant de l’école. Enfiler le collant et le body à la jupe légère. Nouer le cache-cœur. Épingler le chignon. Attraper les dernières mèches dans les barrettes. Retirer la doudoune dans le vestiaire. Enfiler les petits chaussons roses assortis à la tenue. Et tourner, tourner, tourner en attendant de se mettre en rang devant la porte de la salle quand la prof l’ouvrira.

Le carrelage blanc du vestiaire a la tristesse des hôpitaux. Ma petite danseuse, elle, virevolte dans la voie lactée de ses rêves.

_MG_4151

Drôles d’Oiseaux

Elle a les yeux tirés mais son petit sourire remonte au coin des lèvres. Après une nuit à hurler de douleur à cause d’une otite, elle se sent bien mieux ce matin et écoute Drôles d’Oiseaux en mangeant ses céréales. Le boa fait des bulles. Les éléphants ont des tutus roses. Vlad le petit vampire est végétarien. Et on croise un extraterrestre au petit déjeuner.

Sinon Hortense aime aussi Stromae et Allo les Blacks (Aloe Blacc).

Sans oublier l’album de la Reine des Neiges qu’elle accompagne à tue-tête !

Les flop-cakes

Les pop-cakes sont un jeu d’enfants. Les kits plus alléchants les uns que les autres pullulent dans les magasins de jouets. Nous en avons offert un à Eglantine qui aime faire la cuisine.

Dans la boîte, tout le matériel pour décorer pop et push-cake, les explications pour confectionner ces petites boules et plein d’idées colorées pour leur donner des airs de fête. J’ai lu le livret sans omettre une ligne. J’ai suivi les instructions à la lettre. Le flop. Au moment de planter les bâtons dans les boules, ces dernières se sont scandaleusement ruinées en miettes grossières dans le chocolat blanc fondu.

Vexée, j’ai fait une recherche sur Google ce matin : réussir ses pop-cakes. Conclusion, abandonner la méthode sans cuisson du kit d’Eglantine qui consiste à mélanger des gâteaux sec avec du fromage à tartiner pour confectionner ces petites boules. Investir dans un moule à pop-cakes dans lequel on fera cuire une pâte genre quatre-quarts. N’importe quelle pâte avec de la levure me dira le vendeur cet après-midi.

Deuxième tentative. Les boules que je sors du four sont splendides et les filles se sont bien amusées à préparer la pâte et à lécher les ustensiles. Nous plantons les bâtons dans les gâteaux avec un peu de chocolat blanc fondu pour augmenter l’adhérence et que la boule ne glisse pas sur le bâton. Parfait.

Pendant que les filles prennent leur bain, je veux commencer le glaçage, qu’elles n’aient plus qu’à finir les décors. Re flop. Les boules se détachent des bâtons dans le chocolat blanc consciencieusement fondu au bain-marie . Trop lourd, trop épais. Je n’arrive même pas à les recouvrir complètement.

En nous voyant dans la cuisine tout à l’heure, l’iPad ouverts sur des recettes de pop-cakes, la certitude bien accrochée en médaille sur ma poitrine que cette fois c’est la bonne, Olivier n’a pas pu s’empêcher de penser à la pub Google avec ce type qui veut glacer ses cup-cakes…

Je n’ai pas dit mon dernier mot. Demain je réussirai. Ou dans une semaine. Dans un mois ? Quand on aura retrouvé la boîte tout en haut des placard où je vais la refouler ? Ou je peux l’enterrer au fond du jardin et attendre que quelqu’un la trouve le jour où l’on creusera un trou pour enterrer le poison rouge que nous n’avons pas…

En tout cas les filles sont magnifiques avec leurs toques offertes par Grand-Mère à Noël. C’est déjà ça.

Et les flop-cakes ont quand même été engloutis au dessert.

/home/wpcom/public_html/wp-content/blogs.dir/d1e/75266716/files/2015/01/img_1801.jpg

Sauts sur canapé

Elles partent en courant chacune leur tour depuis l’entrée. Elles se jettent sur le canapé qui, ayant perdu son angle faute de place, se prête à toutes leurs roulades projetées en avant.

Les jambes passent par-dessus tête. Mais voilà qu’Hortense reste coincée au milieu de sa roulade arrière. Elle s’étouffe de rire. Eglantine vient rapidement à sa rescousse. Les cheveux s’ébouriffent, les couettes se délient, les rires succèdent aux encouragements. « Regarde ! Regarde ! »

Papa voudrait un peu de calme. Il rend les armes sous une attaque de câlins.

J’ai pitié. J’emmène les filles à la cuisine. Atelier pop cakes.

