Le réveil me tire du sommeil. Je me traîne jusqu’à la chambre d’Eglantine. Elle a aussi du mal à émerger. Nous chuchotons comme deux comploteuses. Quand nous sortons dans le froid de ce dimanche matin, Olivier et Hortense dorment encore. Dans le Bois de Boulogne, le parking de la Solirun est loin d’être plein. Les enfants courent les premiers, dossard accrochés aux maillots oranges, la puce électronique fixée à la chaussure. La musique brésilienne donne de la chaleur à l’échauffement. Enfin Eglantine s’élance pour 2 km. Il y a longtemps qu’elle n’a pas couru et elle est parmi les plus petits de son groupe qui regroupe les 10-15 ans. Je sais qu’elle sera dans les dernières. Elle le sait aussi mais elle donne le meilleur d’elle-même, puisant dans ses ultimes forces pour dépasser une autre petite fille dans le sprint final.
Elle est heureuse d’avoir couru, de s’être battue, peu importe qu’elle soit loin du podium. Elle a le sourire.
La Solirun est une course qui est organisée chaque année au profit d’Habitat et Humanisme, association de réinsertion par le logement.


