Les enfants arrivent sous la pluie. Rentrer sous le chapiteau, c’est pénétrer un monde magique. La toile épaisse, tendue sur les quatre mats, retient les rêves d’une bande de doux dingues déjantés, les artistes du Cirque Exalté. Un coyote sur un bmx. Une reine de carnaval, Des colonnes humaines. Des corps qui voltigent, roulent, glissent. Se rapprochent, se disloquent. Un nombre infini de massues blanches (des ossements dans le désert du coyote ?) qui volent au-dessus du public. Une trapéziste sur le point de transpercer la toile pour s’envoler dans l’immensité mystérieuse du ciel.

Au premiers hurlements de coyotes, les enfants entrent dans le jeu. Leurs cris répondent à la meute des artistes, mimétisme atavique d’une humanité avide de reproduire, de créer, d’imaginer. Chaque prouesse est accueillie par des exclamations fracassantes. Leurs mains accompagnent le rythme de la musique. Leurs onomatopées forment un chant saccadé qui suit la cadence. Ils sont bruyants. Ils sont joyeux. Ils sont vivants. En osmose avec le spectacle qu’ils sont venus voir. Ils se fondent dans la performance, laissant tomber les filtres des apparences.
Je suis venue donner un coup de main pour les placer sous le chapiteau. Leur énergie libre et joyeuse galvanise. Comment ne pas penser, alors, à ces trains qui excluent les enfants, à ce monde d’adultes qui voudrait que la vie soit lisse et silencieuse comme une longue sieste ? Ces enfants sous ce chapiteau, emportés par des artistes bouillonnants, n’ont pas hésité à plonger corps et âme dans l’imaginaire qui s’offrait à eux.
C’est peut-être ce qu’il y avait de plus beau dans cette représentation de Foutoir Céleste.
Et ça joue encore jusqu’au 8 février. Faut pas hésiter à aller s’y réchauffer le cœur, avec ou sans môme.
Pour en savoir plus, on va sur le site de l’Azimut.
Ou sur celui du Cirque Exalté.