Effet miroir

Effet miroir des platanes au Parc de Sceaux – Photo du lundi

Froid mordant de l’hiver. Le ciel est bas, gris, terne et monotone. Et ce blog peine toujours à vivre. Et si je reprenais la photo du lundi ? Car, ce ne n’est pas parce que je ne poste pas sur la Tasse de Thé que j’ai arrêté la photo.

J’ai même reçu un super iPhone 12 Pro pour Noël (oui j’ai été SUPER gâtée !) avec lequel je m’amuse beaucoup. Alors, je reprends mes partages de photo ici chaque lundi.

Pour commencer, une photo prise dimanche au Parc de Sceaux dans les allées de platanes dénudés. Il suffit de lever la tête pour se perdre dans des arabesques végétales brusquement rompues par le vide central en large ligne droite.

Effet miroir – Parc de Sceaux – 24/01/2021

On m’a expliqué qu’on nomme timidité le phénomène qui empêche les arbres de mélanger leurs houppiers. Chacun respecte le houppier de l’autre et ne développe pas ses branches en direction des autres arbres.

Ici la timidité n’est pas naturelle. Elle est entretenue par les élagueurs qui taillent les houppiers des platanes en cubes réguliers dans un objectif esthétique.

La grue et l’arc-en-ciel

Ce matin, Paris est gris. A la sortie des Halles, Saint-Eustache affronte la pluie, cernée par les doudounes à capuches et les parapluies sombres.

Les pas sont rapides, évitant ces autres avec qui partager le trottoir, sans un regard.

Cet après-midi une lumière éclatante, presque irréelle, vernit les rues parisiennes encore humides.

Mais l’ondée guette et profite des premiers nuages pour rappliquer. Faisant naître un arc-en-ciel qui égaye fugacement le paysage cafardeux d’une grue solitaire de banlieue.

Poésie des petits riens.

Brise théâtrale

« Y a quoi derrière ? » est le nom un peu piteux du beau projet commun entre mon club photo et le théâtre Firmin-Gémier La Piscine. Loin des merveilleux clichés côté scène, les photographes amateurs du CCPSA peuvent tester leurs compétences techniques et artistiques en se frottant aux coulisses, loges, répétitions, stages et autres éléments prosaïques qui rythment la vie du théâtre. Ombres dévorantes, contrastes appuyés, lumières hallucinées. Et les gens. Mes préférés. Leurs visages qui soufflent, souffrent, sourient, se cherchent, se dévoilent, se referment, traversés d’émotions, bouillonnants ou inquiets, concentrés, éclatants, peaux lissées ou ridées. Leurs mains qui se croisent, se tendent, s’envolent puis retombent, gambillent et ondulent au rythme des phrasés et des inspirations. Je mitraille, avide de capturer l’instant, la vibration, la vie même de la création.

Sur cette photo, Mathieu aide Sylvie à placer sa respiration. Accorder le corps et l’esprit pour mieux apprivoiser le sentiment. Effluves de sensibilités tout en retenues.

 

Respiration

Eclats de gouttes

L’éclat de lumière nous laisse à peine le temps d’apercevoir la colonne d’eau qui remonte dans le verre où viennent de tomber les deux gouttes. La collision forme une corolle quelques millimètres au-dessus de la surface. Les trois flashs retournent à l’obscurité. Encore quelques secondes et l’image apparaît sur l’écran de l’appareil photo fixé au gros trépied. Gouttelettes éclatées ou perles aquatiques concentrées, nous figeons l’éphémère beauté de l’eau dans des tons de bleu, rouge, jaune ou vert. Tout dépend du filtre appliqué sur les différentes sources de lumière. Nous jouons les aquarellistes de la photographie. Nous extasiant sur les surprises de l’eau qui jaillit dans l’éclair de lumière aveugle.

gouttes-6701

Derrière la poésie des photos, la rigueur de la technique. Mickaël (www.mickaelfischer.fr) nous a tout préparé pour cet atelier spécial gouttes. Il a lui-même construit la structure en métal sur laquelle est accrochée une grosse seringue reliée à un tube qui tombe jusqu’à la valve électronique. L’ordinateur auquel elle est reliée gère la distribution des gouttes grâce à un programme développé par Mickaël himself ! Pour qui est équipé d’un Nikon comme lui, il n’y a plus qu’à fixer sa caméra sur le trépied, régler le cadrage et la mise au point, puis brancher le cordon qui reliera l’appareil à l’ordinateur. Un dernier lien se fait entre l’ordinateur et les trois flashs placés derrière et sur le côté de la structure. En cliquant sur un bouton, l’ordinateur déclenche la chute des gouttes, les flashs et l’appareil photo. Il ne reste plus qu’à voir si la récolte est bonne. Et recommencer encore et encore, changeant des micro-détails en espérant trouver celui qui nous donnera la plus belle photo de collision de gouttes.

Je n’aurai jamais la patience de recommencer un tel montage technique et chronophage chez moi. Mais les fous rire de cet atelier éclairent encore le fracas silencieux des gouttelettes.

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