Une marraine so british

Les Anglais l’appellent Vi, pour Hortense c’est Tata Vero, sa marraine qui habite à Londres. Une certain esprit décalé que l’on retrouve dans sa carte de vœux ouverte aujourd’hui. Nous adorons ! Promis, en 2015 nous allons passer un week-end chez elle.

IMG_2745

Sous les lumières de la grande verrière

Grandes voutes de métal et de verre, le toit du Grand Palais est à lui seul tellement magique et parisien ! Patins oranges aux pieds, casques assortis à défaut d’être esthétiques pour protéger les filles lors d’éventuelles chutes, nous nous lançons sur la glace de la patinoire éphémère qui s’est installée sous les lignes fines de la plus belle verrière de Paris.

_MG_3869

Quand la nuit tombe, les lumières se mettent à scintiller en milliers de paillettes colorées. Rouge, bleu, rose, violet, les tonalités changent, la boule à facette joue les soleils artificiels au milieu de la voûte étoilée.

_MG_3959

Petit à petit Hortense prend confiance et lâche nos mains. Églantine accélère. Dernier tour avec elle, j’ai du mal à la suivre au milieu de la foule qui se densifie. Elle est allée puiser au bout de ses forces pour profiter de cette patinoire exceptionnelle. Elle s’endormira dans la voiture à peine engagés sur les Champs-Élysées.

_MG_3897 _MG_3964 _MG_3942

Vendanges heureuses au Clos du Bourg

Partir le vendredi en fin de journée dans la grosse vague de ceux qui quittent Paris à peine franchie la porte du bureau. Passer la nuit chez Grand-Mère avant de repartir au plus vite dans le vignoble bordelais pour nos premières vendanges au Clos du Bourg (http://www.closdubourg.com). C’était la dixième. Nous n’avions encore pu en faire aucune, regagnant à chaque fin de mois d’août notre pays d’accueil, la rentrée des enfants, la reprise des usines et la vie d’expat.

Cette année la date est réservée, bloquée, sauvée. Nous arrivons tout de même un peu tard. Le petit vignoble grand comme un terrain de rugby se trouve finalement assez loin des valeureuses vignes de Cognac au milieu desquelles vit Grand-Mère. Dans la fraîcheur dorée du matin, les vendangeurs sont au travail. Le patron surveille la qualité des grains récoltés. « Tu vois, ça, c’est pas bon. »

Les anciens, ceux qui savent faire, bref, les sages , expliquent aux nouveaux, aux p’tits jeunes. Bref, à nous .2014_09_vendanges-CdB-3059

2014_09_vendanges-CdB-3095

Hortense voudrait bien faire, « moi aussi ! ». Olivier l’aide à tenir le sécateur. Elle est enchantée. Elle ramasse par terre des morceaux délaissés de raisins fripés, des feuilles, quelques brindilles ou un petit caillou. Trésors qu’elle enfouit immédiatement dans son panier et qui rentreront avec nous à Paris.

2014_09_vendanges-CdB-30662014_09_vendanges-CdB-3092

2014_09_vendanges-CdB-3105

La remorque se remplit. Les enfants sont appelés à l’aide pour fouler le raisin. Les voilà en culottes, pieds nus dans les grains noirs dont le jus remonte entre leurs orteils. Ils s’organisent, rient, sautent et ne veulent plus quitter la remorque. Hortense n’est pas la moins fébrile.

2014_09_vendanges-CdB-32132014_09_vendanges-CdB-3251

La récolte tire à sa fin. L’équipe des vendangeurs se réduit. Les plus courageux terminent les derniers rangs. Sous le préau la paella gigantesque finit de cuire. De l’autre côté de l’impasse, l’apéro s’organise à côté du séchoir à tabac. Boudin noir, ventrèche et autres spécialité locales délient les langues et les muscles. Le vin coule à flot. Da

ns le séchoir, les tablées se garnissent. Les couverts s’activent. Le repas est généreux, comme le patron, comme la région. Merci patron ! Merci la Baronne !

2014_09_vendanges-CdB-3080

Le soleil cogne. Des brassards anonymes permettent à Hortense de profiter de la piscine. En fin d’après-midi, les vendangeurs sèchent leur fatigue sur les transats pendant que les enfants plus ou moins grands jouent à la bataille navale.

Nous passons la nuit dans une magnifique chambre d’hôtes à quelques kilomètres. Le temps d’un au revoir à la maisonnée qui prend son petit déjeuner, d’embarquer des restes de paella, et nous reprenons la route de Paris.

Nous avons rendez-vous pour récupérer Églantine qui était à son tout premier week-end scout.

2014_09_camp_scout_eglantine-3